Haïfa : Le fils et le mari d’une femme retrouvée morte arrêtés
Rechercher

Haïfa : Le fils et le mari d’une femme retrouvée morte arrêtés

Un voisin dit avoir entendu des cris échangés entre Svetlana Belkin et son époux avant la découverte du corps sans vie de la femme, qui portait des signes de violences

Une voiture de police sur le site d'un féminicide présumé à Haïfa, le 1er mai 2021. (Autorisation : Police israélienne)
Une voiture de police sur le site d'un féminicide présumé à Haïfa, le 1er mai 2021. (Autorisation : Police israélienne)

Une femme a été retrouvée morte dans un appartement de Haïfa, samedi soir. La police a arrêté l’époux et le fils de la victime, dimanche. Tous les deux sont soupçonnés de meurtre.

La femme s’appelait Svetlana Belkin et elle était âgée de 52 ans, a fait savoir la presse israélienne, dimanche.

Le corps sans vie de Belkin a été retrouvé dans son appartement de Haïfa et il portait des signes de violences, a précisé la Douzième chaîne.

La police a interrogé ses proches. Sa fille a été libérée après s’être entretenue avec les enquêteurs mais son mari, âgé de 50 ans, et son fils, âgé de 20 ans, ont été arrêtés, a noté la chaîne.

Le reportage a indiqué que les forces de l’ordre demanderaient dimanche à la Cour des magistrats de Haïfa le prolongement de la détention des deux hommes.

Une voisine a raconté à la Douzième chaîne que quelqu’un, dans l’immeuble, avait entendu des cris et des échanges tendus entre les deux époux et que le mari de Belkin semblait ivre et dans l’incapacité de se tenir debout lorsqu’il avait quitté le domicile familial.

La voisine, Etty Bar, a dit ne rien avoir entendu d’inhabituel samedi. Elle a ajouté que le couple avait immigré au sein de l’État juif il y a un an et demi et qu’il ne s’était pas fait remarquer jusque-là.

« Des gens très gentils et aimables, qui réglaient les factures de l’immeuble sans jamais être en retard », a-t-elle déclaré à la chaîne.

Les personnels du Magen David Adom ont prononcé la mort de Belkin dans l’appartement après avoir tenté en vain de la réanimer, a ajouté la Douzième chaîne. C’est son mari qui aurait appelé le MDA et il était présent au domicile conjugal lorsque les médecins sont arrivés.

Hagit Peer, qui préside la plus importante organisation de défense des droits des Femmes en Israël, la Naamat, a déploré devant les caméras de la Douzième chaîne « l’absence de contrôle » au sein de l’État juif.

Des femmes participent à une manifestation contre les violences domestiques à Tel Aviv, le 12 décembre 2018. (Jack Guez/AFP)

« Le plan de lutte contre les violences conjugales de 2017 n’a pas encore été mis en œuvre et des centaines de milliers de femmes, en Israël, vivent dans une terreur quotidienne incessante », a-t-elle commenté.

Un plan national de lutte contre les violences conjugales avait été approuvé en 2017 par la Knesset mais il a depuis été abandonné faute de financement. Les activistes affirment que la plus grande partie du budget approuvé – un budget à hauteur de 250 millions de shekels – n’a jamais été transférée aux autorités concernées.

Diana Raz, conseillère conjugale assassinée par son mari, le 5 février 2021. (Autorisation)

Comme les autres pays, l’État juif a connu une hausse des violences conjugales au cours de la pandémie de COVID-19, les femmes ayant été dans l’obligation de rester chez elles, en confinement, aux côtés de leurs partenaires violents. Au mois de mars, le meurtre brutal de Diana Raz par son mari avait entraîné une onde de choc dans tout le pays.

Selon les données gouvernementales, un tiers des femmes mortes sous les coups de leur conjoint, en 2018 et 2019, avaient porté plainte contre l’homme qui les avait ultérieurement tuées. Six suspects impliqués dans des affaires de féminicide de ce type avaient déjà été condamnés, dans le passé, pour des violences conjugales.

Les données gouvernementales montrent que sur les 30 000 dossiers de violences conjugales ouverts par la police de 2018 à 2019, 75 % ont été clos pour manque de preuve.

L’année dernière, 25 femmes ont été tuées par leur conjoint ou par un proche.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...