Hamas : Israël a accepté de lever certaines restrictions sur Gaza
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Hamas : Israël a accepté de lever certaines restrictions sur Gaza

Le Hamas a prévenu qu'il reprendrait les lancers de ballons incendiaires et les manifestations à la frontière si Israël ne respectait pas l'accord de cessez-le-feu

Des camions israéliens transportant du fioul entrent au point de passage de Kerem Shalom, à la frontière entre Israël et Gaza, le 11 octobre 2018. (AP Photo/Tsafrir Abayov)
Des camions israéliens transportant du fioul entrent au point de passage de Kerem Shalom, à la frontière entre Israël et Gaza, le 11 octobre 2018. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Israël a accepté de lever les restrictions sur les importations vers la bande de Gaza concernant de nombreux produits à « double emploi » dans le cadre des accords de cessez-le-feu avec des groupes terroristes de l’enclave, a déclaré mercredi Khalil al-Hayya, un officiel du Hamas, dans un entretien.

Ces dernières années, Israël a imposé de lourdes restrictions sur l’entrée de produits à Gaza qui sont considérés comme étant à « double emploi », ce qui signifie qu’ils peuvent être utilisés à des fins civiles ou militaires. Les Palestiniens de Gaza ont longtemps dû recevoir des permis spéciaux pour importer des produits qu’Israël considère être à double emploi.

« Nous avons arraché à l’occupation la levée des restrictions et de l’interdiction… de 30 % des ces produits », a déclaré al-Hayya à la chaîne de Tv Al-Aqsa affiliée au Hamas dans un long entretien.

Abdelatif al-Qanou, le porte-parole du Hamas, a déclaré dans un message Facebook du 31 mars que le groupe terroriste attendait qu’Israël autorise l’entrée de produits à double emploi dans Gaza. Pourtant, il n’avait pas détaillé, à l’époque, combien de ces produits le Hamas pensait qu’Israël autoriserait à entrer dans l’enclave côtière.

Le leader politique du Hamas Khalil al-Hayya durant une conférence de presse à la fin de deux jours de négociations à huis-clos sur au Caire le 22 novembre 2017. (Crédit : AFP/ MOHAMED EL-SHAHED)

Le Coordinateur des activités du gouvernement dans les territoires (COGAT), l’organe du ministère de la Défense responsable de la liaison avec les Palestiniens, a refusé de confirmer ou de démentir les commentaires d’Hayya.

« Nous ne répondons pas aux informations étrangères », a déclaré le COGAT dans un email.

Le Bureau du Premier ministre a refusé de répondre à notre demande de commentaire.

Selon un rapport de la Banque mondiale publié mercredi, il y a 118 produits qu’Israël classe comme étant à double emploi à Gaza et 56 pour la Cisjordanie. Les produits listés pour Gaza incluent plusieurs produits chimiques, des machines dont des équipements de forage, des jets ski et beaucoup d’autres matériels et produits.

Le rapport précisait que la Banque mondiale estimait « qu’adoucir les restrictions sur les produits à double emploi pourrait conduire à une augmentation de 6 % de la croissance en Cisjordanie et de 11 % à Gaza d’ici 2025, en comparaison à un scénario où les restrictions seraient maintenues ».

Hayya a également prévenu que si Israël ne respectait par les récents accords de cessez-le-feu, les Palestiniens de Gaza reprendraient les lancers d’engins incendiaires et de ballons chargés d’explosifs vers l’Etat juif, les manifestations nocturnes dans la zone frontalière entre l’Etat juif et l’enclave côtière, et d’autres mesures.

Des manifestants palestiniens tiennent des ballons avant de les charger de matière inflammable pour les lancer vers Israël, dans la bande de Gaza, le 14 juin 2018. (AFP/Mahmud Hams)

« [Si Israël] ne respecte pas ses engagements… cela impliquerait un retour des moyens forts. Et même plus, a-t-il déclaré. Nous affirmons que nous n’accepterons pas que le siège reste en place. »

« Les moyens durs » font référence aux lancers d’engins incendiaires et de ballons chargés d’explosifs vers Israël et aux manifestations nocturnes le long de la frontière entre Israël et gaza, lors desquelles ont lieu de légères explosions, la mise à feu de pneus et l’utilisation de lasers pointés vers les soldats israéliens.

Depuis le début du mois d’avril, le lancer des ballons et les manifestations nocturnes ont globalement cessé.

L’Egypte, les Nations unies et le Qatar ont récemment réussi à sceller un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Les médias israéliens ont indiqué que l’accord inclurait la fin des violences en provenance de Gaza en échange d’un assouplissement des restrictions imposées par l’Etat juif sur le mouvement des personnes et des biens à l’entrée et à la sortie de Gaza.

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