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Graffitis antisémites dans le village espagnol autrefois appelé ‘Camp Tue les Juifs’

Selon le maire du petit village, des néonazis auraient écrit "Auschwitz" sur un panneau d'affichage après avoir appris qu'une famille juive comptait s'installer dans le village

Un panneau à Castrillo Mota de Judíos, en Espagne, a été retrouvé vandalisé avec des graffitis antisémites, le 3 août 2022. (Crédit : Autorisation Lorenzo Rodriguez/JTA)
Un panneau à Castrillo Mota de Judíos, en Espagne, a été retrouvé vandalisé avec des graffitis antisémites, le 3 août 2022. (Crédit : Autorisation Lorenzo Rodriguez/JTA)

JTA – Un village minuscule du nord de l’Espagne qui, de 1627 à 2015, s’appelait Castrillo Motajudíos, qui signifie littéralement « Camp Tuez les Juifs » a été vandalisé mercredi au moyen de graffitis antisémites.

Le maire de la ville a déclaré que selon lui, les auteurs de ces actes de vandalisme seraient des groupes néo-nazis qui auraient agi après avoir entendu dire qu’une famille juive revenait s’installer dans la communauté.

Comme l’indique le quotidien El País, cette famille rejoindra bientôt une autre famille juive qui s’est installée dans le village au début de l’année – la première à le faire depuis l’époque médiévale.

Initialement nommée Castrillo Motajudíos, ou Camp de la Colline des Juifs, en 1035 après l’arrivée de Juifs fuyant un pogrom dans une ville voisine, la ville avait été rebaptisée Castrillo Matajudíos – Camp Tue les Juifs – en 1627, pendant l’Inquisition, une période de persécution religieuse extrême.

La ville s’appelle aujourd’hui Castrillo Mota de Judíos.

Des vandales ont tagué le mot Auschwitz sur l’un des panneaux du village portant son nom actuel restauré. Ils ont également écrit le nom de Camp Tuez les Juifs sur un panneau qui mène à la ville. Plusieurs conteneurs à ordures dans le village ont été incendiés.

Des fonctionnaires regardent un employé qui installe un panneau routier indiquant le nouveau nom du village espagnol « Castrillo Mota de Judios », qui signifie « Camp de la colline des Juifs », à l’entrée de Castrillo Mota de Judios, près de Burgos, le 23 octobre 2015. (Crédit : Cesar Manso/AFP)

Le maire Lorenzo Rodríguez a déclaré au site elDiario.es que selon lui, des groupes néo-nazis ou autres groupes antisémites de Madrid, Valence ou Santander sont à l’origine de ces actes de vandalisme, et qu’ils auraient agi après avoir appris qu’une famille juive comptait s’installer dans cette ville qui compte une cinquantaine d’habitants.

La Fédération des communautés juives d’Espagne a condamné cet acte de vandalisme dans un communiqué de presse.

« La Fédération demande aux autorités compétentes de renforcer les mesures préventives pour éviter ces incidents et d’identifier les personnes impliquées dans les attaques récurrentes contre le village de Castrillo Mota de Judíos », peut-on lire dans le communiqué. « Nous exprimons notre solidarité avec la population de Castrillo et son maire, M. Lorenzo Rodriguez ».

Rodríguez a initié un référendum qui a conduit au changement de nom de la ville en 2015, et il a continué à travailler à la restauration du passé juif de la ville.

Son projet le plus récent est la construction du Centre de la mémoire juive de Castille-et-León le long du Camino de Santiago, un chemin de pèlerinage entrepris chaque année par des centaines de milliers de chrétiens. Il devait ouvrir cet été mais est toujours en construction.

Ce n’est pas la première fois que la ville est la cible de graffitis antisémites, qui sont récurrents depuis le changement de nom en 2015.

En décembre dernier, plusieurs sites à travers le village avaient été défigurés, notamment l’entrée de la mairie, le panneau de signalisation sur la route entrant dans le village, l’emplacement prévu pour le futur centre culturel et le panneau commémorant le jumelage de la ville avec la ville israélienne de Kfar Vradim. Tomás de Torquemada, le premier chef de l’Inquisition, est glorifié dans l’un des graffitis.

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