GB : la nouvelle chef étudiante nie tout antisémitisme, soutient le terrorisme palestinien
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GB : la nouvelle chef étudiante nie tout antisémitisme, soutient le terrorisme palestinien

Au milieu de la consternation suite à son élection, Malia Bouattia a écrit une colonne dans laquelle elle prétend être victime de fausses accusations mais affirme que ses croyances n'ont pas changé et ne répudie pas son soutien à la « résistance » pour libérer la Palestine

Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Il y a deux ans, celle qui est désormais la nouvelle chef de file de l’Union nationale des étudiants britanniques (UNEB) avait soutenu avec passion la violence palestinienne « résistante », avait insisté sur le fait qu’on ne devrait pas considérer cela comme du terrorisme et avait critiqué l’idée que la « Palestine » pourrait être libérée par l’action non-violente seule.

Elle a aujourd’hui signé un article dans lequel elle affirme qu’elle n’est ni raciste ni antisémite, mais n’a fait aucun effort pour modifier sa vision de la défense de la violence palestinienne.

Au milieu des appels lancés à Malia Bouattia par des groupes juifs pour qu’elle se dissocie de sa rhétorique précédente, et avec plusieurs groupes d’étudiants britanniques qui cherchent à prendre leurs distances de l’Union nationale après son élection, Bouattia dans une colonne rédigée pour le Guardian, dimanche, maintient qu’elle a « toujours été une ardente militante contre le racisme et le fascisme sous toutes leurs formes ».

Elle a également écrit que le fait de « contester » la politique sioniste ne voulait pas dire qu’elle « contestait le fait d’être Juif ».

« Il n’y a pas de place pour l’antisémitisme dans le mouvement étudiant, ni dans la société », a déclaré Bouattia, première femme noire et première musulmane à être élue à la tête de l’UEJ.

« Si l’un de mes précédents discours a été interprété de manière différente, comme il en va pour les commentaires que j’ai un jour faits sur le sionisme dans les médias, je vais réviser pour m’assurer qu’il n’y ait pas de confusion possible, » a-t-elle promis.

« Je voulais être critique envers les organes de presse qui soutiennent aveuglément les actions et les mauvais traitements que les Israéliens infligent aux Palestiniens. Je ne parlais pas des médias dans leur ensemble, ni ne répétais des préjugés antisémites ignobles. La première chose que j’ai faite lorsque j’ai été élue a été de tenir une réunion avec l’Union des étudiants juifs, et ces réunions vont continuer », a-t-elle écrit.

Cependant, tout en affirmant que « les accusations dirigées contre moi cette semaine sont profondément troublantes et fausses », elle a également souligné que « mes idéologies politiques et mes croyances demeurent inchangées » ni n’a répudié ou n’est revenu sur ses propos précédents dans lesquels elle soutenait vivement la violence palestinienne et insistait sur le fait que cette dernière n’était pas du terrorisme.

La colonne, intitulée « Je suis la nouvelle présidente de l’UEJ – et non, je ne suis pas une antisémite sympathisant avec l’EI », contient elle-même un lien vers des remarques incendiaires encourageant la violence palestinienne et rejetant la définition d’une violence telle que le terrorisme. Ces remarques sont tirées d’un discours qu’elle a prononcé en septembre 2014, à une conférence intitulée « Gaza et la révolution palestinienne ».

Sur ce point, Bouattia a protesté que dans « les médias traditionnels dirigés par les sionistes… la résistance est présentée comme un acte de terrorisme ». Elle s’est plainte que ce soit « devenu un discours accepté par un trop grand nombre ».

En outre, dans ce discours, Bouattia a exprimé sa crainte que « la notion de résistance a peut-être été retirée de notre compréhension quant à la manière dont les gens colonisés vont obtenir leur émancipation physique. »

https://youtu.be/XyniSax85HQ

Bouattia a dit que c’était une « contradiction très étrange » que de soutenir la non-violence et la libération des Palestiniens. « L’islamophobie internalisée a aussi permis notre obsession à convaincre les non musulmans de notre nature non-violente et pacifique, pour que nous amenions les choses un peu plus loin et condamnions dangereusement la résistance, marquant des groupes et des individus comme terroristes pour nous dissocier d’eux, mais en soutenant en même temps leur libération, ce qui est une contradiction très étrange », avait-elle déclaré.

La militante avait également déclaré qu’il était « problématique » de voir les efforts de boycott comme une alternative à la « résistance ».

