Herzog dénonce la tentative d’éviction de la procureure-générale
Le président a déclaré qu'Israël devait relever des défis historiques, mettant en garde contre les fractures sociétales intérieures

Le président Isaac Herzog a adressé une mise en garde sévère au gouvernement, vendredi, le sommant de ne pas attiser les tensions nationales. Il a fait une nouvelle fois part de son opposition aux efforts déployés par ce dernier pour révoquer la procureure-générale Gali Baharav-Miara.
Le gouvernement a convoqué Baharav-Miara à une audience devant le cabinet qui est prévue lundi – elle aura alors l’occasion de défendre le travail qu’elle a accompli dans l’exercice de ses fonctions avant que les ministres ne se prononcent sur sa possible révocation. Un vote en faveur du renvoi de la procureure-générale fera inévitablement l’objet de requêtes devant la Haute Cour et il pourrait entraîner d’importantes manifestations de la part des groupes de l’opposition qui considèrent la juriste comme l’un des derniers remparts contre le pouvoir incontrôlé du gouvernement.
Dans un message qui a été posté sur X à l’approche de Tisha BAv – le jour de deuil juif après la destruction des anciens temples – Herzog a déclaré que les leçons à tirer de Tisha BAv, des leçons souvent axées sur la haine et les divisions internes, devaient aller bien au-delà de la simple date du calendrier.
« J’ai lu que la décision prise par le gouvernement de reporter la discussion sur le renvoi de la procureure-générale était fondée sur le désir de ne pas aggraver les divisions au sein de la population avant Tisha BAv », a écrit Herzog. « Permettez-moi de rappeler à tout le monde qu’il n’y a pas d’obligation d’approfondir les divisions sociales après Tisha BAv !
« Au contraire », a-t-il ajouté, « le jour de la commémoration de la destruction des Temples ne doit pas être isolé, mais il doit être l’occasion de tirer des leçons, de faire un examen de conscience, de changer et de faire preuve de retenue – des valeurs qui doivent s’exprimer tout au long de l’année ».
Herzog, qui a toujours mis en garde contre les agitations civiles qui avaient secoué Israël lorsque le gouvernement avait avancé son plan de refonte radicale du système judiciaire, a expliqué : « Tout comme il y a deux ans, nos ennemis profitent de l’effritement de la société israélienne de l’intérieur – ils attendent que nous fassions leur travail à leur place ».
« Nous sommes confrontés à des défis historiques », a-t-il continué. « Nous ne pouvons pas nous accorder le privilège de nous engager dans des guerres civiles qui nous déchirent ».
« Avant de rajouter de l’huile sur le feu », a-t-il affirmé, « nous devons nous arrêter. Nous devons faire preuve de responsabilité nationale et protéger le foyer que nous partageons. Nous sommes tous en quête d’espoir et il est inconcevable que, même en ces heures sombres, certains continuent à attiser les divisions. »
Le président a critiqué à plusieurs reprises le gouvernement pour avoir précipité le renvoi de Baharav-Miara, allant même jusqu’à modifier les procédures habituelles en la matière. Au mois de juillet, il avait lancé un avertissement virulent pour dénoncer cette initiative, condamnant le processus – « un chaos total » – et exigeant du gouvernement qu’il prenne ses responsabilités.
Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux à ce moment-là, Herzog avait dit qu’Israël « traverse actuellement des montagnes russes qui ont perdu leurs freins ».
« Tout le monde s’en prend à tout le monde. Tout le monde accuse tout le monde. Tout le monde attaque tout le monde », avait-il déploré, décrivant un climat « de plus en plus dangereux. »
« C’est une situation très dangereuse… C’est incroyablement dangereux », a-t-il affirmé.
La semaine dernière, une commission ministérielle qui venait d’être formée avait recommandé au gouvernement de démettre la procureure-générale de ses fonctions, en invoquant « des divergences d’opinion substantielles et permanentes entre le gouvernement et la procureure-générale qui empêchent une coopération efficace ».
La commission avait été créée après que le gouvernement a échoué à lancer le processus de sa révocation par le biais de la procédure habituelle – changeant en conséquence la nature même de la procédure pour pouvoir aller de l’avant.
La Haute Cour de justice a dit que toute décision du cabinet concernant la révocation de Gali Baharav-Miara ne prendrait pas effet immédiatement pour pouvoir laisser à la Cour le temps d’examiner les requêtes qui ont été lancées. Plusieurs groupes de veille ont affirmé que cette décision était illégale et motivée par des considérations politiques.
Néanmoins, le Times of Israel a appris que même si le tribunal empêchait son renvoi, le gouvernement prévoyait de boycotter Baharav-Miara, notamment en l’excluant des réunions du cabinet et d’autres tribunes de premier plan.







