Harish, la nouvelle ville qui veut représenter l’espoir
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Reportage

Harish, la nouvelle ville qui veut représenter l’espoir

Les promoteurs de la ville en cours de construction située à 45 minutes au nord de Tel-Aviv mettent l'accent sur la tolérance et le vivre ensemble

Simona Weinglass est journaliste d'investigation au Times of Israël

Vue aérienne de Harish, août 2015 (Photo: Facebook)
Vue aérienne de Harish, août 2015 (Photo: Facebook)

Ce n’est pas tous les jours qu’un maire haredi, une jeune mère active, un entrepreneur high-tech branché et un député de gauche de la Knesset sont d’accord sur quelque chose. Mais curieusement, quand il s’agit de la nouvelle ville israélienne de Harish, ces quatre Israéliens partagent le même espoir – qu’elle soit une vitrine capable de résoudre les problèmes sociaux du pays.

« Harish sera la ville du pluralisme et de la communauté », explique Yitzhak Keshet, le maire orthodoxe de la ville, qui a été élu il y a un an et demi, par la majorité des deux tiers du millier d’habitants qui peuplent actuellement cette ville paisible. Elle compte des Juifs orthodoxes et ultra-orthodoxes, des Israéliens laïcs, des anciens immigrants de l’ex-Union soviétique, des immigrants d’Ethiopie et des résidents arabes.

A 45 minutes en voiture au nord de Tel-Aviv par la Route 6 et à 15 minutes en voiture à l’est de Césarée, attenant à la barrière de sécurité entre Israël et la Cisjordanie, une ville entière est en train de naître sur un sol rocailleux ocre.

Grues et bulldozers brillent sous la chaleur de l’été, tout en transformant un marécage en une ville moderne qui devrait accueillir 70 000 habitants d’ici cinq ans et 100 000 d’ici 10 ans. Sa taille se compare aux villes israéliennes moyennes de Modiin et de Rehovot.

Les premières centaines d’habitants devraient emménager en novembre 2015.

Des immeubles en voie d'achèvement à Harish (Photo: Facebook)
Des immeubles en voie d’achèvement à Harish (Photo: Facebook)

Keshet dit qu’à partir de janvier, 500 familles arriveront tous les trimestres, et que le rythme augmentera en fonction de celui de la construction des immeubles.

Personne ne sait exactement pour autant qui seront ces premiers résidents.

« Actuellement, il est question de 20 % d’ultra-orthodoxes, mais cette proportion finira par être d’environ 10 % », estime Keshet. « Environ 35 % seront des sionistes religieux et le reste de la population sera laïque. »

Il ajoute qu’il s’attend à seulement une « poignée » de résidents non-juifs ou arabes.

Mais Hemi Bar Or, un artiste qui a dirigé de nombreux groupes d’achat destiné aux laïcs dans la nouvelle ville, estime que la ville ne sera ultra-orthodoxe qu’à 6-7 %.

Yitzhak Keshet (Photo: Facebook)
Yitzhak Keshet (Photo: Facebook)

Keshet, un ingénieur informatique devenu ultra-orthodoxe vers l’âge de 20 ans, a vu sa carrière politique débuter quand il a commencé à participer à la construction d’écoles pour les enfants de baalei Techouva, [ceux qui sont retournés à la foi].

« J’ai réalisé que même si nous voulions observer la Torah et les mitsvot, nous autres les baalei Techouva avions encore une mentalité laïque. Voilà pourquoi nos enfants avaient besoin de leurs propres écoles », a-t-il expliqué au Times of Israel.

Keshet, dont le nom signifie ‘arc’ en hébreu, dit que c’est précisément sa capacité à chevaucher les deux mondes – religieux et laïc – qui va lui permettre de se lier à tous les habitants de la ville.

Itzik Tayar, coordinateur de l'éducation à Harish (Photo: Simona Weinglass)
Itzik Tayar, coordinateur de l’éducation à Harish (Photo: Simona Weinglass)

Itzik Tayar, le coordinateur de l’éducation de la ville, accueille le Times of Israel vêtu d’un vieux T-shirt et d’un short. Il a passé toute la journée à déblayer les gravats des bâtiments scolaires avant le début de l’année scolaire.

