GB : la police dotée de plus de pouvoirs pour interdire les manifestations
Après l'attentat de Manchester, la ministre britannique de l'Intérieur dit que la liberté d'expression doit être mise en balance avec la liberté des autres de vivre en sécurité

La police britannique pourra désormais s’opposer à la répétition de manifestations dans un même endroit, a annoncé dimanche le gouvernement, après que le dernier rassemblement pro-palestinien et anti-Israël a eu lieu samedi malgré les demandes d’annulation à la suite de l’attaque meurtrière perpétrée dans une synagogue à Manchester en plein office de Yom Kippour.
Grâce à ces nouveaux pouvoirs, les hauts responsables de la police seront autorisés à prendre en compte l’impact cumulé des manifestations précédentes sur une communauté locale, a indiqué le ministère de l’Intérieur.
« Le droit de manifester est une liberté fondamentale dans notre pays », a souligné Shabana Mahmood, ministre de l’Intérieur du Royaume-Uni. « Cette liberté des uns doit toutefois être mise en balance avec la liberté de leurs voisins de ne pas vivre dans la peur. »
Mahmood doit également examiner les pouvoirs dont disposent actuellement les forces de l’ordre, afin de s’assurer qu’ils sont suffisants et appliqués de manière cohérente, notamment le pouvoir de purement et simplement interdire les manifestations, a précisé le ministère.
« Des manifestations importantes et répétées peuvent conduire certaines composantes de notre pays, en particulier les communautés religieuses, à se sentir en insécurité, intimidées et effrayées à l’idée de sortir de chez eux », a déclaré Mahmood.
« Une illustration particulièrement évidente en est la peur considérable qui règne au sein de la communauté juive, une peur qui m’a été exprimée à maintes reprises au cours de ces derniers jours, qui ont marqué une période difficile. »
Interrogée par un journaliste de la BBC au sujet des avertissements répétés de la communauté juive concernant les dangers auxquels elle est confrontée, Mahmood a fait part de sa « profonde inquiétude quant à l’état des relations entre les communautés dans notre pays ».
Lors d’une interview accordée à Times Radio, la ministre de l’Intérieur a ajouté qu’il existait un important « problème lié à la montée non seulement de l’antisémitisme, mais aussi d’autres formes de haine ».
« Notre pays est manifestement en proie à des forces maléfiques et obscures », a-t-elle constaté.
Deux personnes ont été assassinées à Manchester jeudi, le jour de Yom Kippour, la fête la plus sacrée pour les juifs. La police a abattu le terroriste, un Britannique d’origine syrienne qui, selon les autorités, s’était inspiré de l’idéologie islamiste extrémiste et venait par ailleurs d’être inculpé de viol.
Samedi, dans le centre de Londres, les forces de l’ordre ont arrêté près de 500 personnes durant la dernière manifestation en date en faveur de Palestine Action, un groupe interdit depuis juillet après que ses membres ont pénétré dans une base aérienne et endommagé des avions militaires.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait exhorté les organisateurs de cette manifestation à l’annuler, en signe de respect pour le deuil des Juifs britanniques.
Trois personnes gravement blessées lors de l’attaque de Manchester sont toujours hospitalisées. L’une d’elles aurait également et accidentellement été touchée par des tirs de la police.
Un délai supplémentaire a été accordé à la police antiterroriste, pour assurer le maintien en détention de quatre personnes arrêtées pour des infractions liées au terrorisme dans le cadre de cette affaire.
Des manifestations pro-palestiniennes et anti-Israël ont été organisées à maintes reprises au Royaume-Uni depuis l’attaque meurtrière du Hamas contre le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, et la guerre qui s’en est suivie, opposant l’État juif au groupe terroriste à Gaza.







