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Guterres : Gare aux « provocations » et à l’expansion des implantations de Jérusalem

Le secrétaire général de l'ONU a critiqué les « mesures unilatérales » et menaces au statu quo dans les lieux saints. L’envoyé palestinien a demandé des mesures contre Israël

Luke Tress est le vidéojournaliste et spécialiste des technologies du Times of Israël

Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres lors d'une conférence de presse après la 36e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA) au siège de l'organisation à Addis Ababa, le 18 février 2023. (Crédit : Amanuel Sileshi / AFP)
Le secrétaire-général des Nations unies Antonio Guterres lors d'une conférence de presse après la 36e session ordinaire de l'Assemblée de l'Union africaine (UA) au siège de l'organisation à Addis Ababa, le 18 février 2023. (Crédit : Amanuel Sileshi / AFP)

NEW YORK – À l’occasion d’un événement pro-palestinien au siège des Nations Unies à New York, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a mis en garde mercredi contre les « provocations », dans les lieux saints de Jérusalem, et le regain de violence en Cisjordanie.

Lors d’une réunion périodique de la commission pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, qui s’est tenue au moment-même où les tensions montent entre Israël et les Palestiniens, António Guterres a également dénoncé les implantations et appelé à davantage de soutien aux Palestiniens.

Les tensions sont montées d’un cran en Cisjordanie, ces douze derniers mois, suite à plusieurs attentats palestiniens particulièrement meurtriers en 2022.

Les opérations de Tsahal contre les groupes terroristes ont conduit à des centaines d’arrestations et des dizaines de morts, principalement des membres de groupes terroristes palestiniens.

Dix Palestiniens ont été tués, ce mercredi, dans une opération de l’armée israélienne contre des terroristes à Naplouse, que Guterres a qualifiée de « profondément préoccupante ».

Le gouvernement israélien, composé du Likud, de partis religieux et de partis d’extrême-droite, s’est engagé à développer les implantations et adopter une approche plus dure contre les Palestiniens.

La présence du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, au mont du Temple, le mois dernier, a provoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.

« Cela faisait des années que la situation dans les territoires palestiniens occupés n’avaient pas été aussi dégradée », a déclaré António Guterres mercredi.

« La situation à Jérusalem/Al-Qods est chaque jour plus fragile, du fait des provocations et des violences, dans et autour des Lieux Saints. L’instabilité se communique aux environs et même au-delà. »

« La position de l’ONU est claire : le statut de Jérusalem ne saurait être modifié par des actions unilatérales. Le caractère démographique et historique de Jérusalem doit être préservé, et le statu quo dans les Lieux saints doit être maintenu, conformément au rôle spécial du Royaume hachémite de Jordanie », a déclaré António Guterres.

La Jordanie se considère comme la gardienne des lieux saints de Jérusalem, en vertu d’un accord conclu avec Israël à l’issue de la guerre des Six Jours, en 1967.

Israël a assuré à plusieurs reprises que la présence provocatrice de Ben Gvir sur le Mont du Temple n’était pas constitutive d’une violation du statu quo, qui permet aux Juifs de se rendre sur place, à condition de ne pas y prier.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, visitant le mont du Temple, le 3 janvier 2023. (Crédit : Minelet Har Habayit)

Berceau des deux temples bibliques, le mont du Temple est le site le plus sacré pour les Juifs, et la mosquée Al-Aqsa qui y est située est le troisième sanctuaire le plus important de l’islam, ce qui fait de cet endroit une des poudrières du conflit israélo-palestinien.

Israël serait, dit-on, prêt à interdire aux Juifs de se rendre sur le mont du Temple lors des 10 derniers jours du prochain Ramadan, en dépit du discours belliqueux de certains membres du gouvernement.

António Guterres a également eu des mots durs pour les implantations dans son discours.

Les députés d’extrême droite du gouvernement, Ben Gvir et le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, en tête, ont fait en sorte que des avant-postes illégaux soient légalisés.

« En Cisjordanie occupée et à Gaza, le désespoir se répand, alimentant la colère et le désespoir. Chaque nouvelle colonie est un obstacle supplémentaire sur la voie de la paix. Toute activité de colonisation est illégale au regard du droit international. Cela doit cesser », a déclaré António Guterres.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a publié lundi une rare déclaration commune – mais non contraignante – condamnant l’annonces récente d’expansion des implantations israéliennes.

« Par ailleurs, l’incitation à la violence est une impasse. Rien ne justifie le terrorisme. Elle doit être rejetée par tous », a déclaré António Guterres.