« Nous construisons des écoles pour l’ensemble de la population. Soit [l’intégration] sera couronnée de succès, soit il y aura des guerres du Shabbat comme à Jérusalem », se référant à la pratique dans certains quartiers ultra-orthodoxes de la capitale, où les routes sont fermées le samedi et où certains résidents jettent des pierres sur les voitures qui tentent d’y circuler. Tayar rit avant de se reprendre : « Non, ce ne sera pas le cas. »

« Certains Haredim ont acheté ici et ont été surpris parce qu’ils pensaient que la ville serait totalement ultra-orthodoxe. Certains ont décidé de rester, tandis que d’autres réfléchissent aux options qui leur sont offertes. Certains ont acheté des appartements pour investir. Qui va finalement venir vivre ici reste une énigme. »

Imbrication

Miri Rahamim, la coordinatrice et porte-parole de l’intégration dans la ville, explique que la ville a été organisée de sorte qu’aucun groupe d’habitants ne puisse se « ghettoïser » ou se couper des autres habitants de la ville.

« Ces quatre immeubles sont ultra-orthodoxes, et à côté, ces quatre autres sont laïcs », dit Rahamim, en pointant son doigt sur un plan de la ville affiché au mur.

Elle le sait parce qu’environ 40 % de ces immeubles habitables sont achetés par des groupes d’acquisition – des groupes de personnes partageant les mêmes idées qui achètent des appartements en volume avec une remise.

Les 60 % d’appartements restants sont construits par des entrepreneurs privés et vendus sur une base individuelle. Dans le premier quartier de Harish, qui comporte 7 000 appartements, 5 000 ont déjà été vendus.

Miri Rahamim, porte-parole de Harish, dans son bureau (Photo: Simona Weinglass)
Miri Rahamim, porte-parole de Harish, dans son bureau (Photo: Simona Weinglass)

Rahamim dit qu’elle et son mari ont acheté à Harish il y a trois ans, après la naissance de leur premier enfant, et ont payé 660 000 shekels (148 600 euros) pour un appartement de 4 pièces, un prix sans précédent partout en Israël, et encore moins à 45 minutes en voiture de Tel Aviv.

Elle était tellement enthousiaste à l’idée de commencer une nouvelle vie dans un nouveau lieu qu’elle a créé un groupe Facebook pour rencontrer les futurs résidents. Harish est pour elle devenue une telle obsession que le conseil de la ville l’a embauchée pour être son porte-parole.

Depuis que Rahamim a acheté son appartement, sa valeur est passée à un million de shekels (225 000 euros), même si le logement ne sera pas prêt avant trois ans.

Rahamim affirme que l’ensemble des rues de Harish seront ouvertes à la circulation le Shabbat. La population ultra-orthodoxe va-t-elle se sentir à l’aise avec cela ? Keshet, le maire orthodoxe répond : « Il s’agit d’une population très ouverte, séfarade, Loubavitch, Breslav, pas du tout le genre de personnes qui vivent à Mea Shearim. »

En fait, dit-il, toutes les écoles orthodoxes à Harish adopteront un programme de base approuvé par l’Etat avec l’enseignement des mathématiques, des sciences et de l’anglais. Ce qui est loin d’être la norme dans de nombreuses communautés ultra-orthodoxes à travers le pays.

Interrogé pour savoir s’il y aura à Harish des cafés qui ne seront pas casher ou qui ouvriront le Shabbat – une question qui a secoué d’autres villes avec des populations laïques et religieuses vivant côte à côte – Keshet a répondu : « Je ne vais pas l’empêcher. Le conseil municipal prendra la décision ».

La bataille pour Harish

Harish a commencé comme un kibboutz dans les années 1980. Elle n’a jamais décollé, et a été abandonnée par ses habitants dans le début des années 1990. Le gouvernement y a alors vendu des appartements pour des officiers de l’armée de carrière, mais la plupart ne se sont jamais installés à Harish.

