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Gérard Darmon dénonce l’antisémitisme et le négationnisme de Jean-Luc Godard

L’acteur juif de 74 ans était loin de le porter dans son cœur, et a ainsi dénoncé les prises de positions antisémites, antisionistes et négationnistes du célèbre cinéaste

Gérard Darmon sur le plateau de l’émission « C à vous » sur France 5, le 14 septembre 2022. (Crédit : capture d’écran « C à Vous » / France 5)
Gérard Darmon sur le plateau de l’émission « C à vous » sur France 5, le 14 septembre 2022. (Crédit : capture d’écran « C à Vous » / France 5)

Le comédien Gérard Darmon s’est exprimé ce mercredi sur le plateau de l’émission « C à vous » sur France 5 suite à la mort du réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, disparu ce mardi à l’âge de 91 ans.

L’acteur juif de 74 ans était loin de le porter dans son cœur, et a ainsi dénoncé les prises de positions antisémites, antisionistes et négationnistes du célèbre cinéaste, salué notamment comme un « trésor national » par le président Emmanuel Macron, parmi de nombreux autres hommages.

Dans un silence assourdissant sur le plateau avec sa déclaration, Gérard Darmon a tout d’abord exprimé sa « peur d’être un peu à contre-courant en parlant de ce monsieur qui était le cinéaste qu’il était, même si ce n’était pas ma tasse de thé ».

Il a dans la foulée dénoncé « l’homme qu’il était et qui n’a pas été très bienveillant pour ma communauté. Pour les Juifs en général, et pour Israël en particulier ».

« Je trouve que les propos qu’il a tenus étaient absolument inadmissibles. C’était de l’antisémitisme. C’était du négationnisme. C’était du révisionnisme », a-t-il déclaré.

« Je ne peux pas admirer quelqu’un qui hait à ce point les Juifs », a ajouté Gérard Darmon, qui faisait référence notamment aux propos de Jean-Luc Godard, relatés par Alain Fleischer dans son roman Courts-circuits, en 2009, qu’il a définis comme « honteux ».

En 2006, sur le tournage du documentaire « Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard », le cinéaste disparu aurait déclaré : « Les attentats suicides des Palestiniens pour parvenir à faire exister un État palestinien ressemblent en fin de compte à ce que firent les Juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’État d’Israël. »

Illustrant sa notion du montage comme vision comparative de l’histoire, le cinéaste a aussi fait chevaucher dans son documentaire « Ici et ailleurs » une image de Golda Meir, Premier ministre israélien, avec celle d’Adolf Hitler.

Il s’est aussi exprimé en faveur du boycott culturel d’Israël, s’affirmant pro-Palestinien.

Le réalisateur Jean-Luc Godard assiste à un débat au cinéma des Cinéastes à Paris, le 19 juin 2010. (Crédit : AFP / Miguel MEDINA)

Face à ces prises de position, Gérard Darmon a ainsi tiré un parallèle entre Jean-Luc Godard, Louis-Ferdinand Céline et l’œuvre artistique d’Adolf Hitler. Il a affirmé qu’il ne pourrait pas aimer Godard tout comme il ne pourrait pas lire l’œuvre de Céline ni s’extasier devant les peintures d’Hitler.

Il s’est ainsi dit davantage plus touché par la disparition de la reine Elizabeth II que par celle de Jean-Luc Godard.

« Paix à son âme, mais ce n’est pas quelqu’un que j’apprécie, que j’aime. C’est tout ce que j’ai à dire sur lui. Je n’ai pas aimé la façon dont il a traité le peuple juif et Israël », a-t-il conclu, l’accusant d’avoir « revu l’histoire ».

Ses propos ont été salués par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux. Sa prise de parole a aussi initié une discussion sur le sujet sur BFM TV.

Gérard Darmon était invité de « C à vous » pour la promotion de la pièce de théâtre « Une situation délicate », qu’il présentera au théâtre Edouard VII à partir du 27 septembre.

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