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Golan : Netanyahu est responsable du sang versé en Cisjordanie

Le parti Les Démocrates dit viser les ministères de l’Éducation et de la Justice, s’engage à empêcher les personnes faisant l’objet de poursuites pénales d’accéder à des fonctions officielles et promet de rejeter la refonte judiciaire

Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, prenant la parole lors d'un rassemblement électoral, sur la Place Rabin, à Tel Aviv, le 25 juillet 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, prenant la parole lors d'un rassemblement électoral, sur la Place Rabin, à Tel Aviv, le 25 juillet 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le parti de gauche « Les Démocrates » a lancé samedi sa campagne électorale sur la Place Rabin, à Tel Aviv, en s’engageant à empêcher les personnes faisant l’objet de poursuites pénales d’accéder à des fonctions officielles et en se fixant pour objectif de prendre le contrôle des ministères de l’Éducation et de la Justice au sein du prochain gouvernement.

Des militants ont par ailleurs organisé une manifestation anti-gouvernement dans un autre quartier de Tel Aviv, tandis que des manifestants d’extrême-gauche protestant contre « l’apartheid » en Cisjordanie ont bloqué une route, ce qui a conduit la police à arrêter neuf d’entre eux.

Le rassemblement de Kikar Rabin, devant la mairie de Tel Aviv, a réuni environ un millier de personnes, dont beaucoup portaient des tee-shirts bleus aux couleurs des Démocrates. Ils ont scandé « Démocratie », à l’instar des manifestations anti-gouvernement des trois dernières années, et ont également scandé « Démocrates ».

Le chef du parti, Yaïr Golan, a été présenté comme « le dirigeant aux pieds bien ancrés au sol mais au regard tourné vers l’horizon », qui a fondé le parti Les Démocrates en fusionnant les partis traditionnels de gauche israéliens, Avoda et Meretz, ainsi que divers groupes de protestation, dans une « union historique qui changera le visage du pays pour les générations à venir ».

Golan a déclaré que son parti « s’engageait dans la bataille la plus décisive de tous les temps pour l’avenir de l’État d’Israël ».

« À partir de ce soir, nous allons descendre sur le terrain, parler à chaque Israélien et récolter un million de voix », a-t-il déclaré sous les applaudissements.

Des personnes assistant à un rassemblement du parti Les Démocrates, sur la Place Rabin, à Tel Aviv, le 25 juillet 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Ce chiffre permettrait probablement au parti Les Démocrates de remporter près de 30 des 120 sièges de la Knesset, bien que les sondages prévoient généralement qu’il en obtiendra environ 10 lors des élections du 27 octobre.

Les intervenants ont également dénoncé la violence des résidents d’implantations et appelé au démantèlement des avant-postes illégaux en Cisjordanie.

Les Démocrates ont été vivement critiqués vendredi par des personnalités plus à gauche qu’eux, après que Golan et d’autres hauts responsables ont qualifié de « terrorisme palestinien » la fusillade meurtrière qui a opposé des habitants locaux à des résidents d’implantations ayant pénétré illégalement dans le village palestinien de Tell, situé dans la région de Naplouse. Deux Israéliens et quatre Palestiniens ont été tués lors de cet affrontement, suivi de dizaines d’incursions de résidents d’implantations dans des villages de toute la Cisjordanie, ainsi que d’une vaste opération de répression menée par l’armée israélienne.

Évoquant la fusillade en Cisjordanie, Golan a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Israel Katz, d’avoir délibérément transformé la Cisjordanie, « à la veille des élections, en une arène de violence qui met des vies humaines en danger ».

« Le sang de nos soldats qui a été versé, et qui, malheureusement, doit encore l’être, est sur leurs mains », a déclaré Golan, s’engageant à démanteler « les milices armées d’[Itamar] Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et les avant-postes de [Bezalel] Smotrich, ministre des Finances », afin que « notre chère armée revienne à sa mission suprême : protéger l’État d’Israël ».

« Nous mènerons une initiative politique, de sécurité et régionale qui rétablira le bon sens », a-t-il ajouté.

Golan s’est également engagé à abroger les lois relatives à la très controversée refonte du système judiciaire du gouvernement actuel, à former une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et à adopter une loi interdisant aux personnes faisant l’objet de poursuites pénales – telles que Netanyahu – de briguer le poste de Premier ministre.