En 2007, le ministre du Logement Ariel Atias (Shas) a décidé de construire à Harish une ville ultra-orthodoxe de 100 000 personnes.

Mais les habitants laïcs de la ville, dirigé par Hemi Bar Or, ont fait appel à la Haute Cour de justice, disant qu’ils ne pourraient pas continuer à vivre dans leur ville si elle devenait entièrement haredie. La Haute Cour a décidé que la ville serait ouverte à tous les résidents d’Israël. Les appels d’offre ont été ouverts à l’ensemble de la population, dit Rahamim, mais 12 d’entre eux ont été disqualifiés en raison de collusion sur les prix.

Vue aérienne de Harish, août 2015 (Photo: Facebook)
Vue aérienne de Harish, août 2015 (Photo: Facebook)

Dov Khenin, le seul député juif de la Liste arabe unie, bataille aux côtés des résidents laïcs.

« J’ai rencontré un groupe incroyable de personnes lorsque nous avons combattu pour l’ouverture de la ville à tout le monde, religieux et laïcs, Juifs et Arabes. C’est l’occasion de construire une ville israélienne nouvelle et meilleure », confie-t-il avec enthousiasme.

Khenin dit qu’alors que Juifs et Arabes vivent souvent dans des localités séparées, il n’y a aucune loi qui les sépare, mais plutôt des préférences personnelles ou des discriminations de la part des vendeurs et des locataires.

« Les Arabes en Israël ont leur propre crise du logement », explique Khenin, « j’espère que certains viendront vivre à Harish. »

Selon Miri Rahamim, dès que les appels d’offres ont été annoncés, Bar Or un artiste professionnel, a commencé à chercher des gens pour se joindre à ses groupes d’achat. Il s’est adressé aux jeunes Israéliens, dont la conscience a été éveillée par les manifestations de justice sociale de 2011 et étaient à la recherche d’un endroit abordable pour vivre.

Il a également trouvé des acheteurs parmi les passionnés de cyclisme qui parcourent à vélo les forêts voisines durant le week-end. A partir de là, selon Rahamim, le mot s’est propagé grâce à Facebook et aux autres réseaux sociaux.

« Harish est une occasion qui se présente une fois toutes les quelques décennies », selon Rahamim, « Construire une ville à partir de zéro. Il y a ce désir de construire quelque chose de grand ».

Une ville intelligente

Erez Mizrahi est un entrepreneur high-tech et le consultant du maire sur les villes intelligentes. Il dirige une start-up, Challengy, qui exporte des technologies de « ville intelligente » dans le monde entier, dont Nice, en France, et plusieurs villes du Royaume-Uni.

« Nous prenons une ville et la transformons en un laboratoire. Nous prenons ensuite 10 start-ups tous les six mois et déployons leurs technologies dans toute la ville.

« [Le maire de Jérusalem], Nir Barkat, m’a appelé. Herzliya est aussi intéressé, mais j’ai rencontré Keshet et j’ai vu qu’il était ouvert aux idées nouvelles et qu’il y a ici une opportunité. »

Erez Mizrahi à Harish (Photo: Simona Weinglass)
Erez Mizrahi à Harish (Photo: Simona Weinglass)

Mizrahi, fils de parents britanniques qui a grandi en Birmanie et a immigré plus tard en Israël, affirme qu’il tente de convaincre sa femme d’acheter un appartement à Harish.

Une des idées de Mizrahi que le maire a accepté de mettre en œuvre est qu’Harish possède son propre câble de fibre optique.

« Ce qui se passe dans la plupart des endroits [en] Israël est que le câble de fibre optique est la propriété de grandes entreprises; nous voulons qu’il appartienne aux habitants », dit Mizrahi.

La ville peut alors créer des services autour du câble de fibre optique, comme son propre service de téléphone et d’Internet. Mizrahi aimerait également voir Harish produire sa propre électricité, plutôt que de l’acheter au monopole qu’est la compagnie israélienne d’elecricité.

« Nous pourrions utiliser du gaz naturel, des éoliennes ou de l’énergie solaire. Les résidents ne seraient pas obligés de traiter avec la compagnie israélienne d’elecricité et paieraient 30 % moins cher pour leur électricité. Nous pourrions même vendre de l’électricité à la compagnie d’électricité. Ils sont toujours à la recherche de nouvelles sources de production ».

