Hamas : Nous avons refusé 15 milliards de $ en échange de notre désarmement
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Hamas : Nous avons refusé 15 milliards de $ en échange de notre désarmement

Ismail Haniyeh a déclaré à un journal qatari que l'offre provenait de "parties payées par les grandes puissances" dans le cadre du plan de paix des Etats-Unis

Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, s'exprime lors des funérailles de Qassem Soleimani, à Téhéran, Iran, le 6 janvier 2020. (Bureau du Guide suprême iranien)
Le chef du Hamas, Ismail Haniyeh, s'exprime lors des funérailles de Qassem Soleimani, à Téhéran, Iran, le 6 janvier 2020. (Bureau du Guide suprême iranien)

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré que son groupe terroriste avait refusé jusqu’à 15 milliards de dollars d’aide au développement à Gaza il y a deux mois, aide qui, selon lui, était conditionnée à la démilitarisation du groupe basé à Gaza.

Haniyeh a déclaré au journal qatari al-Lusail que l’offre avait été faite dans le contexte du plan de paix controversé du président américain Donald Trump, qui allouerait 13,38 milliards de dollars à la bande de Gaza pour le développement s’il était mis en œuvre.

« Il y a des acteurs qui sont venus nous voir il y a deux mois et dont nous savons qu’ils ont été payés par les grandes puissances. Ils nous ont proposé de nouveaux projets dans la bande de Gaza pour une valeur d’environ 15 milliards de dollars. Bien sûr, nous avons dit que c’était excellent, que nous souhaitions construire un aéroport, un port et des projets de développement économique dans la bande de Gaza », a déclaré M. Haniyeh.

Le Hamas et son rival, le Fatah, s’opposent tous deux au plan de paix de Trump depuis sa première publication, fin janvier.

Haniyeh, qui vit à Doha, la capitale qatarie, a déclaré à Al-Lusail que l’offre comprenait la fin du blocus de Gaza par Israël et l’Egypte, qui a commencé après la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza en 2007. Ces restrictions empêchent le Hamas d’importer des armes qu’il utiliserait pour menacer l’État juif. Le blocus a cependant aussi des effets dévastateurs sur l’économie de Gaza, où le chômage dépasse aujourd’hui 60 %.

Haniyeh a déclaré que l’offre la plus récente était conditionnée à l’abandon par le Hamas de ses capacités militaires. Le plan de paix Trump stipule que le désarmement du Hamas est une condition préalable aux négociations sur un État palestinien, bien qu’il semble peu probable que le groupe terroriste basé à Gaza accepte de le faire unilatéralement.

« Nous avons appris qu’en échange, nous devions dissoudre nos factions militaires et les intégrer dans la police et retirer notre armement, en particulier les armes lourdes, les roquettes qui ont frappé Tel Aviv et au-delà, et dissoudre la capacité d’autonomie de Gaza », a déclaré M. Haniyeh.

Selon Haniyeh, ces conditions rendaient l’offre inacceptable.

« Ils veulent mettre fin à l’existence de la résistance et séparer Gaza du reste du mouvement national palestinien », a déclaré M. Haniyeh, en référence à l’accusation selon laquelle le plan de paix Trump créerait essentiellement deux entités palestiniennes séparées en Cisjordanie et à Gaza.

« Nous voulons briser le blocus, et nous voulons des projets dans la bande de Gaza. Nous voulons un port à Gaza – mais comme un droit et non en échange de nos principes politiques ou du désarmement. Notre principe est la Palestine du fleuve à la mer, le droit au retour, la libération des prisonniers et la création d’un État palestinien pleinement souverain avec Jérusalem comme capitale », a déclaré M. Haniyeh.

Le Hamas et Israël ont mené plusieurs cycles de négociations pour un cessez-le-feu à long terme et la fin du blocus. Certaines négociations ont permis d’apaiser temporairement les tensions entre les deux parties, mais aucune n’a mis fin aux restrictions sévères de circulation et de commerce qui dominent la vie dans la bande de Gaza.

Israël a exigé la libération des prisonniers et des restes des soldats en échange d’un éventuel assouplissement du blocus

Le plan de paix de Trump prévoit de faire de Gaza une « ville métropolitaine moderne » sur le modèle de Singapour et propose plusieurs projets de développement et zones économiques dans la bande de Gaza, dont un port. Les critiques, cependant, disent qu’il ne peut y avoir de développement économique sans liberté de mouvement pour les habitants de Gaza. Si le plan Trump prévoit des améliorations techniques aux points de contrôle et aux passages frontaliers, Israël exercera toujours un contrôle de sécurité sur les ports d’entrée et de sortie de l’État de Palestine proposé, y compris la bande de Gaza.

Dans l’interview, Haniyeh a également salué ce qu’il a indiqué être un rôle positif joué par le Qatar pour « réconcilier les désaccords palestiniens », en disant que le Qatar avait de bonnes relations avec « toutes les factions palestiniennes ».

Le Fatah et le Hamas, en désaccord depuis que le Hamas a violemment expulsé le Fatah de la bande de Gaza en 2007, ont récemment convenu de travailler ensemble contre les plans israéliens d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie.

Les groupes ont annoncé la semaine dernière qu’ils organiseraient un rassemblement commun à Gaza au cours duquel Haniyeh et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s’exprimeront.

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