« Considérer que la Palestine ne sera libérée que par des levées de fonds, des manifestations non violentes et le mouvement BDS est problématique », avait-elle dit, ajoutant que bien qu’elle soutienne le BDS, il pouvait être « mal interprété comme une alternative à la résistance par le peuple palestinien. »

Elle semblait aussi encourager l’engagement aux côtés des terroristes palestiniens, soulevant la possibilité de « prendre des ordres » pour montrer sa solidarité.

« Finalement, je voudrais simplement dire que nous avons aussi besoin de nous rappeler des Palestiniens sur le terrain […] qui maintiennent activement le combat et la résistance contre l’occupation, et peut-être existe-t-il un besoin de s’engager activement avec ces personnes et de fournir la plate-forme pour écouter ces réalités et prendre des ordres si nous voulons vraiment montrer une forme de solidarité », avait-elle déclaré.

Bouattia, qui a été élu la semaine dernière pour diriger le syndicat, prendra ses fonctions en septembre. La semaine dernière, 57 étudiants juifs ont écrit une lettre ouverte à Bouattia exprimant leur inquiétude qu’elle ne « crée un élément de suspicion envers les étudiants juifs du campus ».

Malia Bouattia, nouvelle présidente de l'Union nationale des étudiants du Royaume-Uni, parle des "médias dirigés par des sionistes" et de la lutte armée palestinienne, en septembre 2014. (Crédit : Facebook officiel)
Malia Bouattia, nouvelle présidente de l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni, parle des « médias dirigés par des sionistes » et de la lutte armée palestinienne, en septembre 2014. (Crédit : Facebook officiel)

L’Union des étudiants juifs (UEJ) a déclaré mercredi qu’elle était « fière de sa longue histoire et de sa relation positive depuis longtemps avec l’Union nationale des étudiants ». Mais il a remarqué que « il y aura cependant toujours beaucoup d’étudiants juifs que ne seront pour l’instant pas satisfaits de la réponse de Malia aux inquiétudes soulevées par les étudiants juifs pendant ces dernières semaines. A présent, connaissant le résultat des élections, ces questions doivent trouver des réponses ».

D’autres groupes d’étudiants universitaires ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’élection de Bouattia, et les étudiants d’au moins 10 institutions cherchent à prendre leurs distances avec le syndicat étudiant national.

Selon des médias britanniques, une série de décisions prise par la conférence nationale de l’union cette semaine à Brighton a poussé les étudiants des universités de Durham, Edinburgh, Westminster, Aberystwyth, Manchester, York, Exeter, London South Bank, Oxford et Cambridge à envisager de couper les liens avec l’UNEB via un référendum sur leurs campus.

Le président du Conseil des députés des Juifs britanniques, Jonathan Arkush, la semaine dernière, a également exprimé ses préoccupations quant à l’élection de Bouattia et lui a demandé instamment de faire toute la clarté sur ses commentaires et positions.

« Nous sommes profondément inquiets des échecs de la nouvelle présidente de l’union nationale des étudiants, Malia Bouattia, à suffisamment clarifier ses remarques et associations passées, a déclaré Arkush. Il ne peut y avoir aucune excuse à l’association avec des organisations qui ont une histoire d’antisémitisme, à l’ambigüité sur le terrorisme ou à la considération des sociétés juives sur le campus comme un ‘défi’. »

Il a ajouté que « les étudiants juifs ont tout autant le droit de se sentir en sécurité sur le campus que qui que ce soit d’autre, et en tant que présidente chargée de représenter le bien-être et les préoccupations de tous les étudiants, Mme Bouattia doit vivre avec sa responsabilité et prendre au sérieux les préoccupations des étudiants juifs. Mme Bouattia affirme qu’elle combattra toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, et cela devrait aussi inclure les attaques exceptionnelles et discriminatoires au droit du peuple juif à l’auto-détermination, ou le terrorisme dirigé contre des juifs en Israël et à l’étranger. Nous unissons nos efforts à ceux de l’union des étudiants juifs et demandons que nos étudiants puissent étudier durement et profiter de la vie universitaire, sans aucune peur ou intimidation. »

L’UEJ est une confédération de 600 syndicats d’étudiants au Royaume-Uni, ce qui représente plus de 95% de tous les syndicats de l’enseignement supérieur britannique. Il prétend représenter sept millions d’étudiants britanniques.

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