Gantz veut affronter Netanyahu lors d’un débat
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Gantz veut affronter Netanyahu lors d’un débat

Le candidat assure que son téléphone ne contenait aucune information sensible et exclut toute coalition avec les partis arabes

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 19 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)
Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 19 février 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Trois semaines avant le scrutin du 9 avril, le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz a accordé ses premières interviews avec des grandes chaînes de télévision israéliennes. Il y a rejeté les préoccupations concernant le piratage de son téléphone et assuré que ça ne le ferait pas abandonner la course électorale, insistant que l’affaire avait été exagérée et était motivée politiquement.

L’ancien chef d’état-major de l’armée a également lancé le défi au Premier ministre Benjamin Netanyahu de l’affronter lors d’un débat pré-électoral public, indiquant à la Douzième chaîne qu’il était prêt à « tout débat » avec son rival « où que ce soit. »

« Cette histoire de téléphone est si marginale, » a-t-il ainsi assuré à la Douzième chaîne, qui avait révélé en premier, la semaine dernière, le piratage supposément fomenté par l’Iran.

Le Likud de Benjamin Netanyahu a tenté d’utiliser le piratage, dont Gantz a été informé l’année dernière par le Shin Bet, pour prouver que le candidat était inapte à diriger le pays. Il a, pour sa part, accusé la fuite dans les médias d’avoir été politiquement motivée.

« Le Shin Bet m’a dit il y a six semaines qu’il y avait un problème : je l’ai traité, » a assuré le dirigeant du parti centriste, assurant qu’il n’y avait sur son téléphone aucune information sensible, susceptible d’être une menace ou un élément de chantage pouvant être utilisé contre lui.

« Ça ne peut pas m’influencer, » a-t-il dit à la Douzième chaîne. « Il n’y a rien dedans qui puisse interférer avec mes capacités à servir le pays. »

« Si des gens pensent me faire abandonner, ils se trompent, » a-t-il ajouté spontanément. « Je prévois de servir l’État d’Israël, » a-t-il assuré, rejetant ce qu’il a appelé « ce bruit sourd. »

Il a également fait savoir que sa « femme le soutient jusqu’à nouvel ordre, » faisant vraisemblablement référence aux rumeurs sur la présence de photos compromettantes dans son téléphone.

Sur la Treizième chaîne, où on lui a demandé directement s’il se retirerait de la course électorale en raison de cette saga téléphonique, le candidat a répondu : « Il n’y a aucun risque que je me détourne de mon objectif » de devenir Premier ministre.

Dans un autre entretien, avec le site d’actualités Ynet, il a refusé de dire ce que contenait son téléphone, précisant que cela était « personnel ».

Image du reportage de la Douzième chaîne sur le piratage du téléphone de Benny Gantz par l’Iran, 2019 (Crédit : capture écran/Douzième chaîne)

Sur la Treizième chaîne, il a expliqué que le Shin Bet lui avait signalé que le piratage était l’œuvre de forces « hostiles » et mentionné les Iraniens, mais n’a pas dit explicitement s’il savait ou pensait que c’était bien le cas. Benny Gantz a accusé des rivaux politiques non précisés d’employer des tactiques « mesquines » en divulguant l’affaire à la presse.

En réaction à ces interviews, le Likud a assuré, par communiqué mardi, que Gantz n’était pas en mesure de combattre l’Iran — depuis que la République islamique disposait d’informations « sensibles » à son sujet.

« Un homme sur qui l’ennemi n°1 d’Israël — l’Iran — dispose d’informations sensibles qu’il refuse de révéler à ses alliés politiques et aux citoyens israéliens, ne peut pas faire face à la menace iranienne, » a estimé le parti de Netanyahu.

La paix « éloignée, » il n’y a « personne à qui parler »

Lors de l’événement médiatique, L’ancien chef de l’armée a également refusé de défendre la création d’un Etat palestinien et précisé qu’il ne formerait pas de futur gouvernement avec des partis arabes israéliens.

