Gantz veut une coalition avec le soutien des « dangereux » partis arabes–Netanyahu
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Gantz veut une coalition avec le soutien des « dangereux » partis arabes–Netanyahu

Le Premier ministre a accusé le chef de Kakhol lavan d'avoir refusé une offre de coalition d'unité

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime à une cérémonie mémorielle au Mont Herzl pour les soldats tués pendant la guerre de Yom Kippour, le 10 octobre 2019. (Capture d'écran Youtube)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprime à une cérémonie mémorielle au Mont Herzl pour les soldats tués pendant la guerre de Yom Kippour, le 10 octobre 2019. (Capture d'écran Youtube)

Vendredi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a accusé le chef de Kakhol lavan Benny Gantz d’avoir l’intention de former un gouvernement minoritaire avec le soutien extérieur de la Liste arabe unie, avertissant que cette action pourrait mettre en danger la sécurité israélienne.

Alors que la période qui lui était impartie pour former un gouvernement touche à sa fin, Netanyahu, toujours sans coalition, semble revenir à l’un de ses arguments de campagne consistant à diaboliser les partis arabes et à coller l’étiquette de gauchiste à Gantz.

Dans un message publié sur Facebook, Netanyahu a déclaré que Gantz avait rejeté ses offres pour un gouvernement d’unité et que Gantz, avec le numéro deux de Kakhol lavan Yair Lapid et Avidgor Liberman d’Yisrael Beytenu, avait refusé d’exclure l’option du gouvernement de minorité.

« Etablir un gouvernement de minorité qui repose sur la Liste arabe unie est un acte anti-sioniste qui met en danger notre sécurité », a écrit Netanyahu accusant les responsables de la Liste arabe unie Ayman Odeh et Ahmad Tibi de soutenir le terrorisme palestinien et le Hezbollah.

Des membres de la Liste arabe unie Ayman Odeh, à gauche, et Ahmad Bibi discutent avec le président Reuven Rivlin pour savoir qui devrait former le prochain gouvernement, à la Résidence du président à Jérusalem, le 22 septembre 2019. (Menahem Kahana/Pool via AP)

Netanyahu a également accusé Lapid et Liberman de « tenir Gantz en otage » pour leurs ambitions personnelles.

Liberman a réagi au message, déclarant qu’il s’agissait d’un signe de « désespoir » de Netanyahu et a accusé le Premier ministre d’hypocrisie, affirmant que Netanyahu avait une longue histoire de coopération avec des partis arabes.

Récemment, le quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom a fait circuler l’idée que Kakhol lavan, qui a remporté 33 sièges aux élections de septembre, chercherait à créer un gouvernement de minorité de 44 sièges, soutenu de l’extérieur par la Liste arabe unie (13 sièges) et Yisrael Beytenu (8 sièges).

Mais, depuis l’élection du mois dernier, Gantz n’a, à aucun moment exprimé, son intention de former la coalition de minorité évoquée, avec les Travaillistes (6 sièges), et peut-être, le Camp démocratique (5 sièges).

Les commentaires de Netanyahu sont intervenus après qu’un reportage, citant des sources anonymes, a rapporté jeudi que Gantz cherchait à convaincre Liberman de soutenir l’option d’un gouvernement de minorité.

La Treizième chaîne a déclaré que Gantz prévoyait d’inviter des représentants d’Yisrael Beytenu et du Likud pour discuter de la formation d’un gouvernement d’unité, si on lui confiait la tâche de former une coalition cette semaine.

Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan, prononce un discours lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 26 septembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)

Gantz s’attend à ce que le Likud refuse d’y participer, ce qui pourrait conduire Avidgor Liberman d’Yisrael Beytenu à le laisser former un gouvernement de minorité, selon un reportage diffusé jeudi par la Treizième chaîne.