« Notre priorité immédiate est d’empêcher une nouvelle escalade, d’apaiser les tensions et de ramener le calme. »

Les attentats terroristes palestiniens ont tué 11 personnes en Israël depuis le début de l’année et fait 31 morts en 2022.

Les attaques meurtrières contre des civils, cette année, ont suscité des scènes de liesse dans les villes palestiniennes.

Le chef de l’ONU s’est également déclaré « profondément préoccupé par les récentes mesures punitives prises par Israël contre l’Autorité palestinienne », suite au succès de l’AP, parvenu à faire examiner le conflit par la Cour internationale de justice de l’ONU.

« Il ne devrait pas y avoir de représailles à l’égard de l’Autorité palestinienne en raison de son action auprès de la Cour internationale de Justice », a déclaré António Guterres.

« Ces mesures risquent de déstabiliser davantage l’Autorité palestinienne à un moment où elle est déjà aux prises avec une grave crise financière qui sape sa capacité à fournir des services essentiels à la population. »

Israël a sanctionné les Palestiniens en raison de cette enquête, en retenant notamment les financements destinés à l’Autorité palestinienne.

Ces mesures de rétorsion ont déclenché un tollé généralisé au sein de la communauté internationale.

António Guterres a également déclaré que l’agence des Nations Unies pour les Palestiniens, l’UNRWA, était confrontée à une « tâche impossible », car appelée à venir en aide à la population sans les fonds suffisants. Il a appelé de ses vœux un assouplissement des restrictions au niveau de la bande de Gaza, qu’Israël et l’Égypte ont mises en place pour empêcher les armes de parvenir au groupe terroriste du Hamas.

« Notre objectif est toujours le même : mettre fin à l’occupation et mettre en place une solution à deux États. Mais nous devons faire face à la réalité d’aujourd’hui. La réalité du terrain nous enseigne que le temps joue contre nous », a ajouté António Guterres.

« Tout le temps passé sans négocier sérieusement au niveau politique nous éloigne de notre objectif. »

La Quatrième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies vote sur les mesures relatives au conflit israélo-palestinien, au siège des Nations Unies, à New York, le 11 novembre 2022. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Prenant la parole après António Guterres, l’envoyé palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a demandé à la communauté internationale, Secrétaire Général y compris, de venir en aide aux Palestiniens suite au raid de Naplouse.

« Les Nations Unies, qui sont censées aider les faibles et les vulnérables, devraient venir en aide au peuple palestinien », a déclaré Mansour.

« Nous travaillerons avec vous, Monsieur le Secrétaire Général, mais il faut que des mesures soient prises. »

« Nous perdons de la crédibilité, vous perdez de la crédibilité, ce fabuleux système perd de la crédibilité », a-t-il déclaré, appelant l’ONU à utiliser tous ses moyens « pour mettre fin à ces massacres contre notre peuple ».

« La communauté internationale devrait agir, mettre en œuvre des résolutions et prendre ses responsabilités pour protéger la population palestinienne », a ajouté Mansour, précisant que la mission palestinienne enverrait le jour même un courrier officiel à Guterres, au Conseil de sécurité de l’ONU et au président de l’Assemblée Générale, pour demander de nouvelles mesures contre Israël.

Mansour a également averti que « les territoires palestiniens occupés étaient à bout, en raison des politiques et des pratiques, en particulier de ce gouvernement israélien ».

Riyad Mansour, représentant palestinien auprès des Nations unies, s’exprime lors d’une réunion du Conseil de sécurité au siège des Nations unies, le 5 janvier 2023. (Crédit : Seth Wenig/AP)

Israël et les États-Unis estiment que l’ONU fait preuve d’une grande partialité envers l’État juif.

En 2022, l’Assemblée Générale a ainsi condamné Israël plus que tous les autres Etats réunis, et Israël fait l’objet d’un examen plus minutieux que tout autre pays.

Plusieurs enquêteurs de l’ONU sur Israël ont tenu des propos antisémites, sans aucune sanction de la part de l’ONU.

L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, a officiellement reproché à l’organisation internationale de fermer les yeux sur l’antisémitisme et les préjugés de certains de ses membres.

« C’est un échec total des dirigeants de l’ONU dans cette guerre contre le mal », a déclaré Erdan ce mois-ci.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a demandé, mardi, au gouvernement israélien de suspendre son projet de réforme judiciaire, affirmant que les mesures proposées mettaient les droits de l’homme en danger.

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