Mizrahi dit que la ville aura une couverture WiFi complète, ainsi que des réverbères LED dans les rues avec des capteurs et même des poubelles intelligentes qui recueillent des informations sur ce qui se passe dans la ville pour la rendre plus efficace. Les poubelles communiqueraient avec les camions par Internet quand elles ont besoin d’être vidées alors que les réverbères équipés de caméras dissuaderont les criminels.

Immeubles en construction à Harish (Photo: Facebook)
Immeubles en construction à Harish (Photo: Facebook)

« Mais Harish n’a pas d’argent, donc je voudrais construire Harish telle une start-up. Nous aimerions obtenir des investisseurs externes prêts à investir dans le modèle d’entreprise de services qui jusqu’à présent étaient la propriété des grandes entreprises », explique Mizrahi.

Pourquoi ne pas en faire une coopérative ?

Mizrahi bondit de son siège. « C’est une bonne idée. Rendre les gens responsables de l’économie de leur propre ville – ce pourrait être une vitrine pour le monde ».

Mizrahi, dit avoir invité à Harish le PDG de Gvahim, une ONG qui aide les professionnels nouveaux immigrants à trouver des emplois.

« Il y a des immigrants venus de France qui viennent ici pour un stage. Ils ne peuvent pas trouver leur place en Israël et retournent [en France]. Ici, ils peuvent avoir à la fois une communaué et un stage. Nous allons les aider à planter des racines en Israël pour le long terme ».

Mizrahi, dit également faire pression sur le Bureau du scientifique en chef de l’Etat pour construire son dernier incubateur de start-ups à Harish.

« Nous avons besoin d’emplois ici. Harish ne doit pas seulement être créée autour du logement abordable, mais aussi autour d’une vie abordable, d’une vie plus intéressante. »

Lorsqu’on lui demande s’il est en phase avec tous les plans de Mizrahi, le maire dit que l’idée de produire sa propre électricité est quelque chose que la ville examinera par la suite. « Pour l’instant, c’est trop compliqué. »

Il ajoute qu’il aime l’idée de Mizrahi au sujet d’une monnaie locale.

« Nous examinons la question. Peut-être que si vous achetez quelque chose ici, vous recevrez un coupon pour acheter autre chose à l’intérieur de la ville. Donc, l’argent circule localement. »

Keshet dit qu’il veut voir beaucoup de petites entreprises prospérer à Harish. Alors qu’il a déjà signé avec la chaîne de supermarchés Rami Levy ainsi que celle de Super-Pharm, il dit qu’il envisage de donner des incitations fiscales pour les petits commerces.

Un sentiment d’appartenance ?

Harish a été comparée à Modiin, une ville israélienne qui a été conçue à partir de zéro au début des années 1990.

« J’ai regardé les plans de Harish, » dit Dror Gershon, qui dirige Merhav, le Mouvement pour l’Urbanisme israélien.

Merhav décrit son ordre du jour comme la « planification axée sur les gens qui empêche la détérioration et l’atrophie des villes et promeut le développement local durable afin d’améliore les possibilités. »

Gershon a confié au Times of Israel, qu’il n’est pas impressionné par Harish.

« Il n’y a rien de nouveau ici. Cela fait totalement banlieue. »

Il fait porter l’opprobre sur le plan pour le boulevard principal de la ville, qui aura 60 mètres de large avec une île au milieu bordée de pistes cyclables, de bancs et de petits cafés.

« Soixante mètres ce n’est pas un boulevard, c’est une autoroute. »

Selon Gershon, le tissu urbain nécessite des rues étroites. Si les rues sont trop larges, tout ce que vous faites, aussi bien intentionné que vous soyez, c’est de la poudre aux yeux.

