Gouvernement au Liban : « plus on tarde, plus le bateau coule » – Le Drian
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Gouvernement au Liban : « plus on tarde, plus le bateau coule » – Le Drian

"La population libanaise ne peut pas être victime des incuries et des impérities de ses dirigeants", a fustigé le chef de la diplomatie

Jean-Yves Le Drian lors d'une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019. (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE MAHE)
Jean-Yves Le Drian lors d'une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019. (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE MAHE)

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian a demandé mercredi au Liban de se doter rapidement d’un nouveau gouvernement, à la veille de consultations parlementaires organisées pour désigner un Premier ministre dans un pays en proie à une grave crise politique.

« Plus on tarde, plus le bateau coule. Il n’y a plus beaucoup de temps pour réagir. Si le Liban ne mène pas les réformes qu’il convient de mener, alors c’est le pays lui-même qui risque la dislocation », a averti le ministre devant la Commission des Affaires étrangères du Sénat.

« La population libanaise ne peut pas être victime des incuries et des impérities de ses dirigeants », a ajouté le ministre.

Saad Hariri, qui a été trois fois Premier ministre, est donné comme favori pour ce poste, alors que le parti du président Michel Aoun, le Courant patriotique libre, proche du mouvement terroriste chiite du Hezbollah s’oppose à sa nomination.

« Les vieilles tendances, les répartitions par clans, par confession ont repris le dessus alors que l’urgence est au-delà », a déploré M. Le Drian.

Au Liban, où le président doit être chrétien maronite, le Premier ministre musulman sunnite et le chef du Parlement musulman chiite, les dirigeants sont abonnés aux marchandages interminables pour former un gouvernement, selon un système imposant un équilibre entre les différentes communautés.

Il y a un an, M. Hariri et son gouvernement ont démissionné sous la pression d’un soulèvement populaire inédit, déclenché le 17 octobre 2019 pour dénoncer l’ensemble de la classe politique accusée de corruption et d’incompétence.

Le Liban est englué dans une crise économique sans précédent amplifiée par le coronavirus et par l’énorme explosion du 4 août au port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés et a ravagé des quartiers entiers de la capitale.

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