Grossi : « Pas d’indication » d’installations iraniennes touchées, pour l’AIEA
L'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Reza Najafi, a pourtant fait état d'une attaque contre le site nucléaire de Natanz

Lundi, le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a indiqué qu’il n’y avait « pas d’indication » que des installations nucléaires iraniennes aient été touchées dans les attaques israélo-américaines contre l’Iran.
L’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Reza Najafi, a fait lui état d’une attaque contre le site nucléaire de Natanz.
Lors de l’ouverture d’une réunion extraordinaire de l’AIEA consacrée à l’Iran, Grossi a renouvelé sa « demande à toutes les parties d’observer le maximum de retenue pour éviter une escalade supplémentaire ».
« S’agissant de l’état des installations nucléaires en Iran, à ce stade, nous n’avons pas d’indication qu’une quelconque installation nucléaire, y compris la centrale nucléaire de Bouchehr, le réacteur de recherche nucléaire de Téhéran ou d’autres installations du cycle de combustible nucléaire, ait été endommagée ou frappée », a-t-il déclaré.
« Les efforts pour contacter les autorités de régulation nucléaire iraniennes se poursuivent, sans réponse à ce stade », a-t-il ajouté, en espérant que « ce canal de communication indispensable puisse être rétabli le plus tôt possible ».
De son côté, Najafi a affirmé que le site de Natanz avait été attaqué.
« Le chef de l’Organisation de l’énergie atomique en Iran a adressé hier [dimanche, ndlr] un message au directeur général de l’AIEA pour l’informer que l’installation nucléaire de Natanz, qui fait l’objet de mesures de sauvegarde, a été attaquée lors de cette agression », a déclaré Najafi à l’AFP.
Le site de Natanz est une usine d’enrichissement d’uranium qui a déjà été la cible d’une attaque israélienne en juin 2025.
L’AIEA tient une réunion extraordinaire à son siège de Vienne, à l’initiative de la Russie, allié de Téhéran, qui en a fait la demande dès samedi, à la suite d’une requête similaire de l’Iran.
Cette réunion extraordinaire précède une réunion ordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, qui représente 35 pays.
Grossi a souligné que « l’Iran et de nombreux autres pays de la région, qui sont la cible d’attaques militaires, possèdent des centrales nucléaires et des réacteurs de recherche nucléaire opérationnels, ainsi que des sites de stockage de combustible associés, ce qui accroît la menace pour la sécurité nucléaire ».
Le responsable « insiste sur le fait que la situation actuelle est très préoccupante ».
Selon lui, « on ne peut exclure une possible fuite radiologique aux conséquences graves, incluant la nécessité d’évacuer des zones aussi grandes, voire plus grandes, que celles de villes importantes ».
Dans son communiqué, Grossi mentionne également le fait que, outre l’Iran, les Émirats arabes unis possèdent quatre réacteurs nucléaires civils, et que la Jordanie et la Syrie disposent de réacteurs de recherche nucléaire.
Washington et Tel Aviv justifient en partie leur attaque contre l’Iran depuis samedi comme un moyen d’empêcher Téhéran de se doter de l’arme atomique.
Téhéran dément toutefois avoir l’intention de se doter de l’arme atomique et affirme que son programme nucléaire a un seul objectif civil, même s’il a atteint un taux d’enrichissement de 60 %, largement supérieur à ce qui est nécessaire pour un usage civil.







