Grève de la faim des prisonniers du Hamas contre le brouillage des téléphones
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Grève de la faim des prisonniers du Hamas contre le brouillage des téléphones

Des détenus auraient tenté de lancer 14 attentats terroristes avec des téléphones de contrebande ; Erdan : "Cela ne me dérange pas que les terroristes meurent en grève de la faim"

Détenus sécuritaires palestiniens dans la prison d'Ofer au nord de Jérusalem, le 20 août 2008. (Moshe Shai/Flash90)
Détenus sécuritaires palestiniens dans la prison d'Ofer au nord de Jérusalem, le 20 août 2008. (Moshe Shai/Flash90)

Les prisonniers du Hamas dans les prisons israéliennes ont lancé une grève de la faim dimanche matin pour protester contre l’installation de brouilleurs de téléphones portables dans certaines prisons, qui rend impossible l’utilisation de téléphones portables clandestins.

Les meneurs de la grève ont menacé d’aggraver la situation en refusant l’eau si leurs demandes pour de meilleures conditions d’incarcération et l’élimination des systèmes de brouillage de signaux ne sont pas satisfaites dans les sept jours.

Les grévistes sont menés par quelques-uns des terroristes les plus notoires qu’Israël ait jamais mis derrière les barreaux, selon un reportage de la Treizième chaîne.

Il s’agit notamment d’Arman Mahamed, qui purge 36 peines d’emprisonnement à perpétuité pour l’attentat-suicide à la bombe commis le 9 mars 2002 dans le centre de Jérusalem, qui a fait 11 morts et 54 blessés ; Hassan Salame, qui purge 84 peines d’emprisonnement à perpétuité pour son attentat dans le bus 18 de Jérusalem en 1996 et Muammar Abu Sheikh, qui purge 29 peines de réclusion criminelle à perpétuité pour son rôle dans l’attentat à la bombe perpétré contre l’hôtel Park à Netanya le soir de Pessah, le 27 mars 2002, qui a fait 30 morts et 140 blessés.

La grève intervient un jour après que le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, qui supervise le système pénitentiaire, a nié l’aggravation des conditions de vie des prisonniers ces derniers mois, mais a défendu la politique de brouillage.

S’exprimant lors d’une manifestation culturelle à Kfar Saba, il a déclaré que c’était « une chose folle que des terroristes en prison puissent être en contact avec des groupes terroristes ».

Gilad Erdan, ministre de la Sécurité publique, prend la parole à la conférence Besheva à Jérusalem, le 11 février 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Un fonctionnaire de l’administration pénitentiaire israélienne a déclaré au cours du week-end que 14 incidents distincts d’appels téléphoniques illicites destinés à déclencher des attentats terroristes ont été identifiés ces derniers mois.

M. Erdan a déclaré que les prisonniers cherchaient à utiliser la menace d’une hospitalisation de masse pour obtenir des concessions.

Il a refusé toute négociation avec eux et a déclaré qu’il n’avait pas l’intention de « céder » à leurs exigences.

« C’est la pression qu’ils essaient d’exercer. Croyez-moi, des terroristes qui meurent des suites d’une grève de la faim est la dernière chose qui me dérange », a-t-il dit.

M. Erdan a ajouté qu’Israël enverrait du personnel médical supplémentaire dans les prisons avant la grève pour éviter d’avoir à les hospitaliser.

« Nous espérons qu’ils cesseront avant cela », a-t-il ajouté.

Des bougies commémoratives ornent le mur latéral du Café Moment à Jérusalem peu après un attentat-suicide à la bombe perpétré sur les lieux le 9 mars 2002, faisant 11 morts et 54 blessés. (Wikipedia/Orrling/CC BY-SA)

Dimanche, l’administration pénitentiaire israélienne a déclaré qu’elle réagirait « avec force et détermination » pour s’assurer que la grève n’atteigne pas son objectif de supprimer les systèmes de brouillage.

« Nous estimons que [la grève] se déroulera par étapes », a déclaré un responsable de l’administration pénitentiaire. « Chaque fois un groupe différent de prisonniers se joindra à la grève, remplaçant le groupe qui l’a précédée. Nous savons comment maîtriser toute action des prisonniers de sécurité, et nous avons les équipes médicales qui peuvent fournir des solutions si nécessaire. »

Le fonctionnaire a ajouté : « Nous utiliserons des mesures qui ont fait leurs preuves, telles que la punition immédiate des meneurs de la contestation et des prisonniers qui y participent. Nous allons renforcer nos forces [dans les prisons] pour éviter l’escalade. »

Des représentants des prisonniers ont déclaré ces derniers jours que les autorités israéliennes avaient accepté des concessions afin d’éviter la grève de la faim. Les responsables israéliens ont nié avec véhémence que de telles concessions aient été faites.

