Gaza : les eaux usées rejetées à la mer, faute de combustible
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Gaza : les eaux usées rejetées à la mer, faute de combustible

La pénurie d'électricité est telle que toutes les stations de traitement des eaux sont à l'arrêt depuis des mois dans la bande contrôlée par le groupe terroriste du Hamas

Des Palestiniens sur une plage, à côté des eaux polluées, à Gaza, le 3 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo/Mahmud Hams)
Des Palestiniens sur une plage, à côté des eaux polluées, à Gaza, le 3 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo/Mahmud Hams)

Les municipalités de la bande de Gaza ont annoncé mercredi qu’elles déverseraient les eaux usées directement dans la mer Méditerranée en raison de la pénurie de carburant dans l’enclave palestinienne qui empêche les usines de fonctionner.

« Les plages de la bande de Gaza seront totalement fermées et les eaux usées seront déversées dans la mer car les municipalités ne peuvent plus fournir de combustible » pour les usines de traitement, a affirmé Nizar Hejazi, maire de la ville de Gaza, dans un communiqué commun à toutes les mairies de l’enclave côtière.

M. Hejazi a également annoncé « l’état d’urgence dans les villes et les municipalités de la bande de Gaza », précisant que les services municipaux seraient réduits de 50 %.

La seule centrale électrique de la bande de Gaza, à nouveau à l’arrêt le 16 avril 2017. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

L’unique centrale électrique de Gaza a cessé de fonctionner la semaine dernière à cause du manque de carburant, laissant le territoire totalement dépendant des importations.

La fermeture de la centrale, qui fournit environ un cinquième de l’électricité de Gaza, va aggraver une situation déjà critique pour les deux millions d’habitants du territoire. Il ne reste aux Gazaouis que les 120 mégawatts importés d’Israël – qui impose depuis une décennie un sévère blocus à la bande de Gaza -, soit quelques heures d’électricité par jour.

Des palestiniens se réchauffent autour d’un feu pour pallier le manque d’électricité, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 1er décembre 2016. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

La pénurie d’électricité est telle que toutes les stations de traitement des eaux sont à l’arrêt depuis des mois.

En mars 2017, l’ONU avait affirmé qu’au moins 100 000 mètres cubes d’eaux usées étaient rejetés chaque jour en mer sans être traités.

Le combustible est importé d’Egypte via le point de passage de Rafah, que Le Caire maintient fermé en quasi-permanence à l’exception de quelques dizaines de jours par an. Celui-ci a rouvert partiellement mercredi pour quatre jours, pour la deuxième fois en 2018.

Gaza, contrôlé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, souffre depuis des années d’un manque d’électricité, l’un des nombreux maux affligeant le territoire, avec les guerres, la pauvreté, le chômage et l’enfermement. Les mises en garde ne cessent de se multiplier devant la dégradation de la situation dans l’enclave, où plus des deux tiers de la population dépendent de l’aide étrangère.

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