Haniyeh : L’inculpation de Netanyahu « remonte le moral » des Palestiniens
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Haniyeh : L’inculpation de Netanyahu « remonte le moral » des Palestiniens

Pour le chef du Hamas, les mises en examen pour corruption du Premier ministre renforcent la "fermeté" des Palestiniens et leur détermination à la résistance anti-israélienne

Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, s'exprime lors d'une rencontre avec des journalistes étrangers à Gaza Ville, le 20 juin 2019. (Mohammed Abed/AFP)
Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, s'exprime lors d'une rencontre avec des journalistes étrangers à Gaza Ville, le 20 juin 2019. (Mohammed Abed/AFP)

Le chef du groupe terroriste palestinien du Hamas a dit, samedi, que l’annonce de la mise en examen du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui devra répondre de corruption, remontait le moral des Palestiniens.

Ismail Haniyeh a déclaré aux journalistes réunis à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, que les accusations criminelles graves lancées contre Netanyahu renforçaient la « fermeté » des Palestiniens.

Le chef terroriste, qui assistait à la cérémonie d’inauguration d’un nouvel hôpital à Rafah, a déclaré que ces mises en examen encourageraient davantage de « résistance, populaire et armée ».

Jeudi, le procureur-général Avichai Mandelblit a annoncé que Netanyahu serait inculpé pour fraude, abus de confiance et pots-de-vin. C’est la première fois qu’un Premier ministre en exercice fait l’objet d’une mise en examen.

Le chef de gouvernement resté le plus longtemps à son poste de toute l’histoire d’Israël lutte actuellement pour sa survie après deux élections non-concluantes qui ont eu lieu cette année et peut-être un troisième scrutin – un fait sans précédent – qui devrait avoir lieu au début de l’année prochaine.

Au début de la semaine dernière, le numéro deux du Hamas avait estimé que l’instabilité en Israël indiquait un déclin de l’Etat juif.

Sur cette photo diffusée par le bureau des médias du Hamas, Ismail Haniyeh, à droite, chef du bureau politique du Hamas, serre la main de son adjoint Saleh al-Arouri à son arrivée à Gaza depuis le Caire, en Egypte, à Gaza City, le 2 août 2018 (Crédit : Mohammad Austaz/Bureau des médias du Hamas via AP)

Saleh al-Arouri, qui fait partie des autorités du Hamas depuis l’étranger, avait fait cette déclaration lors d’un entretien accordé à la chaîne Al-Aqsa TV affiliée au groupe terroriste dans la soirée de mardi.

Benny Gantz, chef de Kakhol lavan, et le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, ont tous les deux échoué à former un gouvernement malgré deux scrutins consécutifs. Gantz a rendu mercredi son mandat de rassemblement d’une coalition qui lui avait été confié par le président Reuven Rivlin, ce qui laisse probablement présager un troisième vote en moins d’un an.

Arouri avait clamé qu’Israël avait connu « une période de stabilité extraordinaire », en particulier sous Netanyahu, Premier ministre de l’Etat juif depuis 2009.

« Au cours des dernières décennies, ce régime israélien est parvenu à construire un système politique efficace qui l’est en interne, qui est parvenu à servir les intérêts de l’entité et à construire des relations diverses et fortes avec le monde entier – au point même où il a fait des percées dans notre monde arabe et palestinien… C’est la stabilité qui leur donne du pouvoir », avait-il estimé.

Mais il avait ensuite évoqué le chaos politique au cours de l’année passée – durant laquelle Israël a été dirigé par un gouvernement provisoire – en évoquant une « paralysie » nuisant à l’Etat.

« La paralysie politique actuelle, la contradiction des intérêts et les calculs étroits qui placent les intérêts d’un individu ou d’un parti au-dessus de ceux de l’intérêt général est l’indication que l’état de l’entité est en train de se détériorer, si Dieu le veut », a-t-il continué.

« Je constate que leurs relations politiques sont touchées, que leurs relations et que la situation économiques sont également frappées à cause de cette paralysie. Et j’espère qu’ils ne disposent pas d’une porte de sortie », avait-il clamé.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu au cours d’une réunion du bloc des partis de droite à la Knesset, le 20 novembre 2019 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Samedi également, Haniyeh a indiqué que la décision américaine de ne plus considérer les implantations israéliennes en Cisjordanie comme illégales était contraire au droit international et « une violation flagrante de notre droit historique à notre terre ».

Il a juré que « notre peuple ne se rendra pas à cette junte israélo-américaine qui manipule le sort réservé à la cause palestinienne, à la région et à la nation, et qui désire redessiner les cartes de la région pour servir l’occupation ».

Haniyeh a également dit qu’il espérait voir mises en place des élections palestiniennes libres et équitables auxquelles toutes les parties prendraient part.

Les dernières élections palestiniennes avaient eu lieu en 2006, un vote durant lequel les candidats affiliés au Hamas avaient remporté la majorité des sièges. Mais des querelles internes avec le groupe rival du Fatah avaient entraîné un coup d’Etat sanglant en 2007 qui avait finalement expulsé l’Autorité palestinienne, dominée le Fatah, de l’enclave côtière.

Des responsables palestiniens basés à Ramallah ont récemment indiqué qu’ils aimeraient qu’un scrutin législatif et présidentiel puisse être organisé dans un avenir proche, et le Hamas a annoncé soutenir un tel processus.

Adam Rasgon a contribué à cet article.

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