Une maquette de Harish (Autorisation de Mansfeld-Kehat Architects)
Une maquette de Harish (Autorisation de Mansfeld-Kehat Architects)

Haim Kehat du cabinet d’architecture Mansfeld-Kehat a planifié la ville à la demande du ministère du Logement. Il reconnait que le boulevard principal de la ville est très large, mais dit qu’il a dû le concevoir de cette façon pour accueillir les transports publics ainsi que d’une éventuelle future ligne de tramway.

« Si vous regardez plus à l’intérieur de la ville, les rues sont différentes. »

Une illustration de boulevard principal de Harish tel qu'il pourrait ressembler dans l'avenir (Autorisation Hanan Mor)
Une illustration de boulevard principal de Harish tel qu’il pourrait ressembler dans l’avenir (Autorisation Hanan Mor)

Kehat est né à Budapest, en Hongrie, en 1944 et a grandi dans un kibboutz.

« Ma mère avait l’habitude de me dire : ‘Tu n’as jamais vu une vraie ville.’ Elle me décrivait comment à Budapest, elle sortait de sa maison pour se rendre à l’opéra. »

« Notre objectif dans Harish a été de construire une ville à usage mixte, un endroit qui encourage la marche à pied plutôt que les voitures. »

Pour Gershon, la dépendance à la voiture est le fléau de la vie urbaine et cite Modiin comme un exemple d’une planification qui a terriblement mal tourné.

« Modiin est une banlieue, il n’y a que des unités de dortoirs. Il n’y a presque pas de commerces. Il y manque presque tout ce qui caractérise une ville.  »

Mais n’y a-t-il pas beaucoup de gens qui aiment Modiin ?

« Certaines personnes aiment vivre dans une banlieue, et pour eux, c’est génial. Mais vous devez avoir deux voitures, vous vous asservissez à un prêt hypothécaire et passez des heures sur la route pour aller au travail. Vous devez être le chauffeur de vos enfants et les conduire d’un endroit à l’autre. Et les enfants grossissent. »

Une vue de Modiin (Page Facebook de la municipalité de Modiin)
Une vue de Modiin (Page Facebook de la municipalité de Modiin)

Kehat dit que, lui aussi, déteste la banlieue et qu’il y a un nouveau consensus dans les milieux professionnels de planification sur la nécessité de revenir à un style plus urbain de planification, « avec des places publiques et des rues qui sont de véritables rues. »

« Je prends le train à travers Israël et regarde par la fenêtre. La planification est ratée – des gratte-ciel au milieu de la campagne et des bâtiments peu élevés là où vous vous attendez à une ville. Il n’y a pas de centre. »

Kehat cite les plus anciens quartiers de Tel-Aviv, Hadar Hacarmel à Haïfa et les plus anciens quartiers de Netanya comme des lieux pourvu d’un charme particulier. Harish sera à l’image de ces endroits, affirme-t-il.

« Le plan était de créer bien plus qu’une banlieue. »

Le fait que Harish a été initialement conçue comme une ville ultra-orthodoxe, dit Kehat, a fait de l’urbanisme un choix naturel.

« Vous ne pouvez pas construire des gratte-ciel parce les Haredim ne prennent pas d’ascenseur le Shabbat. »

Les Haredim ont souvent des grandes familles, ce qui a aussi signifié qu’il devait planifier une ville centrée sur la marche à pied et les transports en commun.

« Une mère ultra-orthodoxe ne peut pas faire entrer 6-7 enfants dans une voiture et les dispatcher chacun à son école. »

Pour la même raison, de nombreux magasins dans Harish seront situés au rez-de-chaussée d’immeubles d’habitations, et non dans les centres commerciaux.

A Harish, chaque maison n’est pas à plus de cinq minutes à pied d’une école, d’un parc, d’une aire de jeux et d’une épicerie, dit Kehat.

Il y a des ralentisseurs dans la plupart des intersections, ainsi que 17 kilomètres de pistes cyclables serpentant la ville et beaucoup d’espaces verts.

Le but, selon Kehat, n’est rien de moins que les rues de Harish soient vivantes.

« Tel est le rêve. Le potentiel est là. Mais les villes prennent du temps à mûrir, les arbres prennent leur temps pour grandir. Revenez dans 20 ans, pour voir ce que Harish sera devenu ».

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