« Je n’ai pas honte d’utiliser le mot ‘paix’, c’est une chose à laquelle nous devrions aspirer, a-t-il ainsi dit à la Douzième chaîne.

« Elle est loin. Malheureusement, il n’y a personne à qui parler, » ajoutant immédiatement après qu’Israël devait « renforcer les implantations » et la sécurité dans la vallée du Jourdain.

Celui qui se présente comme centriste a été critiqué pour ne pas exprimer de points de vue clairs sur le processus de paix. Tout comme le programme politique de son parti, il s’est montré discret à l’égard de la solution à deux Etats lors des interviews.

Lorsque la présentatrice du journal télévisé Yonit Levi lui a demandé s’il envisageait l’établissement d’un Etat palestinien un jour, Gantz a simplement dit que, dans le futur, Israël serait un Etat juif puissant, démocratique et majoritairement juif.

Le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’adresse aux dirigeants palestiniens à la Muqata, siège de l’AP, dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 20 février 2019. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

« Ce qu’il se passe de l’autre côté relève de négociations, et nous nous y attellerons quand nous y serons, » a estimé Gantz, ajoutant que ses considérations en la matière seront « purement » guidées par le thème de la sécurité.

S’adressant à la Douzième chaîne, il a tenté de démonter l’idée selon laquelle Netanyahu était le seul candidat capable d’assurer la sécurité du pays.

Pour lui, c’est un « mythe, » que « seul Bibi [Netanyahu] puisse [diriger le pays]. »

« Pas l’intention de faire appel aux Arabes »

L’aspirant Premier ministre a également définitivement rejeté une future alliance gouvernementale avec des députés arabes-israéliens. Le Likud avait suggéré le contraire pour tenter de discréditer leur rival.

« Je n’ai pas l’intention de faire appel à quiconque est opposé à l’État d’Israël, » a-t-il asséné à la Treizième chaîne. « Les Arabes israéliens sont des citoyens égaux … [mais] leurs dirigeants agissent contre Israël. »

Il s’est dit intéressé par l’idée « le jour où leurs dirigeants présenteraient des idées positives sur Israël. »

Il a déclaré à Ynet que lui et ses partenaires de coalition seraient en nombre suffisant pour former un gouvernement sans le soutien des partis arabes, et prédit à la chaîne publique Kan que son parti remporterait 40 sièges.

Les récents sondages ne confirment pas ce scénario pour l’instant, lui attribuant effectivement moins de 30 sièges et une deuxième place derrière le Likud à l’approche du 9 avril.

Au lendemain de la révélation d’un enregistrement dans lequel il confiait à des proches qu’il n’excluait pas la mise en place d’un gouvernement de coalition avec Benjamin Netanyahu, contredisant ses déclarations publiques, Benny Gantz a exclu presque sans équivoque cette possibilité.

« La seule chose qui pourrait changer la situation c’est que l’issue des auditions soit différente, » a-t-il assuré à la Treizième chaîne. « Malheureusement, ça me paraît peu probable, » a-t-il ajouté.

Il a néanmoins fait savoir qu’il n’excluait pas une alliance avec le parti HaYamin HaHadash de Naftali Bennett et Ayelet Shaked, avec le parti de gauche Meretz ou les ultra-orthodoxes pour une future coalition.

Celui qui a servi l’armée sous le commandement de Benjamin Netanyahu de 2011 à 2015 a confié à la Douzième chaîne que le Premier ministre semblait avoir changé ces quatre dernières années.

« Je pense que, profondément, Benjamin Netanyahu n’est pas corrompu,” a-t-il indiqué à la Douzième chaîne mardi. « Mais il s’est produit quelque chose, que je peux pas expliquer. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre 2015 et 2019. »

Il s’est dit personnellement attristé par les accusations qui pèsent sur son rival Premier ministre.

Ce dernier doit être entendu d’ici juillet, avant une éventuelle mise en examen, pour des chefs d’accusation de corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires distinctes.

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