Hakan Fidan : Israël utilise la sécurité « comme prétexte pour occuper plus de territoires »
Le ministre turc dénonce le gouvernement "intégriste" de Benjamin Netanyahu et accuse Israël de tenter de "créer un fait accompli" au Liban

Dimanche, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a accusé Israël d’utiliser ses préoccupations en matière de sécurité pour s’emparer de nouveaux territoires. Il s’agit là des derniers propos virulents en date tenus par Ankara à l’encontre de Jérusalem.
« Le gouvernement Netanyahu utilise la sécurité comme prétexte pour occuper davantage de terres », a déclaré Fidan, évoquant le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de la clôture d’un forum diplomatique de trois jours organisé dans la province d’Antalya, dans le sud du pays.
« Il s’agit d’un gouvernement intégriste. Il pose un problème au monde entier. Cela ne concerne pas uniquement la Turquie », a ajouté Fidan.
Le chef de la diplomatie turque a également accusé Israël de tenter de créer un fait accompli au Liban, malgré le cessez-le-feu, dénonçant ce qu’il a appelé « l’expansionnisme israélien ».
Le cessez-le-feu en vigueur, d’une durée de 10 jours, a permis de mettre fin à plus de six semaines de combats entre Israël et le groupe terroriste libanais chiite du Hezbollah, soutenu par l’Iran, après que ce dernier a engagé des attaques contre l’État juif pendant la guerre avec la république islamique.
Netanyahu l’a présenté comme une opportunité stratégique pour la diplomatie avec Beyrouth et pour maintenir la pression militaire. L’Iran, quant à lui, a lié le cessez-le-feu au Liban à son propre cessez-le-feu temporaire et fragile avec les États-Unis, lequel a temporairement mis à l’arrêt la guerre déclenchée par les frappes conjointes américano-israéliennes contre la république islamique.
« Les négociations en cours entre l’Iran et les États-Unis semblent éclipser cette situation [au Liban]. Israël semble vouloir profiter de cette diversion pour créer un fait accompli », a également affirmé Fidan.
Selon Fidan, faire cesser cette menace fait clairement partie des priorités de la communauté internationale. Le ministre a également qualifié les accords de défense signés en décembre dernier entre Israël, la Grèce et Chypre « d’alliance militaire contre les pays musulmans de la région ».
Le président turc Recep Tayyip Erdogan est l’un des dirigeants étrangers les plus virulents à l’égard d’Israël : il accuse Jérusalem de « génocide » et de crimes de guerre, applaudit les mandats d’arrêt de la CPI visant des dirigeants israéliens, et exhorte l’ONU à recommander le recours à la force contre Israël.
Le dirigeant turc ouvertement pro-Hamas, qu’il considère comme le défenseur de sa patrie, même après le pogrom perpétré par l’organisation terroriste le 7-Octobre, au cours duquel plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées en Israël et quelque 251 personnes ont été prises en otage.
Au début du mois, les dirigeants israéliens ont vivement critiqué Erdogan après que des procureurs turcs ont déposé des accusations contre 35 hauts responsables, parmi lesquels Netanyahu, réclamant au total plus de 4 500 ans de prison.
Netanyahu, en réponse, a accusé Erdogan de massacrer les Kurdes dans son propre pays. Le ministre de la Défense, Israel Katz, et le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, ont également riposté en publiant des messages cinglants à l’encontre d’Erdogan.
Le ministère turc des Affaires étrangères, dans une déclaration, a alors répliqué en qualifiant le Premier ministre israélien de « Hitler de notre époque ».
La Turquie a récemment rejoint les efforts diplomatiques de l’Égypte et du Pakistan en vue d’un cessez-le-feu dans le conflit avec l’Iran.
En janvier, Trump a fait entrer Fidan au sein du comité exécutif pour Gaza de son Conseil de paix. Après l’annonce de la Maison Blanche, Netanyahu a essuyé des critiques de la part de l’ensemble de la classe politique israélienne, qui lui reprochait de ne pas avoir su empêcher la Turquie de prendre pied à Gaza via ce nouveau panel.







