GB : Un enseignant de faculté accusé d’antisémitisme
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GB : Un enseignant de faculté accusé d’antisémitisme

L'université d'Essex enquête sur un professeur d'informatique qui aurait posté des contenus négationnistes de la Shoah et dénoncé la création d'un groupe juif sur le campus

Un bâtiment de l'université d'Essex (Crédit :  Wikimedia Commons, Rwendland)
Un bâtiment de l'université d'Essex (Crédit : Wikimedia Commons, Rwendland)

Un professeur de sciences de l’université d’Essex, au Royaume-Uni, fait actuellement l’objet d’une enquête. Il aurait posté des messages antisémites sur Facebook et appelé les étudiants à voter contre la création d’un nouveau groupe juif sur le campus.

Lors d’un vote qui a eu lieu jeudi, les étudiants ont finalement voté en faveur de l’établissement de cette association juive au sein de l’université. Plus de 200 d’entre eux ont toutefois voté contre, ce qui a fait naître des inquiétudes portant sur un antisémitisme croissant qui pourrait se développer dans cette institution académique.

L’université enquête sur les contenus antisémites qu’aurait publiés Maaruf Ali – notamment négationnistes. Il aurait également fait part sur les réseaux sociaux de son opposition à la création du nouveau groupe juif à l’université et repris des théories du complot sur le sionisme, a expliqué le Guardian.

Les posts, qui ont été vus par les journalistes de la BBC, ont depuis été supprimés.

Ali aurait averti dans l’une de ses publications que « les sionistes veulent créer un groupe ici, dans notre université ! », un post qui suivait un autre affirmant qu’Israël prévoyait « d’expulser 36 000 Palestiniens du Negev ».

Ali aurait aussi partagé une image de Smoloko.com, site d’extrême-droite aux sympathies nazies, qui affirmait que pendant les attentats de Paris, en 2015, un agent de la police française qui avait été tué « était en fait un agent du Mossad, qui est bien vivant aujourd’hui à Buenos Aires … un crypto-juif au service des renseignements israéliens », selon le Guardian.

L’enseignant aurait partagé une publication affirmant que « 50 000 Juifs ont manifesté contre Israël à New York », ajoutant qu’il y avait eu un « black-out total de la part des médias à cause de la mafia sioniste ».

Dans un communiqué, l’université a indiqué enquêter sur l’incident.

« Nous examinons en urgence ces accusations, conformément à notre politique de tolérance zéro envers le harcèlement et les crimes de haine », a commenté un porte-parole.

Dave Rich, chef de la police à l’observatoire de l’antisémitisme Community Security Trust, a appelé l’institution à suspendre Ali, a noté la BBC.

Dave Rich, auteur du livre ‘The Left’s Jewish Problem’ (Crédit : Autorisation)

« Il est profondément perturbant que quelqu’un qui poste des contenus antisémites d’une telle verve, avec un déni de la Shoah et la mise en avant de théories du complot au sujet d’une ‘mafia sioniste’ qui contrôlerait les médias, puisse enseigner à des étudiants au sein d’une université », a dit Rich, selon la BBC.

« Le fait que Maaruf Ali ait exercé des pressions sur ses étudiants pour qu’ils se prononcent contre la création d’un groupe juif montre bien qu’il ne garde pas ses idées pour lui-même. Il doit être immédiatement suspendu de ses fonctions d’enseignant et l’université d’Essex doit enquêter en urgence sur d’éventuelles expressions antérieures de ses points de vue antisémites sur le campus ».

L’université d’Essex, qui accueille plus de 15 000 étudiants au total, a indiqué ne pas vouloir faire de commentaires sur le cas d’Ali mais elle a souligné qu’elle appliquait une politique de tolérance zéro pour les actes de haine.

Plus de 600 personnes ont voté jeudi pour se prononcer sur la création du groupe juif sur le campus, et 64 % se sont prononcés « Pour ».

Suite au vote, l’union nationale des étudiants juifs a estimé que le nombre de personnes qui s’étaient opposées au projet était choquant.

« Nous sommes profondément déçus de voir la proportion significative d’étudiants qui a voté contre l’établissement d’une association juive à l’université d’Essex », a commenté auprès de la BBC un porte-parole de l’UJS.

« Le fait qu’un certain nombre d’étudiants de l’Université d’Essex aient considéré comme approprié de voter contre est très choquant, tout simplement ».

Pour sa part, un porte-parole du syndicat étudiant de l’université a insisté sur le fait qu’il se réjouissait de la création du groupe.

« En tant que syndicat, nous rejetons toute forme de discours de haine et nous prenons très au sérieux toutes les informations portant sur d’éventuels comportements antisémites. Nous nous assurons qu’ils font l’objet d’une enquête et d’une action », a dit le porte-parole, selon la BBC.

« Nous sommes en particulier très préoccupés par les propos d’un membre du personnel de l’université et nous présentons ces inquiétudes et celles soulevées par nos membres à l’université », a-t-il conclu.

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