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Grèce : les dirigeants de l’ex-parti néonazi Aube dorée reconnus coupables en appel

L'ex-fondateur et chef d'Aube dorée Nikos Michaloliakos, un ex-député européen de cette formation, Yiannis Lagos, ainsi qu'à 5 autres anciens dirigeants de ce parti aujourd'hui disparu

Nikos Michaloliakos, président du parti grec d'extrême-droite Aube dorée, à Athènes, le 3 février 2018. (Crédit : Yorgos Karahalis/AP)
Nikos Michaloliakos, président du parti grec d'extrême-droite Aube dorée, à Athènes, le 3 février 2018. (Crédit : Yorgos Karahalis/AP)

Les dirigeants de l’ex-parti néonazi grec Aube dorée ont été reconnus coupables mercredi d’ « appartenance et de direction d’une organisation criminelle » par une cour d’appel d’Athènes qui les jugeait notamment pour le meurtre d’un rappeur en 2013.

La présidente de la Cour, Fotini Athanassiou, doit ultérieurement annoncer les peines de prison infligées à l’ancien fondateur et chef d’Aube dorée Nikos Michaloliakos, à un ancien député européen de cette formation, Yiannis Lagos, ainsi qu’à cinq autres anciens dirigeants de ce parti aujourd’hui disparu de la scène politique grecque.

Ils risquent des peines allant jusqu’à 15 ans de prison dans ce procès fleuve en deuxième instance, qui a débuté en juin 2022 devant une Cour d’Athènes.

Parmi les crimes imputés à cette formation, qui était représentée au parlement grec au plus fort de la crise financière, figurent le passage à tabac de pêcheurs égyptiens en 2012 et le meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas en 2013.

Son auteur, Giorgos Roupakias a été reconnu coupable d’assassinat en deuxième instance.

Quarante-deux cadres d’Aube dorée au total étaient jugés en appel depuis 2022, un procès fleuve à l’issue d’un procès en première instance de cinq ans.

Sur cette photo datée du 21 juin 2011, le rappeur grec anti-fasciste Pavlos Fyssas se produit sur scène. (Crédit : AP/John D. Carnessiotis)

Mercredi quelque 200 personnes se sont rassemblées devant le tribunal en soutien aux proches de Pavlos Fyssas dont l’assassinat avait provoqué une onde de choc dans une Grèce en pleine crise financière.

En première instance, les principaux dirigeants d’Aube dorée, dont M. Michaloliakos, avaient été condamnés en 2020 à treize ans et demi de prison pour meurtre, agressions et possession illégale d’armes.

Dans ce verdict historique, Aube dorée avait déjà été reconnue comme une « organisation criminelle » par les juges.

Les cadres d’Aube dorée ont toujours nié toute implication dans ces attaques menées, selon eux, par des « escouades d’assaut » du groupe.

Mais la procureure Kyriaki Stefanatou avait assuré que Nikos Michaloliakos exerçait « un contrôle total et avait pleinement connaissance de ce qui se passait » au sein de la formation et notamment de ses actions violentes.

Elle avait qualifié la formation de « véritable enfant de l’idéologie nazie ».

Nikos Michaloliakos, un mathématicien négationniste de 68 ans, avait bénéficié l’an dernier d’une libération conditionnelle pour raison de santé.

Salut hitlérien

Parmi les principaux responsables d’Aube dorée toujours derrière les barreaux figure l’ancien député européen Yiannis Lagos, extradé de Belgique en 2021 pour purger une peine de treize ans et huit mois.

Nikolaos Michaloliakos (debout), le leader du parti néonazi grec Aube dorée pendant son procès, en 2014. (Crédit : AFP/Louisa Gouliamaki)

L’avocat de M. Lagos est un théoricien d’extrême droite, Constantinos Plevris, père de l’actuel ministre des Migrations, Thanos Plevris.

En 2022, cet avocat avait fait le salut hitlérien au tribunal, en présence de la mère du rapeur tué. Il a depuis été radié du barreau d’Athènes.

L’ancien porte-parole du parti, Ilias Kasidiaris, violent et nostalgique du Troisième Reich, purge une peine de treize ans et six mois prononcée en première instance.

L’organisation xénophobe et antisémite créée par M. Michaloliakos est restée pendant des décennies un parti marginal, jusqu’à la crise financière à partir de 2010.

Dans ses premières années, Aube dorée glorifiait Adolf Hitler dans ses publications partisanes avant de modérer quelque peu sa rhétorique, se revendiquant comme un parti nationaliste.

Le groupe avait tiré profit du mécontentement populaire face aux mesures d’austérité et fait son entrée au Parlement pour la première fois en 2012. Il y est resté jusqu’en 2019.

À l’apogée de son influence, il était le troisième plus grand parti, avec 18 députés, et recevait un soutien important parmi les policiers et certains hauts responsables de l’Eglise.

M. Michaloliakos a accusé les partis traditionnels d’avoir conduit le pays à la faillite, déclarant à ses partisans en 2012 : « Ces mains se lèvent parfois (pour faire le salut nazi), mais ce sont des mains propres. Elles n’ont pas volé ».

Lors du procès en première instance, les procureurs avaient affirmé que M. Michaloliakos dirigeait son parti selon une hiérarchie de type militaire, calquée sur celle du parti national-socialiste d’Hitler.

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