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Gantz s’exprime sur l’ultimatum d’Abbas, qui veut un retrait de la Cisjordanie

"C'est un arbre immense" dont il sera "difficile de descendre", a estimé le ministre après qu'Abbas a demandé à Israël de se retirer sur les frontières pré-1967 d'ici un an

Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprime lors d'une conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'université Reichman à Herzliya, le 12 septembre 2021. (Crédit : Ronen Topelberg)
Le ministre de la Défense Benny Gantz s'exprime lors d'une conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'université Reichman à Herzliya, le 12 septembre 2021. (Crédit : Ronen Topelberg)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a expliqué samedi soir que la demande formulée par Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, concernant un retour d’Israël aux lignes pré-1967 d’ici un an était « un arbre immense dont il va être difficile de descendre ».

Dans la première réponse apportée par un responsable du gouvernement israélien à l’ultimatum lancé par Abbas pendant son discours prononcé vendredi lors de l’Assemblée générale des Nations unies, Gantz – qui avait rencontré le leader de l’AP le mois dernier – a salué Abbas pour sa quête d’une résolution diplomatique du conflit tout en critiquant ses menaces à l’encontre de l’État juif.

« Le fait qu’il continue de réclamer une solution politique est une bonne chose mais, en émettant son ultimatum, il grimpe un arbre immense dont il va être difficile de redescendre », a dit Gantz au cours d’un entretien avec la Treizième chaîne.

« Il est important de se souvenir d’une chose – personne ne va nulle part », a poursuivi le ministre de la Défense. « Il est important de reconnaître cela, et de reconnaître que le seul moyen de gérer cette réalité est de développer la sécurité, de développer l’économie et de renforcer la gouvernance de l’Autorité palestinienne. »

Dans son discours prononcé devant l’Assemblée générale de l’ONU, Abbas a offert de négocier avec Israël au cours des douze prochains mois et a aussi menacé de revenir sur la reconnaissance d’Israël par l’Autorité palestinienne et de se tourner vers la Cour pénale internationale si Jérusalem ne se retirait pas des territoires capturés pendant la guerre des Six jours, en 1967.

La Cour pénale internationale, à La Haye, est actuellement en train d’enquêter sur Israël et sur les organisations palestiniennes pour des crimes de guerre commis depuis 2004.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas prend la parole lors d’une réunion du comité exécutif de l’OLP et du comité central du Fatah au siège de l’Autorité palestinienne, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 12 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Majdi Mohammed)

L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, a critiqué ce discours dans la journée de vendredi, affirmant qu’il avait mis en exergue le rejet de la paix de la part d’Abbas et des Palestiniens.

« Ceux qui soutiennent réellement la paix et les négociations n’émettent pas de menace et d’ultimatum depuis la tribune de l’ONU », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre Naftali Bennett a indiqué, de son côté, que son gouvernement ne permettrait pas l’établissement d’un État palestinien.

« Je m’oppose à un État palestinien – je pense qu’il s’agirait d’une erreur terrible », a dit Bennett à la radio Kan au début du mois.

Bennett ne prévoit pas non plus de rencontrer son homologue palestinien.

« Je ne vois aucune logique dans une rencontre avec un individu qui poursuit les soldats israéliens devant le tribunal de La Haye et qui les accuse de crimes de guerre en versant, en même temps, des salaires aux terroristes », avait-il expliqué dans le même entretien.

Samedi, alors qu’il lui était demandé s’il rencontrerait à nouveau Abbas à l’avenir, Gantz a expliqué l’avoir « rencontré pour des raisons de sécurité, pour garantir la sécurité sur le terrain » et qu’il le fera « à nouveau si cela s’avère nécessaire ».

Pendant son discours à l’ONU, Abbas a à nouveau lancé un appel en faveur de l’organisation d’une conférence de paix internationale pour résoudre le conflit israélo-palestinien, sous la supervision du Quarter du Moyen-Orient – une initiative conjointe des États-Unis, de l’Union européenne, de la Russie et des Nations unies.

« Les dirigeants d’Israël rêvent-ils de maintenir l’occupation pour l’éternité ? N’y a-t-il pas d’autres options – comme la liberté, par exemple ? », a-t-il interrogé.

Le président de l’AP a aussi vivement recommandé à la communauté internationale de renforcer les pressions sur Israël de manière à mettre un terme à la gouvernance militaire en Cisjordanie.

« Ce n’est ni une incitation à la violence ni de l’antisémitisme. C’est le devoir de tous les esprits libres dans le monde », a-t-il déclaré.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

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