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GB: « DNA Family Secrets » révèle à un rescapé de la Shoah que son père n’était pas nazi

Orphelin, Jackie ignorait pourquoi il n'était pas mort ; grâce à l'émission de la BBC il retrouve des cousins encore en vie

Capture d'écran de la vidéo de Jackie, 79 ans, orphelin et survivant de la Shoah, lorsqu'il découvre que des membres de sa famille sont toujours en vie. (Crédit: YouTube)
Capture d'écran de la vidéo de Jackie, 79 ans, orphelin et survivant de la Shoah, lorsqu'il découvre que des membres de sa famille sont toujours en vie. (Crédit: YouTube)

Un survivant de la Shoah, qui a passé une grande partie de sa vie à craindre que son père ait pu être un nazi, a été rassuré par des tests d’ADN qui ont révélé que ses deux parents étaient juifs.

Jackie, 79 ans, un survivant vivant à Londres, est devenu orphelin pendant la guerre et a ensuite été adopté par un couple britannique qui ne lui a jamais parlé de son passé.

Lorsqu’il a fini par l’apprendre, il a commencé à se demander comment il avait pu survivre et a été hanté par l’idée que son père, dont il n’a pu trouver aucune information, était peut-être un nazi qui avait usé de son influence pour lui faire échapper aux camps de la mort.

Un épisode de l’émission « DNA Family Secrets » de la BBC a non seulement permis de confirmer à Jackie qu’il est « 99 % juif » d’origine européenne, mais aussi d’identifier des cousins qui, par un hasard remarquable, vivaient non loin de sa maison du nord de Londres. L’émission a été diffusée jeudi dernier.

Jackie n’avait que neuf mois lorsqu’il a été emmené au camp de Theresienstadt dans les années 1940. Le camp était un point de transit et 15 000 enfants ont été envoyés de là vers le tristement célèbre camp de concentration d’Auschwitz où ils ont été assassinés.

Mais bien que Jackie ait passé plus de deux ans à Theresienstadt, il n’a jamais été transféré à Auschwitz, ainsi sauvé d’une mort presque certaine.

Il ne se souvient pas du temps qu’il y a passé. En tant qu’orphelin de guerre, il a été envoyé en août 1945 en Grande-Bretagne où il a été adopté à l’âge de 3 ans.

Jackie ne savait rien de son passé ni même qu’il avait été adopté jusqu’à ce que, jeune homme, il se prépara à épouser sa fiancée, Lita. Sa famille était affiliée à la communauté juive de Londres et il devait prouver son identité juive dans une synagogue locale pour que le mariage puisse avoir lieu.

Ce n’est qu’a ce moment qu’il a découvert une partie de son passé – sa naissance à Vienne, sa survie miraculeuse à la Shoah, son adoption et le nom de sa mère biologique, Elsa. Mais il n’y avait aucune trace de son père, le champ sur son certificat de naissance étant resté vide.

« C’est là que j’ai découvert cette horrible nouvelle », a-t-il dit. « Je suis né à Vienne et j’ai passé deux ans et huit mois dans un camp de concentration, à partir de l’âge de neuf mois ».

« C’est propice aux cauchemars de découvrir que je ne suis pas anglais, que ce ne sont pas mes parents et que je viens d’un camp de concentration », a déclaré Jackie, qui n’a été identifié que par son prénom.

Au cours des soixante années qui ont suivi, Jackie s’est souvent demandé si son père n’était pas en fait un nazi travaillant lui-même dans le camp de Theresienstadt et si c’était la raison pour laquelle il n’avait pas péri dans son enfance.

Mais malgré ses efforts pour en savoir plus sur son histoire personnelle, il n’a rien pu ajouter à son récit. Le sort de sa mère n’a pas été détaillé.

« Mon côté paternel, je n’en sais rien, il aurait pu être un non-juif », a déclaré Jackie dans l’émission. « Il aurait pu être un nazi. Pourquoi ai-je survécu dans ce camp de concentration ? »

Pour en savoir plus sur son identité, l’émission de la BBC a demandé à Turi King, professeur d’engagement public et de génétique à l’Université de Leicester, d’examiner l’ADN de Jackie.

King a expliqué que cela « n’allait vraiment pas être facile », car pendant la Shoah, plusieurs générations de familles ont été décimées.

Mémorial du Mur des noms de la Shoah à Vienne, en Autriche, le mercredi 18 mai 2022. (Crédit: AP Photo/Theresa Wey)

Lorsque les résultats sont revenus, elle a pu dire à Jackie qu’il était « juif ashkénaze à 99 %, ce qui signifie avec une quasi-certitude, que votre père n’était pas un nazi ».

Les recherches ont également révélé que Jackie avait deux parents encore vivants, descendant de sa grand-tante et de son grand-oncle. Bien qu’ils aient été tués lors du génocide nazi, leur fille Irène s’est échappée au Royaume-Uni.

King dit alors à Jackie que les deux personnes, Alex et Tony, qui vivent à Londres sont ses cousins germains ou éloignés.

Lorsqu’il apprend qu’il a des parents survivants, Jackie, ému, déclare que c’est « ce pour quoi je priais ».

Il a par la suite rencontré Alex et Tony.

Selon la BBC, Jackie s’est récemment rendu à Vienne, où le nom de sa mère a été ajouté au mémorial du Mur des noms.

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