Harcèlement de Nir Hefetz : Ohana défie l’embargo et donne des détails
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Harcèlement de Nir Hefetz : Ohana défie l’embargo et donne des détails

En plénière de la Knesset, évoquant le débat attisé par ses critiques du procureur d'Etat et du procureur-général, le ministre de la Justice a lancé une nouvelle attaque

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le ministre de la Justice Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 29 octobre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le ministre de la Justice Amir Ohana tient une conférence de presse à Jérusalem, le 29 octobre 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

S’exprimant lors d’une séance plénière de la Knesset, mercredi, concernant le débat attisé par ses récentes critiques du procureur d’Etat et du procureur-général, le ministre de la Justice Amir Ohana a lancé une nouvelle attaque contre les autorités chargées de l’application de la loi, clamant qu’elles agissent avec impunité et autorisent la propagation de la corruption.

Mettant en exergue des révélations récentes portant sur de possibles actes répréhensibles de la part de la police, Ohana a rompu les termes d’un embargo imposé aux informations portant sur les mesures employées pour exercer des pressions sur Nir Hefetz qui auraient eu pour objectif de le décider à devenir un témoin de l’accusation dans un des dossiers qui impliquent le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

La Douzième chaîne a fait savoir cette semaine qu’un tiers sans lien avec l’Affaire 4000 avait été amené par la police et interrogé pour amener Hefetz à signer un accord avec les autorités, ce qui avait déterminé Hefetz à s’exécuter.

Décrivant des détails de l’incident qui ne peuvent être publiés, Ohana a asséné que « lorsque le journaliste de la Douzième chaîne Amit Segal a enquêté sur le système, le procureur-général a répondu qu’il connaissait mal cette partie de l’enquête et peu après, Amit a reçu l’information d’un embargo ».

« C’est là ce à quoi ressemble la vérité », a-t-il ajouté.

Les députés de l’opposition ont exprimé leur colère après la violation par Amir Ohana d’un embargo placé sur les détails des tactiques de pressions controversées qui auraient été utilisées par la police à l’égard d’un témoin déterminant dans les affaires de corruption du Premier ministre.

La formation Kakhol lavan a indiqué qu’Ohana « a décidé d’être ministre de la Justice de Netanyahu, pas ministre de la Justice de l’Etat d’Israël ».

Revital Swid, députée de l’alliance Travailliste-Gesher, a dit à Ohana : « Vous avez utilisé votre immunité pour reprendre à voix haute les sujets de discussion de votre patron ».

Tamar Zandberg, du Camp démocratique, a qualifié les propos d’Ohana de « nouveau discours victimaire », ajoutant que «  »le secret est éventé. Le droit des suspects… n’est intéressant que lorsqu’il est placé au service de son maître Netanyahu ».

Ohana a nié mercredi avoir violé les termes d’un embargo. Le bureau d’Amir Ohana a dit qu’il n’y avait « aucune vérité » dans les informations indiquant qu’il avait défié ces restrictions.

« Le ministre n’a fait que répéter des éléments qui étaient déjà médiatisés et il n’a rien dit de nouveau parce qu’il ne peut pas donner de détails sur des contenus d’enquête auxquels il n’a pas eu accès ».

Le député de Kakhol lavan Yoav Seglovich, ancien chef de l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne, a ensuite déposé une requête officielle auprès du président de la Knesset, Yuli Edelstein, demandant la création d’une commission d’éthique temporaire chargée d’évaluer le comportement du ministre de la Justice Amir Ohana.

« C’est la seule manière possible de débattre de cette affaire grave », a écrit Seglovich à Edelstein. « Le comportement des responsables élus, en particulier à une période où les commissions de la Knesset sont largement inactives, exige de chacun de nous de faire au moins attention à nos propres comportements, et assurément de faire attention à la loi ».

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