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Gantz souhaite réévaluer le recrutement des soldats dans le service pénitentiaire

Le ministre de la Défense exige que les soldats n'intègrent pas les ailes des condamnés pour terrorisme tant que les allégations de viol d'une soldate n'ont pas été examinées

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

La prison de Gilboa, le 28 février 2013. (Crédit : Moshe Shai/Flash90/Dossier)
La prison de Gilboa, le 28 février 2013. (Crédit : Moshe Shai/Flash90/Dossier)

Le ministre de la Défense Benny Gantz a déclaré lundi qu’il avait ordonné la réévaluation d’un accord de plusieurs années permettant aux soldats d’être enrôlés dans le service pénitentiaire israélien (IPS), suite aux allégations d’une ancienne soldate selon lesquelles elle a été violée à plusieurs reprises par un prisonnier de sécurité palestinien.

Gantz a adressé une lettre au ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, qui supervise l’IPS, demandant que les conscrits ne soient pas autorisés à se trouver dans les mêmes ailes de prison que les condamnés palestiniens pour terrorisme, jusqu’à ce que les accusations de viol soient examinées.

Les premières allégations faisant état de harcèlement et d’agressions sexuelles de femmes soldates de Tsahal dans les prisons israéliennes ont fait surface en 2018, avant d’être abandonnées jusqu’à l’année dernière, lorsqu’une enquête a été rouverte à la suite de nouvelles accusations.

« Je pense que s’occuper des prisonniers de sécurité nécessite une formation adéquate et complète, ainsi qu’une compréhension approfondie du fonctionnement du service des prisons, et il est donc nécessaire d’examiner si ce poste doit être tenu par des conscrits dans le cadre du service militaire obligatoire », a déclaré Gantz dans sa lettre de lundi.

« Il est également nécessaire d’examiner dans quelles conditions un tel service peut être mis en œuvre, et quelles sont les conditions nécessaires pour garantir leur sécurité et leur bien-être physique », a ajouté Gantz.

En début de semaine, le site d’information Ynet a rapporté qu’un prisonnier palestinien condamné pour terrorisme, Mahmoud Atallah, fait l’objet d’une enquête de police pour agression sexuelle alors qu’il était derrière les barreaux.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz lors d’une conférence de presse de la Treizième chaîne à Jérusalem, le 26 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Atallah est en isolement depuis 2018, suite au scandale au cours duquel un agent de renseignement aurait « prostitué » des gardiennes à Atallah et à d’autres détenus palestiniens, à sa demande.

Une ancienne soldate, qui n’a pas été nommée publiquement, a déclaré jeudi dans des allégations qui font l’effet d’une bombe qu’elle a été violée et agressée sexuellement à plusieurs reprises par un prisonnier de sécurité palestinien alors qu’elle servait à la prison de Gilboa, identifiant l’homme comme étant Atallah.

Selon un reportage de la Douzième chaîne lundi, Atallah avait déclaré à des responsables de la sécurité, il y a huit mois déjà, qu’il avait eu des relations sexuelles avec une soldate de la prison. Malgré cela, l’affaire n’a pas fait, à l’époque, l’objet d’une enquête approfondie.

Le mois dernier, Barlev a approuvé le licenciement de l’agent pénitentiaire, accusé d’avoir « prostitué » des gardiennes. Rani Basha était en congé depuis novembre 2021, suite aux révélations explosives de Freddy Ben Shitrit, le directeur de la prison dans le nord d’Israël, concernant les allégations, qui ont convaincu les procureurs de l’État d’ordonner à la police de rouvrir l’enquête.

La décision de rouvrir l’enquête sur ces allégations est également intervenue après que Freddy Ben Shitrit – qui n’était pas présent à la prison au moment des incidents présumés – a déclaré que les femmes soldats qui étaient gardiennes de la prison avaient été poussées à servir d’appât pour les yeux ou pire encore pour certains détenus, afin d’empêcher les prisonniers de devenir incontrôlables.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, au centre, et la commissaire en chef du service pénitentiaire israélien, Katy Perry, à gauche, visitent la prison de Ketziot, dans le sud d’Israël, le 9 septembre 2021. (Crédit : Service pénitentiaire israélien)

Ben Shitrit a fait ces déclarations lors de son témoignage devant une commission d’enquête sur l’évasion de prisonniers palestiniens en septembre dernier, qui a mis en évidence une série de lacunes dans le fonctionnement de la prison et a suscité de sévères critiques à l’encontre de l’administration pénitentiaire.

En octobre, l’armée israélienne et le ministère de la Défense ont créé une équipe spéciale chargée d’examiner les conditions de service des conscrits recrutés dans des unités extérieures à l’armée afin de s’assurer qu’elles sont appropriées.

En juin, ses conclusions et recommandations ont été présentées à la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset. Il a déclaré que les soldats conscrits dans l’IPS étaient largement satisfaits de leurs postes et avaient une grande motivation pour le service. Cependant, il a également recommandé la création d’une petite unité chargée de superviser les affaires personnelles de ces conscrits lorsqu’ils servent en dehors de Tsahal.

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