Hamas : les Palestiniens sont prêts « pour la révolution »
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Hamas : les Palestiniens sont prêts « pour la révolution »

Le groupe terroriste palestinien a affirmé que les manifestations organisées pour la "marche du retour" continueront jusqu'à ce qu'il y ait une "percée majeure"

Des manifestants palestiniens scandent des slogans durant des affrontements avec les forces israéliennes suite à un rassemblement à la frontière entre Israël et Gaza, à l'est de Gaza City, le 4 avril 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)
Des manifestants palestiniens scandent des slogans durant des affrontements avec les forces israéliennes suite à un rassemblement à la frontière entre Israël et Gaza, à l'est de Gaza City, le 4 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / MAHMUD HAMS)

Un porte-parole du Hamas a indiqué que les manifestations de vendredi le long de la frontière entre Israël et Gaza sont le signal envoyé au monde que les Palestiniens ont commencé une révolution pour « ouvrir la voie vers la liberté ».

« La marche du retour a envoyé un message qui a marqué notre décision de commencer la révolution et d’ouvrir la voie vers notre liberté », a dit Fawzy Barhoum sur Twitter.

Le mouvement de protestation, a dit Barhoum, « brisera le siège et restaurera nos droits ». Il a juré qu’il continuera jusqu’à l’obtention d’une « percée majeure ».

Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Dans la matinée de vendredi, le leader du Hamas Yahya Sinwar a déclaré aux milliers de Palestiniens rassemblés à la frontière que Gaza « explosera bientôt au visage de l’occupation ».

Il a ajouté que le monde doit « s’attendre à notre formidable mouvement, lorsque nous briserons les frontières et que nous prierons à Al-Aqsa », se référant au lieu saint musulman de Jérusalem.

La manifestation violente de la journée a été la deuxième organisée dans le cadre de « la marche du retour » qui, selon le groupe terroriste du Hamas, s’étendra sur plusieurs semaines et qui vise, toujours selon l’organisation, à supprimer la frontière et à libérer la Palestine.

Des manifestants palestiniens brûlent des pneus pendant des affrontements avec les forces de sécurité israéliennes sur la frontière entre Gaza et Israël, le 6 avril 2018 (Crédit : AFP PHOTO / SAID KHATIB)

Des milliers de Gazaouis se sont réunis le long de la frontière, faisant brûler des pneus et jetant des grenades incendiaires et des pierres en direction des soldats israéliens qui ont répondu avec des gaz lacrymogènes et des balles réelles, ont fait savoir l’armée et des témoins.

Citant les chiffres du Hamas, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a indiqué aux journalistes au siège des Nations unies, à New York, vendredi en fin d’après-midi, que neuf Gazaouis avaient été tués par des tirs israéliens et que plus de 1 000 personnes avaient été blessées.

Yahya Sinwar, leader du Hamas dans la bande de Gaza, durant une manifestation à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 6 avril 2018 (Crédit : AFP/Said Khatib)

L’Autorité palestinienne à Ramallah a condamné « les meurtres et l’oppression de manifestants pacifiques » pratiqués par l’Etat juif.

L’armée israélienne a également expliqué vendredi avoir déjoué de nombreux efforts visant à ouvrir des brèches dans la clôture frontalière – et avoir utilisé des balles réelles dans certains cas pour y parvenir. Elle a également noté qu’il y avait eu des tentatives d’activer des bombes contre les soldats en profitant de la fumée dégagée par les pneus.

« Des émeutiers ont tenté d’endommager et de franchir la clôture de sécurité sous couverture de la fumée dégagée par les pneus incendiés. Ils ont également tenté de commettre des attaques terroristes et d’actionner des dispositifs explosifs et des grenades incendiaires », a commenté l’armée vendredi soir. « Nos forces ont empêché l’ouverture de brèches » à la frontière.

Le porte-parole des militaires israéliens, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a déclaré que les organisateurs du Hamas tentaient d’utiliser les manifestants comme diversion pour « ouvrir la clôture et faire entrer des terroristes en Israël ». Conricus a expliqué que les snipers avaient été utilisés « avec modération » et seulement contre ceux qui posaient une « menace significative ».

Les autorités israéliennes ont informé vendredi soir le responsable palestinien chargé de superviser l’entrée des biens à Gaza qu’une livraison de pneus par des camions qui devaient pénétrer dans la bande depuis le territoire israélien dimanche avait été annulée suite à leur utilisation par les manifestants.

Raed Fattouh a indiqué qu’Israël lui avait dit que les pneus n’entreraient plus à Gaza « jusqu’à nouvel ordre ».

Les leaders de Gaza ont programmé une série de « marches du retour » qui culminera dans une marche qui devrait attirer un million de personnes à la mi-mai, coïncidant avec la 70ème journée de l’Indépendance israélienne, l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem et avec le jour de la Nakba – quand les Palestiniens marquent ce qu’ils appellent la « catastrophe » que représente pour eux la création d’Israël.

Le porte-parole du Hamas Hazem Qassem a expliqué jeudi que les Palestiniens continueront leur « combat jusqu’à ce qu’ils obtiennent leur liberté et qu’ils retrouvent toutes leurs terres ». Il a ajouté que le « droit des Palestiniens à tout le sol de la Palestine est absolu et clair ».

Lors des pourparlers de paix antérieurs, les Palestiniens ont toujours demandé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-est et dans la Vieille Ville, un « droit au retour » en Israël pour les Palestiniens qui avaient quitté ou avaient été dans l’obligation de quitter l’Etat juif lors de sa fondation.

Les Palestiniens ne demandent pas seulement l’exercice de ce droit pour les centaines de milliers de réfugiés encore en vie – un chiffre qui atteindrait des dizaines de milliers de personnes – mais également pour leurs descendants, qui sont des millions.

Aucun gouvernement israélien ne pourrait probablement accepter cette demande puisque elle signerait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive. Le positionnement israélien est que les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourraient devenir les citoyens d’un Etat palestinien à l’apogée du processus de paix, comme cela avait été le cas des Juifs contraints à fuir les pays du Moyen-Orient en raison de gouvernements hostiles qui sont devenus par la suite des ressortissants israéliens.

Groupe terroriste islamiste, le Hamas a pris le contrôle de Gaza aux mains du Fatah de Mahmoud Abbas en 2007 lors d’un coup d’état violent, deux ans après que l’Etat juif a retiré sa présence militaire et civile de l’enclave côtière. Israël et l’Egypte maintiennent un blocage sécuritaire autour de Gaza.

Israël explique qu’il est vital d’empêcher le Hamas – qui a combattu trois guerres contre Israël depuis qu’il est au pouvoir à Gaza, lançant des milliers de roquettes en Israël et creusant des douzaines de tunnels d’attaque sous la frontière – d’importer des armes.

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