Grèce: une Afghane morte carbonisée lors d’un incendie dans un camp à Lesbos
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Grèce: une Afghane morte carbonisée lors d’un incendie dans un camp à Lesbos

Plus de 37 000 personnes s'entassent dans les camps insalubres à Lesbos et à quatre autres îles de la mer Egée, alors que leur capacité n'est que pour environ 6 300 personnes

Des enfants derrière une clôture, dans le camp pour migrants de Moria, transformé par la police en centre de détention, à Mytilene, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 avril 2016. (Crédit : Aris Messinis/AFP)
Des enfants derrière une clôture, dans le camp pour migrants de Moria, transformé par la police en centre de détention, à Mytilene, sur l'île de Lesbos, en Grèce, le 3 avril 2016. (Crédit : Aris Messinis/AFP)

Une Afghane, âgée de 27 ans et mère de trois enfants, a été découverte morte carbonisée lors d’un incendie éclaté dans un conteneur où elle vivait dans le camp municipal sur l’île grecque de Lesbos, a-t-on appris jeudi auprès d’une source policière.

Cet accident mortel a eu lieu quelques heures avant la visite à Athènes des commissaires européens en charge des migrations Ylva Johansson et Margaritis Schinas, qui se sont entretenus avec le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.

« La situation est très urgente et il faut trouver une solution », a souligné Ylva Johansson, citée par l’Agence de presse grecque, Ana, à l’issue des entretiens.

L’incendie mortel a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi « environ à 02H00 locales (00H00 GMT) », selon la police qui a ouvert une enquête pour établir les causes de cet accident survenu dans le camp de Karatepe, situé près du port de Mytilène, chef-lieu de l’île de Lesbos.

Le mari de la victime a réussi à faire sortir les trois enfants du conteneur avant de s’évanouir en tentant de sauver sa femme qui se trouvait dans le conteneur, a rapporté la chaîne de télévision publique Ert.

Selon cette télé, l’incendie serait dû à l’explosion d’une bouteille de gaz utilisée par la famille pour se réchauffer.

Le camp de Karatepe abrite près de 1 324 personnes, surtout des familles vulnérables, transférées souvent du grand camp sordide de Moria, à une dizaine kilomètres du port de l’île, selon des ONG.

La Grèce est redevenue en 2019 la principale porte d’entrée des demandeurs d’asile venant de la Turquie voisine à destination de l’Europe.

Plus de 37 000 personnes s’entassent actuellement dans les camps insalubres à Lesbos et à quatre autres îles de la mer Egée, alors que leur capacité n’est que pour environ 6 300 personnes.

Athènes, qui a durci ces derniers mois la procédure d’octroi d’asile, a promis de transférer prochainement dans des camps du continent 20 000 personnes vivant sur les îles.

Le pays ne cesse de réclamer le partage du fardeau migratoire avec les autres pays membres de l’UE et souhaite un nouveau plan européen visant à faciliter le renvoi en Turquie des migrants qui n’ont pas droit à l’asile.

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