HaBayit HaYehudi continuera sans Bennett et Shaked
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HaBayit HaYehudi continuera sans Bennett et Shaked

Les chefs de l'alliance - dorénavant sans dirigeants - se sont réunis la nuit dernière, jurant de dominer le courant national religieux pour le prochain scrutin

Le ministre de l'Agriculture, Uri Ariel, assiste à une réunion du parti HaBayit HaYehudi à la Knesset, à Jérusalem, le 11 décembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)
Le ministre de l'Agriculture, Uri Ariel, assiste à une réunion du parti HaBayit HaYehudi à la Knesset, à Jérusalem, le 11 décembre 2017 (Yonatan Sindel / Flash90)

Un haut-politicien du parti HaBayit HaYehudi a déclaré que l’alliance conclue entre les factions de droite qui avait constitué le parti politique se maintiendrait alors même que ses responsables font face à l’annonce-surprise de la scission de ses deux plus importants députés, désireux de créer leur propre formation.

Lors d’une prise de parole choc, le ministre de l’Education Naftali Bennett, à la tête de HaBayit HaYehudi, et sa collègue, la ministre de la Justice Ayelet Shaked, on fait savoir samedi soir qu’ils quittaient le parti et qu’ils avaient décidé de créer HaYamin HaHadash (« La nouvelle droite »), formation basée sur le « plein partenariat » entre Israéliens orthodoxes et laïcs, pour concourir aux élections du mois d’avril.

L’initiative a créé une onde de choc au sein de HaBayit HaYehudi, qui a connu son ascension avec Bennett à la barre malgré les différences avec certains leaders des diverses factions de l’alliance en raison du caractère religieux du parti.

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel, chef de la faction Tkuma qui constitue une partie de HaBayit HaYehudi, a indiqué dans une déclaration, dimanche dans la matinée, que la formation se maintiendrait et se présenterait aux élections à la droite de l’échiquier politique, dans une initiative alliée.

Il a fait cette annonce après une rencontre organisée tard dans la soirée avec le rabbin Haim Druckman, chef spirituel du parti national religieux.

HaBayit HaYehudi a été fondé en 2008 en tant que continuation d’une alliance conclue entre le parti national religieux et l’Union nationale, elle-même constituée de Tkuma et d’autres factions. Bennett en a pris la tête en 2012 et a été rejoint à la barre par Shaked.

Rabbi Haim Meir Druckman, recipient of the Life Achievement award for 2012. (photo credit: Tsafrir Abayov/Flash90)
Le Rabbin Haim Meir Druckman, photo (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

« Nous avons décidé de renforcer le sionisme religieux par une initiative conjointe », a commenté Ariel dans un communiqué. « Nous avons décidé de maintenir les contacts nous permettant de renforcer notre union et de l’emporter aux prochaines élections en tant que faction de droite unifiée, avec un fort leadership religieux et sioniste ».

Il y aurait eu dans le passé des affrontements au sein de HaBayit HaYehudi entre Bennett, Shaked et des membres du parti Tkuma qui constitue une faction de HaBayit HaYehudi – et qui est placé sous la direction d’Ariel et du député Bezalel Smotrich.

Tkuma aurait émis une liste de nouvelles demandes qui a été soumise aux responsables de HaBayit HaYehudi concernant sa place dans la formation en amont des nouvelles échéances électorales, ce qui a pu contribuer à la décision prise par Bennett et Shaked de faire scission.

Expliquant leur décision de quitter HaBayit HaYehudi, les ministres ont indiqué que si le parti était devenu une « force significative » au sein du gouvernement au cours des six dernières années, leur pouvoir avait diminué, Bennett affirmant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait eu le sentiment que les sionistes religieux étaient « dans sa poche ».

Le ministre de l’Education Naftali Bennett et la ministre de la Justice Ayelet Shaked annoncent leur départ de HaBayit HaYehudi et la fondation de HaYemin HeHadash lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, le 29 décembre 2018 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

HaYamin HaHadash, a expliqué Shaked, sera un « partenariat entier et à égalité » entre les laïcs et les orthodoxes.

« Nous regagnerons des sièges à la Knesset qui sont partis du Likud vers la gauche – vers des formations qui affirment être de droite mais qui sont, en réalité, à gauche », a-t-elle dit. « Le parti renforcera la droite ».

La députée de HaBayit HaYehudi Shuli Moalem-Refaeli va également rejoindre Shaked et Bennett. Suite à l’annonce, les trois personnalités ont déposé une requête officielle demandant leur séparation de HaBayit HaYehudi – une démarche qui signifierait que leur nouvelle formation recevra des fonds de campagne pour les députés en place de la part de la commission centrale électorale. La commission intérieure de la Knesset doit se rencontrer dimanche matin pour débattre de cette requête.

Le président de la coalition David Bitan, à gauche, avec le député Bezalel Smotrich, lors d’une réunion de la Commission des Finances, le 6 novembre 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

S’exprimant au micro de la radio Reshet Bet samedi soir, Smotrich a estimé que Bennett et Shaked pensaient apparemment qu’ils ne seraient pas en mesure de diriger le pays tant qu’ils se trouveraient à la tête d’un parti si étroitement identifié à la droite orthodoxe. « Ils recherchent une responsabilité nationale, quelque chose que, selon eux, ils ne pourront obtenir dans un parti religieux », a-t-il déclaré.

Selon la chaîne Hadashot, cette décision a été influencée par le conflit de longue haleine qui a opposé les deux leaders aux institutions du parti, ainsi que par leur aversion envers les positionnements les plus conservateurs au niveau religieux de certains membres.

Une source proche de HaBayit HaYehudi a déclaré au Times of Israel que Bennett et Shaked ont la conviction que la majorité des électeurs de la formation soutiendront leur nouvelle liste électorale.

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