GB : La circoncision peut être une forme de maltraitance infantile – document juridique
Jonathan Arkush déclare au Guardian que la formulation du document est "trompeuse" et qu'il "s'attend fortement" à ce qu'elle soit exclue du projet final du ministère public
Selon le Guardian, un projet de document, visant à émettre des principes de réglementation et destiné aux procureurs d’Angleterre et du Pays de Galles, indique que la circoncision « peut constituer une forme de maltraitance infantile » si elle n’est pas pratiquée correctement.
Ce projet de document du Crown Prosecution Service (service des poursuites pénales) intitulé « Les abus liés à l’honneur, les mariages forcés et les pratiques préjudiciables », et consulté par le Guardian, a alarmé les groupes religieux du Royaume-Uni. Un militant juif a notamment qualifié la formulation sur la circoncision de « trompeuse », selon le journal.
La circoncision des garçons est obligatoire dans le judaïsme comme dans l’islam mais pas au même moment.
Le document indiquerait toutefois que, contrairement aux mutilations génitales féminines, « il n’existe pas d’infraction pénale spécifique pour la pratique de la circoncision ».
« Cependant, cette pratique peut être douloureuse et nuisible si elle est effectuée de manière incorrecte ou dans des circonstances inappropriées », indique le document.
« Elle peut constituer une forme de maltraitance infantile ou une atteinte à la personne. »
Depuis 2021, sept enfants mineurs sont morts des suites de circoncisions, dont trois bébés qui se sont vidés de leur sang, selon le Guardian qui cite l’Office national des statistiques du Royaume-Uni.
Le mois dernier, un médecin légiste britannique a fait part de ses inquiétudes concernant le manque de contrôle des infections et d’accréditation des praticiens de la circoncision dans un rapport sur le décès de Mohamed Abdisamad, âgé de six mois, des suites d’une infection à streptocoque survenue une semaine après sa circoncision.
Jonathan Arkush, avocat de la défense et coprésident du groupe de défense de la circoncision juive Milah UK, a déclaré au Guardian qu’il était « déplacé » de singulariser la circoncision pour la soumettre à un examen minutieux.
« Toute procédure effectuée de manière inappropriée ou sans contrôles adéquats, y compris le perçage des oreilles d’un enfant, pourrait constituer une pratique nuisible et un cas potentiel de maltraitance infantile », a souligné Arkush, ancien président du Board of Deputies of British Jews.
« Suggérer que la circoncision est une pratique néfaste en soi est profondément péjoratif et déplacé », a déclaré Arkush.
Il a ajouté que la communauté juive avait mis en place des « normes strictes » qui rendaient les complications médicales liées à la circoncision « extrêmement rares ».
« Nous allons certainement discuter » avec le Crown Prosecution Service au sujet de la formulation relative à la circoncision dans son projet de lignes directrices, a indiqué Arkush.
« Je m’attends vraiment à ce que le projet final ne l’inclue pas, car il est manifestement incorrect et/ou trompeur. »
« La circoncision est un élément central de notre identité », a-t-il poursuivi.
« Je n’ai jamais rencontré un seul homme juif qui pense avoir été lésé par la circoncision. »
Le Muslim Council of Britain (MCB) a déclaré au Guardian qu’il soutenait un renforcement de la réglementation sur la circoncision, mais que cette pratique « ne devait pas être considérée comme une forme de maltraitance infantile en soi ».
« La circoncision est une pratique légale au Royaume-Uni, qui repose sur des fondements médicaux, religieux et culturels reconnus », a déclaré le MCB.
« Cependant, lorsque ces interventions sont pratiquées de manière irresponsable, sans garanties adéquates, et causent des dommages, elles peuvent à juste titre relever du droit pénal. L’absence de réglementation cohérente ailleurs crée des risques inacceptables, et il est urgent de s’attaquer à ces risques afin de protéger les jeunes garçons. »








