Gaza/Coronavirus: le Hamas ferme aux voyageurs son poste-frontière avec l’Égypte
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Gaza/Coronavirus: le Hamas ferme aux voyageurs son poste-frontière avec l’Égypte

Selon des responsables, seuls les "cas d'urgence" seront autorisés à traverser Rafah ; les écoles, universités et jardins d'enfants resteront fermés jusqu'à fin mars

Le 8 janvier 2019, les forces de sécurité palestiniennes du Hamas montent la garde au poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)
Le 8 janvier 2019, les forces de sécurité palestiniennes du Hamas montent la garde au poste-frontière de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. (Crédit : Abed Rahim Khatib / Flash90)

Le gouvernement de Gaza, dirigé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, a annoncé samedi que le poste-frontière de Rafah serait fermé aux voyageurs dans les deux sens afin d’empêcher la propagation du nouveau coronavirus dans l’enclave côtière densément peuplée.

« Il a été décidé de fermer les points de passage de la bande de Gaza dans les deux sens aux voyageurs jusqu’à nouvel ordre », a déclaré Mohammed Awad, chef du comité de suivi du gouvernement dirigé par le Hamas, lors d’une conférence de presse samedi soir. « Les situations d’urgence seront exclues [de ces restrictions] mais uniquement dans un cadre étroit », a-t-il ajouté, sans donner plus de détails.

Awad lisait une déclaration du comité de suivi du gouvernement, aux côtés d’un haut responsable du Hamas, Khalil al-Hayya.

Le passage de Rafah est le seul passage officiel entre l’Égypte et Gaza.

Durant la majeure partie de la décennie précédente, les autorités égyptiennes ont imposé de lourdes restrictions à la circulation des personnes à Rafah, mais ont récemment autorisé quelques centaines de Palestiniens à se rendre en Égypte, la plupart du temps par ce poste.

La déclaration semblait également s’appliquer au passage d’Erez, le seul entre Israël et Gaza, que les autorités israéliennes avaient déjà fermé jusqu’à nouvel ordre la semaine dernière à l’exception des « cas humanitaires ».

En temps normal, des milliers de Palestiniens avec des permis des autorités israéliennes traversent chaque mois le poste-frontière d’Erez, y compris certains se rendant en Jordanie et à l’étranger.

Israël maintient des restrictions drastiques à l’encontre des personnes autorisées à traverser le point de passage afin d’empêcher les groupes terroristes de transporter des armes ou des matériaux afin d’en fabriquer à Gaza.

Lors de sa déclaration, Awad a également déclaré que les écoles, les universités et les jardins d’enfants resteraient fermés jusqu’à la fin du mois de mars.

Les établissements d’enseignement à Gaza sont fermés depuis un peu plus d’une semaine.

Des membres du ministère palestinien de la Santé, en partenariat avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), installent des tentes extérieures pour un examen médical préliminaire des patients suspectés d’être porteurs du coronavirus au poste-frontière de Rafah avec l’Égypte, dans le sud de la bande de Gaza, le 12 mars 2020. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Aucun cas de virus n’a été confirmé à Gaza, selon le ministère de la Santé dirigé par le Hamas.

Le ministère gazaoui a déclaré samedi que 2 667 personnes se trouvaient en quarantaine à leur domicile, tandis qu’une autre avait été placée dans un établissement spécial.

Le nombre de cas de COVID-19 dans le monde a dépassé les 156 000, avec plus de 5 800 décès, selon un décompte de l’université américaine Johns-Hopkins.

Les gouvernements du monde entier ont pris des mesures importantes afin d’empêcher sa propagation.

Dimanche dernier, Abdelnaser Soboh, dirigeant du bureau auxiliaire de l’OMS à Gaza, a déclaré que l’infrastructure sanitaire de l’enclave côtière ne serait pas en mesure de gérer des centaines ou des milliers de malades porteurs du virus.

« Le système de santé à Gaza est déjà fragile et fonctionne à peine. Il ne pourrait pas supporter le fardeau d’un grand nombre de cas », a-t-il déclaré au Times of Israël, avertissant qu’un tel scénario pourrait contribuer à son effondrement.

Les hôpitaux de Gaza manquent régulièrement de médicaments et d’équipements médicaux suffisants et dépendent généralement de générateurs de secours afin de maintenir un flux constant d’énergie.

Soboh a déclaré que les établissements de santé de Gaza disposaient d’un total de 2 500 lits et de 50 à 60 respirateurs artificiels pour adultes.

L’un des symptômes ressentis par de nombreuses personnes diagnostiquées porteuses du virus est une difficulté à respirer.

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