Golan : Une ex-base syrienne déminée ouverte au public pour la première fois
Les curieux pourront visiter Ein Almin, voir des munitions et participer à une simulation de détection de mines : plus de 600 engins explosifs et armes anciennes ont été retirés de cette zone
Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Ein Almin, ex-poste militaire syrien situé sur le plateau du Golan, ouvrira pour la première fois ses portes aux curieux pour la fête de Souccot, à l’issue d’une opération de déminage et de destruction des munitions non explosées, a annoncé lundi le ministère de la Défense.
Abandonné par l’armée syrienne lors de la guerre des Six Jours, en 1967, le lieu était resté fermé des dizaines d’années durant pour des questions de sécurité. Sur près de 4.5 hectares, l’avant-poste rassemble tranchées, bunkers souterrains et 15 structures de surface utilisées en d’autres temps par les soldats syriens.
Avant l’ouverture au public, les autorités ont nettoyé la zone en retirant plus de 600 engins explosifs et autres armes – grenades, mortiers, lance-grenades et fusils. Les curieux pourront donc visiter le site, voir une exposition sur les munitions découvertes ces dernières années et participer à une simulation de détection de mines.
« En 13 ans d’activités, l’Autorité nationale israélienne de lutte contre les mines a déminé plus de 4 500 hectares entre Dan et Eilat, afin de permettre au grand public de se déplacer en toute sécurité en divers lieux touristiques, disposer de davantage de terres agricoles et permettre la construction de dizaines de milliers de bâtiments industriels et résidentiels », explique le chef de l’autorité, Shachar Beck.
« Nous invitons la population d’Israël à se joindre à nous à l’occasion de Souccot, à se familiariser avec le travail de déminage et profiter pour la première fois de ce lieu longtemps fermé au public », ajoute-t-il.
Il s’agit de l’un des nombreux avant-postes syriens du plateau du Golan qui ont été abandonnés par les Syriens après la conquête de la région par Israël, à l’occasion de la guerre des Six Jours. Certains ont été réutilisés par Tsahal alors que d’autres sont à l’abandon.
Le tourisme sur les hauteurs du Golan et en Galilée a été mis à l’arrêt par l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, suivie dès le lendemain de tirs de roquette presque quotidiens de la part du groupe terroriste du Hezbollah.
Ces attaques incessantes ont culminé avec une offensive terrestre israélienne au Liban, en octobre dernier, destinée à saboter les positions et capacités du Hezbollah, et qui s’est terminée un mois plus tard par un accord de cessez-le-feu.
Seules les villes israéliennes les plus proches de la frontière ont été évacuées pendant ce conflit, ce qui n’a pas empêché le tourisme dans le Golan d’être mis à l’arrêt pendant plus d’un an. Les quelques maisons d’hôtes restées ouvertes ont surtout accueilli des soldats et membres des forces de sécurité et certains hôtels situés à proximité de la mer de Galilée ont accueilli des populations évacuées des communautés frontalières du nord.
Depuis l’accord de cessez-le-feu et la chute du régime de Bachar el-Assad, en décembre dernier, qui a conduit à un réchauffement prudent des relations entre la Syrie et Israël, riverains et touristes sont revenus.
Jessica Steinberg a contribué à cet article.







