Gaza au bord de l’explosion, avertit le Hamas
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Gaza au bord de l’explosion, avertit le Hamas

Le groupe terroriste a accusé l'AP de ne pas avoir levé les sanctions dans l'enclave, entraînant une crise humanitaire

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des manifestants palestiniens durant des affrontement avec les soldats israéliens à proximité de la frontière entre Israël et Gaza, à l'est de Khan Younis, dans le sud de la bande, le 2 mars 2018 (Crédit :  Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des manifestants palestiniens durant des affrontement avec les soldats israéliens à proximité de la frontière entre Israël et Gaza, à l'est de Khan Younis, dans le sud de la bande, le 2 mars 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Le leader du Hamas, Ismail Haniyeh, a averti lundi que la bande de Gaza se trouve au bord de « l’explosion » en raison de la lutte de pouvoir continue entre son groupe et l’Autorité palestinienne.

Tout le monde « réalise que la bande de Gaza est assise sur un volcan », a commenté Haniyeh alors qu’il s’adressait aux journalistes à Gaza City.

« Personne ne sait quelles seront les conséquences de l’explosion ou son impact sur la région », a-t-il ajouté.

Un Palestinien brandit une bannière à Gaza City durant une grève générale pour protester contre la situation humanitaire à Gaza, le 20 février 2019. Il est écrit dessus en Arabe : « Les enfants de Gaza meurent, quelqu’un peut-il aider ? » (Crédit : AFP Photo/Mohammed Abed)

Le groupe terroriste du Hamas – gouvernant de facto de la bande de Gaza – et d’autres ont averti d’une crise humanitaire imminente au sein de l’enclave côtière, aggravée par les sanctions appliquées dans la bande par le président de l’AP, Mahmoud Abbas.

L’année dernière, Abbas avait annoncé l’application d’une série de mesures punitives avec l’espoir de saper le contrôle du Hamas sur Gaza.

Ces sanctions avaient compris, entre autres, la suspension du paiement des factures de l’électricité fournie par Israël dans la bande, la retraite anticipée forcée de milliers de fonctionnaires et la fin du versement des aides sociales à des centaines de familles.

Le Hamas a déclaré lundi que le refus de l’Autorité palestinienne de lever les sanctions montrait que cette dernière n’était pas intéressée par la fin du conflit entre son groupe et la faction du Fatah d’Abbas.

« L’AP et son gouvernement, avec à sa tête Rami Hamdallah, n’ont aucunement pris la décision d’emprunter le chemin de l’unité nationale », a accusé le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.

Les sanctions continues, a-t-il ajouté, « prouvent que les dirigeants du Fatah insistent sur une logique de singularité dans le processus décisionnaire et qu’ils excluent celle du partenariat ».

Ces mises en cause par le Hamas surviennent dans un contexte d’initiatives continues de la part de l’Egypte de mettre un terme au conflit entre le groupe terroriste et le Fatah.

Le mois dernier, une haute-délégation du Hamas dirigée par Ismail Haniyeh a passé trois semaines au Caire pour tenter de résoudre la crise et ouvrir la voie à la mise en oeuvre de l’accord de « réconciliation » qui a été signé au mois de novembre 2017.

De hauts-responsables égyptiens de la sécurité ont rencontré la semaine dernière à Gaza des représentants du Hamas et d’autres groupes palestiniens au sujet de la crise en cours.

Toutefois, il est devenu évident lundi que les Egyptiens ne sont pas parvenus à accomplir de progrès significatifs.

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, en arrivant au passage transfrontalier de Rafah, en provenance d’Égypte après la réconciliation avec le mouvement Fatah négocié par les renseignements égyptiens, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 septembre 2017 (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Haniyeh a indiqué que la visite du Hamas au Caire avait permis d’améliorer les relations bilatérales entre les deux parties. « Nous avons dépassé le crise de confiance », a-t-il ajouté. « Nous sommes dorénavant dans un processus de construction de confiance forte avec l’Egypte ».

Haniyeh a clamé que les Egyptiens avaient exprimé leur satisfaction devant les efforts livrés par le groupe terroriste pour sécuriser la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte. Les Egyptiens, a-t-il ajouté, ont également fait preuve de compréhension envers la « grave crise humanitaire » dans l’enclave côtière et ont affirmé être prêts à lever certaines restrictions avec notamment la réouverture du point de passage frontalier de Rafah.

Le chef du Hamas a exprimé son espoir qu’Abbas et les dirigeants de l’AP sauront montrer suffisamment de « courage » pour prendre de vraies décisions, susceptibles de mettre un terme aux querelles entre les deux parties.

Le Hamas, a-t-il dit, a fait tout ce qu’il pouvait pour ôter les obstacles entravant la mise en oeuvre de l’accord de « réconciliation ».

Un autre haut-responsable du Hamas, Khalil al Hayeh, a déclaré que les responsables du groupe terroriste avaient rencontré la semaine dernière Nickolay Mladenov, coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient pour évoquer la situation dans la bande de Gaza.

Hayeh a indiqué que le Hamas avait demandé durant cet entretien que l’ONU rejoigne les initiatives égyptiennes visant à faire appliquer l’accord de « réconciliation ». Il n’a pas précisé si l’envoyé des Nations unies avait accepté cette offre.

Le processus de « réconciliation avance lentement et une décision politique est nécessaire pour faire une percée », a dit Hayeh.

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