Il est à craindre qu’une grève de la faim de masse n’accroisse les tensions militaires avec le groupe terroriste du Hamas le long de la frontière de Gaza, à un moment où les médiateurs égyptiens cherchent à obtenir un cessez-le-feu à long terme entre les parties.

Des prisonniers palestiniens dans leur cellule avant leur libération de la prison de Ketziot, dans le sud d’Israël, le 1er octobre 2007. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Un représentant des détenus a déclaré la semaine dernière que les téléphones cellulaires introduits en contrebande ne seraient pas utilisés à des fins terroristes, mais pour permettre aux détenus de parler avec leur famille, et a demandé instamment l’installation de téléphones publics dans les locaux.

« Peu importe si les téléphones publics sont sous surveillance, car nous ne voulons parler qu’à nos familles. S’il y a une cabine téléphonique, on n’aura pas besoin de passer des portables en contrebande. »

Les prisonniers exigeraient également des visites de leur famille de Gaza et plus de postes de télévision dans les cellules.

Le représentant a déclaré au quotidien Haaretz que les autorités israéliennes avaient accepté de poursuivre les discussions après les élections de cette semaine.

Le bureau d’Erdan a nié catégoriquement que les prisonniers avaient bénéficié de mesures pour les dissuader de faire grève.

Un autobus devant la prison de Ketziot, le 3 août 2009. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

La contestation sur les conditions d’incarcération a récemment déclenché des violences.

A deux reprises le mois dernier, des prisonniers du Hamas ont violemment attaqué des gardes à la prison de Ketziot, l’un d’eux ayant été grièvement blessé à la nuque par un coup de couteau. Selon des informations parues dans les médias en hébreu, lors de la deuxième attaque, les détenus ont utilisé des tiges pour poignarder les gardiens pendant que les prisonniers étaient déplacés d’une cellule à l’autre, provoquant une émeute dans la prison.

Le Club des prisonniers palestiniens a déclaré que les émeutes à Ketziot provoquées par la répression ont blessé plus de 120 détenus palestiniens depuis février. Selon le groupe, les responsables de l’administration pénitentiaire israélienne ont complètement isolé plusieurs prisonniers impliqués dans l’émeute dans des « conditions très difficiles », les privant de leurs effets personnels, de leurs droits de visite familiale et de leurs contacts avec les autres détenus.

L’IPS a déclaré que 11 prisonniers ont été blessés et hospitalisés après que les forces de sécurité ont réprimé une émeute du 3 mars. Sept des prisonniers ont été transportés à l’hôpital par l’armée israélienne, a rapporté le quotidien Haaretz à l’époque.

Lundi, l’envoyé des Nations unies dans la région, Nickolay Mladenov, aurait discuté de la question des prisonniers palestiniens lors d’entretiens avec le chef du Hamas Ismail Haniyeh dans la bande de Gaza.

Des soldats israéliens évacuent un garde blessé de l’Administration pénitentiaire israélienne vers l’hôpital Soroka de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le 24 mars 2019. Deux gardiens de prison ont été poignardés par des prisonniers du Hamas à la prison de Ketziot. (Meir Even Haim/Flash90) )

La Treizième chaîne israélienne a cité une source palestinienne qui a déclaré que Haniyeh avait averti Mladenov que la récente montée de la violence parmi les prisonniers pourrait aggraver les tensions avec Israël.

Des responsables du Hamas auraient demandé à Mladenov d’intervenir et déclaré que les détenus étaient prêts à prendre des mesures non spécifiées si les « attaques » israéliennes contre eux se poursuivaient.

Erdan a qualifié la violence récente de « très grave » et a déclaré qu’elle « prouve une fois de plus que l’administration pénitentiaire est en première ligne dans la guerre contre le terrorisme ».

Il a promis de continuer à brouiller les téléphones cellulaires dans les prisons, affirmant qu’il s’agissait d’une étape importante dans les tentatives visant à empêcher que « des attaques terroristes soient dirigées de l’intérieur de la prison contre des civils israéliens ».

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