GB/Iran : une dette de 600 M $ en échange d’une citoyenne emprisonnée ?
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GB/Iran : une dette de 600 M $ en échange d’une citoyenne emprisonnée ?

Nazanin Zaghari-Ratcliffe est accusé d’avoir comploté contre Téhéran ; la somme représente une facture impayée d’une vente d'armes des années 1970 interrompu avec la révolution islamique

Nazanin Zaghari-Ratcliffe et sa fille Gabriella (Crédit : AFP)
Nazanin Zaghari-Ratcliffe et sa fille Gabriella (Crédit : AFP)

La Grande-Bretagne chercherait à payer environ 600 millions de dollars à l’Iran, pour régler une dette vieille de plusieurs décennies, dans une tentative visant à obtenir la libération d’une femme irano-britannique détenue en République islamique après des accusations d’espionnage.

Le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson espère améliorer les relations avec l’Iran alors qu’il travaille à la libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe en remboursant les sommes dues suite à une vente d’armes datant des années 1970 mise en suspens par la révolution islamique, ont rapporté jeudi les médias britanniques.

L’ancien shah d’Iran a versé au gouvernement britannique 650 millions de livres sterling (855 millions de dollars) pour 1 750 tanks, mais seulement 185 tanks ont été livrés avant que son régime ne soit renversé en 1979 et le reste de la commande a été annulée.

En 2009, la Chambre de commerce internationale a ordonné à la Grande-Bretagne de rembourser 450 millions de livres iraniennes (soit 592 millions de dollars) pour les chars qui n’ont jamais été livrés, mais les sanctions imposées par l’ONU et l’UE ont empêché le remboursement.

Des reportages dans les médias britanniques ont émis l’hypothèse que Zaghari-Ratcliffe serait détenue par l’Iran en guise de garantie de la dette impayée, mais les responsables ont rapidement nié que les deux problèmes étaient liés.

« C’est une vieille affaire et il s’agit de contrats signés il y a plus de 40 ans avec le régime iranien d’avant la révolution », a déclaré un porte-parole du gouvernement au Daily Mail.

« Il est erroné de lier une question de dette complètement séparée à tout autre aspect de nos relations bilatérales avec l’Iran », a déclaré le porte-parole.

Le secrétaire britannique aux Affaires étrangères Boris Johnson, à gauche, rencontre Richard Ratcliffe, le mari de la femme irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe emprisonnée en Iran, au Foreign and Commonwealth Office à Londres, le 15 novembre 2017 (Crédit : AFP / Stefan Rousseau)

Zaghari-Ratcliffe, une employée dans une organisation caritative âgée de 38 ans, est accusée d’avoir comploté pour le « renversement en douceur » du gouvernement iranien et est incarcérée à Téhéran depuis avril 2016.

La femme qui possède la double nationalité irano-britannique soutient qu’elle rendait simplement visite à sa famille lorsqu’elle a été arrêtée.

La situation de Zaghari-Ratcliffe est délicate car l’Iran ne reconnaît pas la double nationalité pour ses ressortissants. Cela signifie que les personnes ayant la double citoyenneté ne bénéficient pas du même niveau d’assistance consulaire de la part des autorités britanniques que celles qui n’ont qu’un passeport britannique.

Son cas s’est encore plus compliqué ce mois-ci lorsque Johnson a suggéré que Zaghari-Ratcliffe formait des journalistes, et la justice iranienne a considéré cette déclaration comme preuve des accusations portées contre elle.

Johnson a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une déclaration inexacte et s’est excusé la semaine dernière pour tout dommage causé.

Mercredi, Johnson a rencontré le mari de Zaghari-Ratcliffe et a juré qu’il « ne ménagerait aucun effort » pour obtenir la libération de sa femme.

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