Greenblatt condamne les menaces du Fatah avant le sommet du Bahreïn
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Greenblatt condamne les menaces du Fatah avant le sommet du Bahreïn

Le chef du mouvement de jeunes Shabiba du Fatah a averti que ses membres sont aujourd'hui "encore capables de brûler le sol sous les pieds des tyrans"

Jason Greenblatt, envoyé de l'administration Trump, prend la parole à la conférence de l'INSS, le 30 janvier 2018 (Capture d'écran INSS).
Jason Greenblatt, envoyé de l'administration Trump, prend la parole à la conférence de l'INSS, le 30 janvier 2018 (Capture d'écran INSS).

L’envoyé spécial américain Jason Greenblatt a condamné lundi un groupe de jeunes de la faction palestinienne du Fatah qui a menacé de commettre des attentats terroristes lors de l’ouverture de la conférence sur la paix économique organisée par les Etats-Unis au Bahreïn, mardi.

« Au moment même où le gouvernement américain oeuvre à améliorer les vies des Palestiniens par le biais d’une vision excitante pour l’avenir, le Fatah menace d’une intifada, d’attaques et ‘de brûler le sol sous les pieds des tyrans’. Quelle tristesse pour ces Palestiniens qui ne soutiennent pas cette laideur », a-t-il écrit sur Twitter.

Il a cité le secrétaire-général du mouvement Shabiba au Fatah, qui a averti que « Shabiba… est prêt à toute éventualité, et ses membres qui ont lancé la première intifada et l’intifada Al-Aqsa sont encore capables de brûler le sol sous les pieds des tyrans’, » selon une traduction transmise par l’ONG Palestinian Media Watch.

Des centaines de Palestiniens ont manifesté lundi contre une conférence économique prévue à Bahreïn sous l’égide des Etats-Unis pour mobiliser des milliards de dollars en faveur des Palestiniens, qui n’en veulent pas en l’absence d’un règlement politique du conflit avec Israël.

En Cisjordanie, des manifestations se sont déroulées à Ramallah, Naplouse et Hébron, ont rapporté des journalistes de l’AFP, faisant état d’affrontements limités.

Près de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie, des manifestants se sont assis autour d’un cercueil avec les mots « non à l’accord du siècle », une expression péjorative désignant les propositions de paix de Donald Trump.

Les manifestants ont également brûlé des portraits du président américain et du roi de Bahreïn, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des soldats israéliens ont dispersé les manifestants à Hébron avec du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc, qui n’ont pas fait de blessé.

Dans la bande de Gaza, territoire palestinien soumis à un blocus israélien depuis plus de 10 ans, quelques dizaines de manifestants ont également scandé des slogans contre le président Trump, selon un journaliste de l’AFP.

Les principales factions palestiniennes ont appelé à de nouvelles manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza mardi.

L’administration américaine affirme essayer une nouvelle approche pour mettre fin au conflit israélo-palestinien, avec un plan qui pourrait être divulgué en novembre, après les élections législatives en Israël.

La rencontre de Bahreïn est le volet économique de ce plan. L’administration américaine ambitionne de mobiliser plus de 50 milliards de dollars pour les Palestiniens pour de grands projets d’infrastructures, pour l’éducation, le tourisme et le commerce.

Les ministres des Finances de pays arabes du Golfe, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde figurent parmi les invités.

L’Autorité palestinienne (AP) boycotte la rencontre, le Premier ministre Mohammad Chtayyeh critiquant l’absence de toute mention faite à la fin de l’occupation israélienne. Cet atelier économique n’a pas de sens », a-t-il déclaré lundi lors d’une réunion du gouvernement. « Ce qu’Israël et les Etats-Unis essaient maintenant de faire, c’est simplement de normaliser leurs relations avec les Arabes aux dépens des Palestiniens ».

« Nous avons besoin de (soutien) économique, d’argent et d’aide, mais avant tout, il faut une solution politique », a aussi souligné le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. « Nous ne pouvons accepter que l’Amérique transforme cette cause qui est politique en une cause économique ».

Israël, qui sera présent à Bahreïn, a critiqué les dirigeants palestiniens. « Je ne comprends pas comment les Palestiniens ont rejeté le plan avant même d’avoir pris connaissance de ce qu’il contenait », a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une rencontre avec les journalistes dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 23 juin 2019 (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

« Quel est le problème pour les Palestiniens de capituler ? », se demande l’ambassadeur israélien à l’ONU dans une tribune publiée lundi par le New York Times, à la veille d’une conférence sur la paix et le développement palestinien co-organisée par les Etats-Unis à Bahreïn.

« Capituler c’est reconnaître que, dans une lutte, continuer se révèlera plus coûteux que se rendre », assure Danny Danon en dénonçant la « position absurde » adoptée par Saëb Erekat, le secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Les Etats-Unis n’ont pas anéanti les peuples allemand et japonais après leur capitulation de la Deuxième guerre mondiale, mais au contraire les ont aidés » à devenir des « superpuissances économiques mondiales », note M. Danon.

Quant à l’Egypte, défaite dans les guerres contre Israël de 1948 et 1973, elle a selon le diplomate israélien « renoncé à l’idée qu’elle pouvait balayer Israël de la région » et est devenue, après la signature du traité de paix israélo-égyptien de 1979, une « bénéficiaire privilégiée de l’aide étrangère et militaire américaine ».

« M. Erekat prend la position inverse : négocier avec Israël est plus coûteux pour le peuple palestinien que les mesures politiques et économiques mises en oeuvre actuellement par l’Autorité palestinienne », souligne l’ambassadeur d’Israël à l’ONU.

Danny Danon décrit une représentation politique palestinienne « scindée, peut-être de façon irrémédiable » entre « l’organisation terroriste » Hamas à Gaza et, en Cisjordanie, une Autorité palestinienne selon lui « tellement corrompue » qu’elle aurait perdu la confiance de 90 % des habitants.

« Le chômage touche plus de 30 % des Palestiniens, dont plus de 50 % à Gaza », poursuit M. Danon, avant de conclure : « Etant donnée la situation dramatique, il est évident que le peuple palestinien a besoin d’une autre voie ».

Mais, regrette le diplomate, « M. Erekat et la direction palestinienne gardent le même cap et refusent le terme de ‘capitulation’. En agissant de la sorte, ils révèlent la vérité gênante sur l’identité nationale palestinienne : elle est motivée non pas par l’édification d’une vie meilleure pour sa population mais par la destruction d’Israël ».

L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon s’adressant à l’Assemblée générale. (Crédit : Photo de l’ONU / Manuel Elias)
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