GB : un député juif s’oppose à un discours de Trump au Parlement
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GB : un député juif s’oppose à un discours de Trump au Parlement

Le président de la chambre des Communes fustige le décret anti-immigration et affirme qu’un discours devant les députés n’est “pas un droit automatique, mais un honneur qui se mérite”

John Bercow (Crédit : CC BY SA 3.0)
John Bercow (Crédit : CC BY SA 3.0)

Le président de la chambre des Communes s’est dit « fermement opposé » lundi à un éventuel discours du président américain Donald Trump devant les députés britanniques lors de sa visite d’Etat au Royaume-Uni prévue cette année.

John Bercow, issu des rangs conservateurs, a souligné qu’un tel discours n’était « pas un droit automatique, mais un honneur qui se mérite » auquel il s’opposerait suite à la décision de Donald Trump d’interdire temporairement l’entrée aux Etats-Unis des réfugiés et des ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen).

« J’étais déjà fermement opposé à un discours du président Trump à Westminster avant l’introduction du décret anti-immigration », a déclaré Bercow, l’une des trois personnes qui devront autoriser une éventuelle venue du président américain au Parlement.

« J’y suis encore plus fermement opposé après l’interdiction édictée contre les migrants », a poursuivi le président de la chambre des Communes.

La Première ministre britannique, Theresa May, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche, le 27 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
La Première ministre britannique, Theresa May, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche, le 27 janvier 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Bercow, dont les grands-parents paternels étaient des immigrants juifs roumains en Angleterre, se rendait à la synagogue réformée Finchley et a fait sa bar-mitzvah, même s’il se considère maintenant laïc.

La Première ministre Theresa May a essuyé une pluie de critiques après avoir convié Trump à effectuer une visite d’Etat au Royaume-Uni cette année, une invitation formulée lors de sa rencontre fin janvier avec le président américain à Washington, à peine quelques heures avant l’annonce du décret anti-immigration.

Plus de 1,8 million de personnes ont depuis signé une pétition en ligne réclamant l’annulation de cette visite, et les députés sont censés en débattre courant février.

« Notre opposition au racisme et au sexisme, et notre combat pour l’égalité de tous devant la loi et en faveur d’une justice indépendante sont des préoccupations majeures », a déclaré Bercow pour justifier sa décision au nom de la chambre des Communes.

La date et les détails de la visite d’Etat ne sont pas encore arrêtés, et une porte-parole du bureau du président de la Chambre a déclaré que le gouvernement n’avait pas demandé que Trump s’adresse au Parlement.

Manifestation devant la résidence officielle de la Première ministre britannique pour protester contre la visite d'Etat du président américain Donald Trump prévue en 2017, à Londres, le 20 janvier 2017. (Crédit : Ben Stansall/AFP)
Manifestation devant la résidence officielle de la Première ministre britannique pour protester contre la visite d’Etat du président américain Donald Trump prévue en 2017, à Londres, le 20 janvier 2017. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Cependant, un discours devant la chambre des Communes et la chambre des Lords a été inclus dans de nombreuses autres visites d’Etat, notamment lors de celle de Barack Obama en 2011.

Quelque 163 députés britanniques ont par ailleurs signé une motion visant à empêcher un discours de Donald Trump à Westminster, en citant son décret anti-immigration et ses propos sur la torture et les femmes.

Les propos de Bercow ont été applaudis par l’opposition.

May avait précédemment déclaré aux membres du Parlement que pendant un sommet la semaine dernière, elle avait appelé les dirigeants européens à « s’engager avec patience et de manière constructive » avec la nouvelle administration américaine.

Les critiques de Trump sur l’OTAN et sa prédiction sur l’effondrement de l’Union européenne après le vote du Royaume-Uni pour quitter le bloc politique ont alarmé les capitales européennes.

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