La députée Naama Lazimi, qui s’est hissée à la deuxième place sur la liste électorale des Démocrates après avoir remporté les primaires du parti cette semaine, a déclaré qu’elle cherchait à remplacer le « commissaire Yoav Kisch » au poste de ministre de l’Éducation et à mettre fin à la « coercition religieuse, au nationalisme et au racisme » que les alliés ultra-conservateurs de Kisch ont introduits dans les programmes scolaires.

La députée Naama Lazimi s’exprimant lors d’un rassemblement du parti Les Démocrates, sur la Place Rabin, à Tel Aviv, le 25 juillet 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Le système scolaire abordera avec fierté les thèmes de l’égalité, de la démocratie, des droits de l’Homme et des droits civils, de la responsabilité mutuelle, de la coexistence et de la paix », a déclaré Lazimi, qui s’est également engagée à transmettre aux enfants les valeurs du « judaïsme humaniste ».

« Surtout après les événements d’hier, le système scolaire que nous mettrons en place condamnera le fascisme et le nationalisme messianique », a-t-elle ajouté.

« Nous ne laisserons pas nos enfants servir de gardes de sécurité privés aux hooligans des Jeunes des Collines qui se livrent à du terrorisme juif dans les avant-postes illégaux des territoires. »

À la fin du rassemblement, les partisans ont rejoint une manifestation hebdomadaire anti-gouvernement sur la Place Habima.

Lors de ce rassemblement, Gal Goren, dont les parents, Maya et Avner, ont été tués le 7-Octobre, a accusé le gouvernement de fomenter délibérément le chaos et la violence.

« Les morts inutiles dans le village de Tell illustrent mieux que tout le chaos délibéré : des vies d’Israéliens et de Palestiniens continuent d’être fauchées dans un jeu cruel dans lequel on nous maintient délibérément », a déclaré Goren.

« Cet État refuse d’écouter et d’assumer ses responsabilités. »

D’autres manifestations anti-gouvernement ont eu lieu dans tout le pays, notamment à Jérusalem, Haïfa, Beer Sheva et Zichron Yaakov.

Dans la capitale, les manifestants ont marché vers le quartier de la Knesset pour démanteler un campement réclamant des élections, érigé là en novembre 2023 par Yaakov Godo, dont le fils Tom a été tué le 7-Octobre. Des élections législatives ont désormais été convoquées pour le 27 octobre, soit la date limite légale pour qu’elles puissent encore avoir lieu.

Plus tard, lors d’une manifestation d’extrême-gauche dans la rue Kaplan, à Tel Aviv, contre les violences des résidents d’implantations et le régime militaire israélien en Cisjordanie, la police a arrêté neuf personnes après que certains manifestants ont bloqué la route et perturbé la circulation, selon un communiqué de la police et une vidéo publiée tant par les forces de l’ordre que par des militants présents sur place.

Les images montrent neuf jeunes debout sur la chaussée, en direction de l’est, à l’intersection avec la rue Da Vinci, en train de déployer une banderole ornée d’un grand X sur laquelle on peut lire, en hébreu : « Israël n’est pas une démocratie, c’est l’apartheid. »

Plus d’une dizaine de policiers et d’agents de la police des frontières se sont alors précipités sur les jeunes, qui sont tombés sur la chaussée et se sont agrippés à la banderole tandis que les agents la leur arrachaient, avant de les emmener de force. D’autres manifestants se sont approchés en scandant : « Monsieur l’agent, qui protégez-vous ? », puis ont été repoussés sur le trottoir.

La manifestation « s’est déroulée sans autorisation et n’avait pas été coordonnée avec la police », précise le communiqué.

Alors que de petites manifestations d’extrême-gauche ont fréquemment lieu sur une pelouse près de l’échangeur Kaplan-Da Vinci, celle de samedi ne figurait pas sur la liste des marches autorisées par la police.

Le parti communiste arabe Hadash et d’autres groupes avaient annoncé vendredi qu’ils organiseraient, samedi soir, à Haïfa et à l’échangeur de Kaplan, des « manifestations de rage » contre le « terrorisme des résidents d’implantations ».

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