L’absence du Likud donnerait à Liberman une justification pour critiquer le parti du Likud de Benjamin Netanyahu pour avoir empêché la formation d’un gouvernement d’unité, a rapporté le reportage, sans citer sa source. Liberman pourrait alors se mettre de côté et permettre à Gantz de former un gouvernement minoritaire, soutenu de l’extérieur par Yisrael Beytenu et la Liste arabe unie à prédominance arabe.

Il n’y a eu aucune confirmation officielle sur les éléments évoqués dans cette avalanche de reportages télévisés sans source quant à ces possibles arrangements de coalition.

Netanyahu doit former une coalition avant le 24 octobre ou informer le président Reuven Rivlin qu’il n’a pas réussi à le faire. Selon la loi, Rivlin pourrait accorder une extension de 14 jours, mais il est peu probable qu’il le fasse, puisque les perspectives de voir le Premier ministre faire de véritables progrès dans l’impasse actuelle sont très faibles.

Rivlin devrait donc ensuite charger un autre membre de la Knesset de tenter de former un gouvernement. Gantz serait probablement le prochain candidat, même s’il est perçu comme ayant moins de chance de réussir à former un gouvernement.

Aussi bien Kakhol lavan et Yisrael Beytenu ont appelé à un gouvernement d’unité aux côtés du Likud, mais sans les partis religieux. Le parti de Gantz a appelé Netanyahu à démissionner en tant que chef du Likud en raison d’une possible inculpation à son égard, déclarant qu’il ne servira pas sous le mandat d’un Premier ministre inculpé pour malversations criminelles. Kakhol lavan a déclaré qu’un gouvernement d’unité avec le Likud pourrait être formé « en une heure » si Netanyahu démissionnait.

Le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman avec le chef de Yesh Atid Yair Lapid à la Knesset, le 16 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)

L’option la plus crédible pour établir une coalition a été proposée par Rivlin afin de former un gouvernement d’unité dans lequel le pouvoir serait équitablement réparti, Netanyahu et Gantz servant chacun pendant deux ans en tant que Premier ministre. Rivlin a laissé entendre, mais sans le dire précisément, que Netanyahu prendrait un congé d’absence ouvert s’il devait être inculpé dans une ou plusieurs des affaires dans lesquelles il est impliqué. Selon l’arrangement proposé par Rivlin, Gantz, en tant que « Premier ministre par intérim » dans un tel scénario, disposerait de toute l’autorité du Premier ministre.

Le leader de Kakhol lavan Benny Gantz (à gauche), le président Reuven Rivlin (C) et le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) se rencontrent à la résidence du Président à Jérusalem, le 25 septembre 2019. (Amos Ben Gershom/GPO)

Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a effectué une nouvelle proposition à Benny Gantz pour rejoindre un gouvernement d’unité, avec le Likud et ses alliés de la droite religieuse.

L’offre a été rapidement refusée par Gantz, et le chef de Kakhol lavan a déclaré que Netanyahu « ne cherchait pas l’unité mais l’immunité », en référence à la volonté du Premier ministre à garder son poste – afin d’éviter d’avoir à démissionner s’il était inculpé dans les trois affaires criminelles qui pèsent contre lui.

La proposition, faite une semaine avant la date butoir pour que Netanyahu forme une coalition après l’élection de septembre, est basée sur la proposition du président pour un gouvernement de partage du pouvoir. Il maintiendrait le statu quo sur les questions religieuses et d’Etat pendant un an, tout en faisant avancer un compromis pour la conscription militaire pour les ultra-orthodoxes – un sujet qui a fait échouer les négociations pour former un gouvernement à la suite du vote national d’avril.

Netanyahu n’a pas proposé de revenir sur l’inclusion dans le gouvernement de partis ultra-orthodoxes et d’extrême droite – un point de blocage majeur pour Kakhol lavan.

Gantz a rejeté la proposition comme « une offre que je ne pouvais pas ne pas refuser ».

Il a ajouté : « Même maintenant, [Netanyahu] n’est pas prêt à s’engager dans des négociations directes et à reconnaître le fait que la majorité des Israéliens ont voté pour un gouvernement libéral d’unité, sans les extrêmes. »

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