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Haute-Loire : Des anciens réfugiés juifs rendent hommage à la ville du Puy

La mémoire d’Alexandre Brolles, Juste parmi les Nations, ancien ingénieur chimiste à la SNCF, a été honorée, avec la pose d’une plaque à son nom en ville

Le centre historique du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. (Crédit : Lytheo / Theo BERTRAND / CC BY-SA 4.0)
Le centre historique du Puy-en-Velay, en Haute-Loire. (Crédit : Lytheo / Theo BERTRAND / CC BY-SA 4.0)

Une cérémonie a rendu hommage, dimanche 7 novembre, dans la ville du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, à ceux qui ont sauvé des Juifs dans la région pendant la Shoah.

La mémoire d’Alexandre Brolles, Juste parmi les Nations, ancien ingénieur chimiste à la SNCF, a aussi été honorée, avec la pose d’une plaque à son nom en ville.

La famille de l’homme était présente, et notamment ses deux filles, ainsi que le maire de la ville et le préfet de Haute-Loire.

Il a été reconnu comme Juste parmi les nations par le mémorial de Yad Vashem en 1994.

En 1935, avec Noel Barrot, résistant et président du conseil général de la Haute-Loire, il a fondé l’œuvre des Petits Bergers des Cévennes. Cette institution avait pour but d’accueillir, lors de séjours à la campagne des jeunes de 12 à 16 ans issus des milieux populaires, des grandes villes où de leur périphérie, ainsi que des jeunes délinquants, confiés par les tribunaux et âgés de 10 à 18 ans.

Quand la guerre a éclaté, l’organisation s’est aussi mise à accueillir des réfugiés qui fuyaient les bombardements, dont des Juifs.

Ceux-ci se sont vus remettre de faux papiers et des fausses cartes d’alimentation. Les Petits Bergers des Cévennes ont aussi accueilli des enfants juifs envoyés par l’Œuvre de secours aux enfants quand les arrestations sont devenues de plus en plus importantes.

Jean Roche, ancien élu de la Ville du Puy qui connaît bien l’histoire de l’œuvre des Petits Bergers des Cévennes et de la sauvegarde de cette mémoire, a indiqué au journal local L’Éveil qu’il était compliqué d’estimer le nombre de Juifs sauvés par l’organisation. « Mais ce dont nous sommes certains, c’est que l’œuvre des Petits Bergers des Cévennes a permis à de nombreux enfants d’avoir la vie sauve », a-t-il expliqué.

Le site « Les Justes d’Auvergne » rapporte aussi en particulier l’histoire du jeune Pierre Weill, sauvé par Alexandre Brolles. Alors que ses parents avaient été arrêtés, l’enfant âgé de 11 ans s’est retrouvé au centre des Petits Bergers des Cévennes. Alors qu’une patrouille nazie a fouillé la colonie, Alexandre Brolles a caché l’enfant au cachot, empêchant les nazis de le trouver.

En 1992, Pierre Weill a demandé à Alex Brolles pourquoi il avait caché et sauvé des enfants juifs. L’homme lui a alors répondu : « Parce qu’il fallait le faire. »

La plaque au Puy en hommage à Alexandre Brolles a été posée sur la façade de l’immeuble qui abrita les locaux de l’œuvre des Petits Bergers des Cévennes au Puy.

D’autres habitants de la ville ont eux aussi par le passé reçu le titre de Justes, comme Marcel et Marcelles Fachaud et Albert-Louis Bernard. La cérémonie leur a aussi rendu hommage.

« Leurs actes doivent continuer aujourd’hui à nous guider. Ces héros ordinaires qu’étaient les Justes, qui pensaient, toutes origines et milieux confondus, n’accomplir que leur devoir, nous livrent encore aujourd’hui un message universel », a déclaré le maire du Puy Michel Chapuis.

Une autre plaque, celle-ci dans la mairie de la ville, a été inaugurée au même moment.

Le projet a été initié par des réfugiés juifs qui ont été recueillis et protégés dans la ville. Sur la plaque figurent les noms de Michel Blum, de Gérard Marx et de Serge Klarsfeld, tous anciens réfugiés au Puy, qui ont participé au projet.

Sur la plaque est écrit : « Au nom des réfugiés juifs du Puy-en-Velay et de ses environs de 1940 à 1944, nous exprimons notre reconnaissance à leurs habitants, ainsi qu’aux responsables de l’administration préfectorale et de la police qui ont protégé la grande majorité de la population juive. Grâce à leur humanité, nous avons été épargnés de l’extermination nazie, qui a coûté la vie à 6 millions de Juifs. »

Au 1er janvier 2021, 27 921 personnes de 51 pays ont reçu la distinction de « Juste parmi les Nations » pour leur protection apportée à des Juifs pendant la Shoah. La Pologne, les Pays-Bas et la France sont les pays qui comptent le plus de médaillés.

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