GB : Commémoration d’une opération de sauvetage peu connue face aux nazis
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GB : Commémoration d’une opération de sauvetage peu connue face aux nazis

Des descendants du Kitchener Camp dévoileront une plaque dans une ancienne base militaire du Kent ayant abrité 4 000 réfugiés juifs au début de la Seconde guerre mondiale

Réfugiés juifs à bord du paquebot allemand St. Louis, le 29 juin 1939. (Crédit : Planet News Archive/SSPL/Getty Images via JTA)
Réfugiés juifs à bord du paquebot allemand St. Louis, le 29 juin 1939. (Crédit : Planet News Archive/SSPL/Getty Images via JTA)

Une opération peu connue qui avait aidé à sauver des milliers de Juifs de l’Allemagne nazie sera commémorée la semaine prochaine sur une ancienne base militaire où ils avaient été accueillis.

Le musée juif de Londres va inaugurer une exposition sur le Kitchener Camp dans la journée de dimanche. Lundi, un groupe de descendants des 4000 personnes environ qui avaient sauvé des réfugiés juifs dévoileront une plaque dans les anciennes casernes situées aux abords de la ville historique de Sandwich, dans le Kent.

Cette opération, qui avait été financée par des Juifs, avait été lancée en 1939 suite au pogrom de la Nuit de cristal, au cours de laquelle des dizaines de milliers de Juifs avaient été dépossédés de leurs biens et envoyés dans des camps de concentration nazis.

Le Central British Fund – organisation d’aide connue dorénavant sous le nom de World Jewish Relief — avait convaincu le gouvernement britannique, à la fin de cette année-là, d’accepter un groupe de réfugiés juifs, des hommes, à la condition qu’ils n’obtiennent pas la citoyenneté ou des visas de travail permanents.

Ces hommes, Autrichiens et Allemands principalement, avaient dû accepter d’émigrer vers les Etats-Unis, l’Australie, le Canada ou ailleurs dans « une période raisonnable ».

Les réfugiés n’étaient pas internés au Kitchener Camp et ils avaient l’autorisation d’aller et de venir comme ils le désiraient. Ils travaillaient au sein d’exploitations agricoles locales, faisaient du sport avec les autochtones et organisaient des productions musicales pour le public.

Quand la guerre avait éclaté au mois de septembre 1939, 887 hommes du Kitchener s’étaient portés volontaires dans le Corps des pionniers pour apporter leur aide à l’effort de guerre. Toutefois, après l’évacuation de Dunkirk, survenue au mois de mai 1940, l’opinion publique s’était retournée contre les réfugiés germanophones, un grand nombre d’entre eux étant soupçonné d’espionnage.

Les réfugiés qui n’étaient pas activement impliqués dans la guerre avaient été expulsés vers l’Australie et le Canada et le Kitchener Camp avait été fermé.

Clare Weissenberg, fille de l’un des hommes ayant été accueilli à Kitchener et conservatrice de l’exposition, a indiqué que peu de gens connaissaient l’histoire de ce camp de transit.

« Il n’est même pas très connu au sein des communautés juives britanniques », a dit Weissenberg au Guardian dans un article qui a été publié samedi.

Weissenberg a ajouté que tandis que le sauvetage avait été une opération relativement modeste, « elle ne l’est pas aux yeux des nombreux descendants des hommes de Kitchener qui n’auraient jamais vu le jour si ces hommes n’avaient pas été sauvés ».

L’exposition de Weissenberg, qui est intitulée « Leave to Land: The Kitchener Camp Rescue 1939 », est à découvrir jusqu’au 9 septembre. Les documents et objets seront donnés à la bibliothèque Wiener pour l’étude de la Shoah et du génocide.

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