Rechercher

GB: l’antisémitisme de membres du Labour candidats au Parlement dénoncé

Les candidatures d'Aysha Raza et de Luke Cresswell devront encore être approuvées par le Comité exécutif national du parti

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Aysha Raza, conseillère municipale pour le parti du Labour (Capture d'écran : YouTube)
Aysha Raza, conseillère municipale pour le parti du Labour (Capture d'écran : YouTube)

Deux membres du parti du Labour ont été sélectionnés pour figurer sur la liste des candidats au Parlement britannique malgré des signalements pour antisémitisme présumé.

La formation travailliste est accusée d’antisémitisme depuis que le leader d’extrême-gauche Jeremy Corbyn en a pris les rênes en 2015.

Aysha Raza a été choisie comme candidate potentielle pour le nord d’Ealing, a fait savoir BuzzFeed. Lundi, le site internet a rapporté que Luke Cresswell avait été sélectionné pour la région du sud du Suffolk.

Raza avait fait l’objet d’un signalement au mois d’avril 2018 de la part du groupe Labour contre l’antisémitisme pour des publications sur des réseaux sociaux, et notamment pour un tweet : « P.A organise sa vente annuelle mais je suis en fait traumatisée par les heures passées dans cette boutique sioniste ».

Le magasin évoqué par Raza reste indéterminé. Elle a également, dans le passé, fait part de son soutien sur Twitter au boycott israélien et a défendu une fresque dessinée sur un mur de l’est de Londres qui avait été qualifiée d’antisémite pour sa représentation de banquiers et d’hommes d’affaires juifs comptant leur argent.

Le leader du parti, Jeremy Corbyn, avait été fustigé pour s’être opposé à la suppression de cette fresque en 2018 et Raza lui avait alors fait part également de son soutien par le biais du hashtag #OneRuleForYou&AnotherForUs

Raza, conseillère municipale pour Eiling, est pressentie, avec trois autres membres, comme remplaçante du député travailliste Stephen Pound, qui quitte son siège.

Raza a répondu à l’information en disant : « Dans le passé, j’ai présenté des excuses sincères pour des tweets qui remontent à il y a quelques années, j’ai pris des cours de sensibilisation au sein du Jewish Labour Movement et j’ai une fois encore présenté des excuses sincères pour le mal que mes mots ont pu causer ».

Toutefois, la porte-parole de Labour Against Anti-Semitism, Fione Sharpe , a indiqué : « Aysha Raza ne devrait pas figurer où que ce soit à proximité de la liste des candidats parlementaires. Elle a des antécédents très médiatisés de promotion de points de vue antisémites ».

Cresswell, pour sa part, a été signalé à deux occasions aux autorités du parti du Labour pour antisémitisme présumé. Il a été suspendu du parti en 2016 alors qu’il faisait l’objet d’une enquête pour avoir posté des images comparant l’Etat juif à l’Allemagne nazie et une étoile de David tachée de sang, avec une légende qui disait « Moïse doit être fier » du « génocide » supposé commis par Israël.

Il avait ultérieurement présenté, lui aussi, ses excuses, mais il avait été mis en cause pour haine anti-juive une deuxième fois – où aucune action n’avait été prise, selon BuzzFeed.

Depuis que BuzzFeed a fait connaître l’information de sa sélection, au début de la semaine, en tant que candidat possible, il a été supprimé de la liste.

Au début du mois, l’instance qui gouverne le Labour, le Comité exécutif national, a décidé de se préparer à de possibles élections anticipées et de mettre en place une liste de candidats au parlement. Des groupes composés de membres des bureaux régionaux et du Comité exécutif national ont été chargés d’effectuer une pré-sélection avec l’aide des représentants locaux de la formation. Les contrôles finaux auraient lieu une fois les listes de pré-sélection finalisées, selon BuzzFeed.

Critiquant le Comité exécutif national, la porte-parole de LAAS, Sharpe, a expliqué que « les preuves suggèrent qu’il est soit terriblement incompétent, soit qu’il veut volontairement détourner le regard face à l’antisémitisme présumé ».

« Le processus de sélection des candidats mis au point par le parti Travailliste n’est pas adapté », a continué Sharpe. « Au vu de la crise de l’antisémitisme qui touche le parti, il est scandaleux qu’il y ait apparemment des candidats présélectionnés avec des antécédents connus d’antisémitisme présumé. En résultat, les membres du Labour qui auraient dû, selon nous, avoir été exclus il y a déjà longtemps sont dorénavant présentés comme des candidats parlementaires viables ».

Le chef du parti du Labour Jeremy Corbyn sur scène pendant la conférence annuelle de la formation à Brighton, en Angleterre, le 21 septembre 2019 (Crédit : Gareth Fuller/PA via AP)

Ruth Smeeth, député juif travailliste pour le nord de Stoke-on-Trent, a estimé : « Il peut paraître bizarre que les membres du Comité national exécutif responsables d’effectuer la sélection des candidats pour nos sièges soient incapables d’en trouver suffisamment pour remplir une liste » qui « n’aient pas apporté le déshonneur dans la formation par un racisme anti-juif larvé ou ouvert ».

Une source du Labour a nié d’éventuels problèmes dans le processus de pré-sélection, affirmant qu’il ne révélait aucun antisémitisme chez les Travaillistes.

« Nous sommes actuellement en train de faire les contrôles nécessaires, dans les meilleurs délais – mais cela prend néanmoins du temps pour un si grand nombre de candidats dans tout le pays », a confié la source à BuzzFeed. « Tous les candidats sélectionnés par leurs branches locales devront être approuvés par le Comité ».

Au mois de mai, la Commission britannique de l’Egalité et des droits de l’Homme avait annoncé qu’elle avait ouvert une enquête officielle sur les accusations d’antisémitisme au sein du Labour.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...