Gantz tacle Netanyahu pour ses critiques des procureurs et des médias
Rechercher

Gantz tacle Netanyahu pour ses critiques des procureurs et des médias

Le chef de Kakhol lavan dit que "le manque de retenue du Premier ministre [pendant les négociations de coalition] soulève l'inquiétude" sur sa volonté d'aller vers un 3è scrutin

Le chef de la formation Kakhol lavan Benny Gantz s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement à Tel Aviv, le 31 octobre 2019 (Crédit :Avshalom Shoshoni/Flash90)
Le chef de la formation Kakhol lavan Benny Gantz s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement à Tel Aviv, le 31 octobre 2019 (Crédit :Avshalom Shoshoni/Flash90)

Le leader de Kakhol lavan, Benny Gantz, a averti jeudi que l’Etat juif pouvait être en train de se diriger vers un autre cycle électoral, disant que des propos récents tenus par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses partisans laissaient craindre une dérobade du Premier ministre dans les pourparlers de formation d’un gouvernement.

Gantz a été chargé, la semaine dernière, de rassembler une coalition après l’échec de Netanyahu dans cette mission, suite aux élections du mois dernier. Les entretiens portant sur la mise en place d’un gouvernement d’unité n’ont guère progressé depuis, les deux principales formations restant divisées sur un certain nombre de questions.

Un point de friction majeur est l’inculpation en suspens de Netanyahu dans une série d’affaires de corruption – Gantz a exclu de servir dans un gouvernement placé sous l’autorité du Premier ministre actuel en raison de ses déboires judiciaires. Netanyahu, pour sa part, nie tout acte répréhensible, clamant que les enquêtes sont une initiative prise par les procureurs, les médias et ses adversaires politiques de le déchoir de ses fonctions.

S’exprimant devant ses soutiens lors d’un rassemblement à Tel Aviv, Gantz a indiqué que si clamer son innocence était un droit, les propos récents tenus par Netanyahu et ses partisans étaient allés trop loin.

« C’est irresponsable qu’alors que nous parlons d’un gouvernement qui devra redonner sa signification à l’autorité de l’homme d’Etat, renforcer l’armée, renforcer l’image du système judiciaire et protéger la presse, Netanyahu, qui est responsable de toutes ces instances, puisse les dénoncer de manière si flagrante », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (G) en compagnie du député Amir Ohana lors d’une réunion du Likud à la Knesset, le 11 janvier 2016. (Miriam Alster/Flash90)

Gantz a évoqué les critiques faites cette semaine par le ministre de la Justice Amir Ohana, du Likud, qui a accusé les procureurs de s’être engagés dans une persécution aveugle des responsables publics qui, selon lui, les menaceraient. Il a également cité un rassemblement pro-Netanyahu qui a été organisé à proximité du domicile du procureur-général Avichai Mandelblit.

« Par moments, comme nous l’avons vu dans la manifestation organisée mardi à Petah Tikva, ces attaques mènent à des déclarations dangereuses et fausses », a-t-il dit.

Gantz a semblé se référer à un discours prononcé par Mordechai Kedar, professeur à l’université de Tel Aviv, qui a affirmé que l’extrémiste juif qui avait assassiné le Premier ministre Yitzhak Rabin était, en fin de compte, innocent de ce crime.

« Il faut que Netanyahu mettre les freins très vite », a dit Gantz. « Ce à quoi nous avons assisté ces derniers jours est préoccupant. Ces événements nous servent d’aperçu de ce que pourrait être un Premier ministre en titre empêtré dans un procès criminel ».

« Ce manque de retenue soulève une inquiétude : celle de la volonté de Netanyahu d’aller vers un troisième scrutin », a-t-il ajouté.

Gantz a également noté une « réticence des leaders de parti » à débattre de « principes de base » au cours des négociations de coalition, une réticence, qui, selon lui, renforce la possibilité de nouvelles élections.

Autre obstacle dans les négociations de coalition, l’insistance du Likud à négocier en tant que bloc conjoint aux côtés de ses alliés religieux qui ont convenu, après les élections du 17 septembre, de n’entrer dans un gouvernement qu’ensemble.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu se rencontrent au siège de l’armée israélienne à Tel Aviv, le 27 octobre 2019 (Crédit : Elad Malka)

Les élections du mois dernier ont eu lieu après l’échec de Netanyahu à former un gouvernement suite à un précédent scrutin qui avait eu lieu au mois d’avril. Plutôt que de laisser un autre député tenter de rassembler une majorité, Netanyahu avait fait avancer un vote de dissolution de la Knesset et demandé des élections anticipées, marquant la première fois dans toute l’histoire de l’Etat juif qu’un scrutin n’est pas parvenu à déboucher sur la formation d’un gouvernement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...