Rechercher

Gaza: le Hamas annonce avoir exécuté 5 Palestiniens dont deux pour « collaboration »

"La peine de mort infligée par un gouvernement est une pratique barbare qui n'a pas sa place dans le monde moderne", a écrit un chef de l'ONG Human Rights Watch

Les dirigeants du Hamas de Gaza Ismail Haniya, au centre, et Mousa Abu Marzouq, à droite, brandissent une arme en saluant des partisans lors d'un défilé marquant le 27e anniversaire de la création du mouvement islamiste le 14 décembre 2014 dans la ville de Gaza. (Crédit: AFP/MAHMUD HAMS)
Les dirigeants du Hamas de Gaza Ismail Haniya, au centre, et Mousa Abu Marzouq, à droite, brandissent une arme en saluant des partisans lors d'un défilé marquant le 27e anniversaire de la création du mouvement islamiste le 14 décembre 2014 dans la ville de Gaza. (Crédit: AFP/MAHMUD HAMS)

Le mouvement terroriste islamiste armé du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a exécuté dimanche matin cinq Palestiniens, dont deux pour « collaboration » avec Israël, une première depuis environ cinq ans.

« Dimanche matin, la sentence de peine de mort été exécutée contre deux condamnés pour collaboration avec l’occupation (nom donné par ce mouvement terroriste à Israël, ndlr) et trois autres dans des affaires pénales », a annoncé dans un communiqué le Hamas, estimant que les condamnés « avaient obtenu au préalable leur plein droit de se défendre » devant la justice locale.

Le ministère de l’Intérieur de la bande de Gaza, territoire palestinien sous contrôle du Hamas depuis 2007 après qu’il en eût chassé le Fatah au prix d’une guerre fratricide, a fourni des détails sur chacun des condamnés, mais n’a pas identifié les cinq personnes exécutées se contentant de fournir leurs initiales, années ou lieu de naissance.

Les deux personnes exécutées pour « collaboration » avec Israël sont deux hommes, nés respectivement en 1968 et 1978.

Le plus âgé des deux, qui a été « pendu », avait été condamné par la justice locale pour avoir fourni à partir de 1991 à Israël des « informations sur des membres de la résistance [nom que le mouvement terroriste se donne], leurs lieux de résidence » et sur « l’emplacement de site de fabrication et de lancements de roquettes », a indiqué le Hamas.

Le second, qui a été « fusillé », a pour sa part été condamné pour avoir fourni à Israël à partir de 2001 des « renseignements » ayant « conduit au ciblage et au martyr (mort dans la rhétorique jihadiste islamiste, nldr) de citoyens » par les forces israéliennes, a poursuivi le Hamas, sans nommer les personnes qui auraient été abattues par le fait de cette fuite d’information présumée.

Les trois autres personnes exécutées avaient été condamnées par le passé pour meurtre, a conclu le ministère de l’Intérieur du Hamas dans son communiqué.

Le Centre palestinien pour les droits humains à Gaza a déclaré que ces exécutions « étaient en violation des obligations internationales » et exigé que « les autorités de Gaza cessent d’utiliser la peine de mort et la remplacent par la perpétuité ».

Le représentant de l’Union européenne dans des territoires palestiniens, Sven Kuehn von Burgsdorff, a indiqué que le Hamas devait « respecter les obligations palestiniennes en vertu des principes du droit international », faisant référence au « moratoire sur la peine de mort » de l’Autorité palestinienne.

Condamnations passées

Omar Shakir, directeur pour Israël et les territoires palestiniens de l’ONG Human Rights Watch a décrit ces exécutions comme « odieuses ».

« La peine de mort infligée par un gouvernement est une pratique barbare qui n’a pas sa place dans le monde moderne », a-t-il affirmé sur Twitter en évoquant le mouvement terroriste palestinien.

Au cours des dernières années, les terroristes de Gaza ont condamné à mort plusieurs personnes pour différents crimes ou « collaboration » présumée avec Israël, mais ces peines n’ont pas été suivies d’effet, les dernières exécutions connues remontant à 2017.

Trois Palestiniens – Achraf Abou Leïla, Hicham al-Aloul et Abdallah al-Nachar – avaient été exécutés en public après avoir été condamnés dans un procès-éclair par la justice militaire locale pour avoir participé au meurtre d’un commandant du Hamas, Mazen Faqha, « pour le compte d’Israël ».

Le Hamas avait justifié ces exécutions, comme celles des deux Palestiniens condamnés pour « collaboration » avec Israël, en se fondant sur le Code révolutionnaire érigé par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le Hamas n’est pourtant pas membre de l’OLP, dont le code révolutionnaire n’est plus conforme sur cette question à la Loi fondamentale palestinienne de 2003. Et l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas avait adhéré en 2019 au traité de l’ONU visant à abolir la peine capitale.

Mais depuis des combats sanglants en 2007 entre les islamistes du Hamas et les laïcs du Fatah de Mahmoud Abbas, les Territoires palestiniens sont divisés politiquement.

L’Autorité palestinienne de M. Abbas qui siège en Cisjordanie, où vivent 2,9 millions de Palestiniens, n’a pas de contrôle sur la bande de Gaza, enclave palestinienne de 2,3 millions d’habitants entre les mains du Hamas et sous restrictions sécuritaires israéliennes et égyptiennes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...