Haley: l’incursion du drone iranien en Israël doit tirer l’alarme pour le monde
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Haley: l’incursion du drone iranien en Israël doit tirer l’alarme pour le monde

Critiquant la présence iranienne en Syrie, l’ambassadrice américaine à l’ONU déclare que "lorsque l'Iran et le Hezbollah s’installeront, l'instabilité suivra"

L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley s'exprime devant les journalistes au siège des Nations unies, le 2 janvier 2018 à New York (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
L'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley s'exprime devant les journalistes au siège des Nations unies, le 2 janvier 2018 à New York (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley, a estimé mercredi que la présence du drone iranien en Israël est « une sonnette d’alarme » pour le monde concernant les efforts iraniens destinés à consolider sa présence en Syrie.

S’exprimant devant le Conseil de Sécurité, Haley a qualifié l’incursion de drone iranien au cours du week-end d’ « escalade arbitraire et spontanée ».

« Le vol de drone cette semaine est une sonnette d’alarme pour nous tous. L’Iran et le Hezbollah prévoient de rester en Syrie », a-t-elle déclaré.

Le drone iranien, qui est entré dans le nord d’Israël depuis la Syrie, près de la frontière jordanienne, a été abattu par un hélicoptère d’attaque. En réponse, les avions israéliens ont attaqué le centre de commandement mobile à partir duquel il a été opéré, a indiqué l’armée.

Lors du raid de représailles, l’un des huit avions de chasse israéliens F-16 qui ont pris part à l’opération a apparemment été touché par un missile anti-aérien syrien et s’est écrasé. L’armée de l’air israélienne a ensuite mené une deuxième série de frappes aériennes, détruisant entre un tiers et la moitié des défenses aériennes de la Syrie, selon le porte-parole de l’armée israélienne, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

« L’Iran fait une fois plus ce qu’il a toujours fait — risquer le conflit et tester la volonté de ses voisins et de ses adversaires à résister à son agression. Israël a pris à juste titre des mesures pour se défendre », a déclaré Haley.

« Les Etats-Unis seront toujours prêts à soutenir notre allié face aux provocations de l’Iran, du Hezbollah ou du régime Assad ».

Les remarques de Haley ont été faites après que la Maison Blanche, le Département d’Etat et le Pentagone ont tous exprimé leur soutien au cours du week-end suite aux frappes de représailles d’Israël en Syrie.

Les hostilités de samedi ont marqué le premier affrontement direct en Syrie entre Israël et l’Iran, après les avertissements répétés des dirigeants israéliens sur le fait que l’Iran travaille pour établir un nouveau front à la frontière nord.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis en garde qu’Israël prendrait des mesures militaires pour empêcher le retranchement militaire de l’Iran en Syrie, ainsi que contre le groupe libanais, le Hezbollah.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un discours au Jewish Museum and Tolerance Center à Moscou, le 29 janvier 2018. (Crrédit : AFP / Vasily MAXIMOV)

Les médias étrangers ont attribué des douzaines de frappes aériennes ces dernières années à des convois d’armes destinés au Hezbollah et à d’autres cibles stratégiques en Syrie vers Israël.

A l’ONU, Haley a déclaré que le gouvernement syrien agissait comme un « front » pour que l’Iran sème l’instabilité dans la région.

« Le régime d’Assad est devenu un front pour l’Iran, le Hezbollah et leurs alliés pour faire avancer son projet irresponsable et dangereux pour le Moyen-Orient », a déclaré Haley.

« Quand nous regardons à travers le Moyen-Orient, nous savons une chose avec certitude. Quand l’Iran et le Hezbollah emménagent, l’instabilité suit toujours », a-t-elle ajouté.

Haley a également déclaré que la présence de l’Iran en Syrie empêche la possibilité de négocier une fin pacifique à la guerre civile de près de sept ans.

« Il est difficile de voir comment un processus de paix fonctionnera tant que le régime d’Assad continuera de lancer des attaques contre le peuple syrien, et que l’Iran et le Hezbollah se retranchent dans le pays », a-t-elle déclaré.

Lors de la session du conseil de Sécurité, l’envoyé des Nations unies en Syrie a déclaré que c’était le moment le plus « violent, inquiétant et dangereux » du pays en quatre ans, soulignant l’escalade de la violence sur plusieurs fronts.

Staffan de Mistura a réitéré l’appel du secrétaire général Antonio Guterres lancé aux combattants et à tous ceux qui veulent « désamorcer immédiatement et sans condition ». Il a exhorté la Russie, l’Iran et la Turquie à « user de leur influence pour réduire la violence ».

Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, à Genève, le 3 mars 2017. (Crédit : Phillippe Desmazes/AFP)

Il a pris la parole lors d’une réunion du conseil de Sécurité mercredi et a été suivi par Haley et l’ambassadeur russe Vassily Nebenzia, qui se sont échangés des accusations sur la responsabilité du blocage de la voie de la paix.

Haley a exigé que la Russie utilise son influence pour assurer la paix. La Nebenzia a demandé à la coalition menée par les Etats-Unis d’empêcher les « provocations » de l’opposition.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

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