Herzog devient le 11e président d’Israël et met en garde contre la polarisation
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Herzog devient le 11e président d’Israël et met en garde contre la polarisation

Le nouveau président a prêté serment sur la même Bible que son père ; Rivlin : "Vive le onzième président de l'État d'Israël. Longue vie à l'État d'Israël"

Isaac Herzog prête serment en tant que président au parlement israélien à Jérusalem, le 7 juillet 2021. (Yonatan Sindel/FLASH90)
Isaac Herzog prête serment en tant que président au parlement israélien à Jérusalem, le 7 juillet 2021. (Yonatan Sindel/FLASH90)

L’ancien chef du Parti travailliste Isaac Herzog est devenu mercredi le 11e président d’Israël, succédant ainsi à Reuven Rivlin.

M. Herzog a prêté serment lors d’une cérémonie festive à la Knesset, sous les cris des députés : « Longue vie [au président]. » Il a donné le coup d’envoi de son mandat de sept ans en promettant d’être un « président pour tous » et de s’efforcer d’atténuer la rhétorique de division dans le pays.

Dans son discours d’investiture, le nouveau président – qui exerce peu de pouvoir, le Premier ministre détenant l’autorité exécutive – a averti que « l’éthique commune et les valeurs partagées d’Israël étaient plus fragiles que jamais ».

« La haine sans fondement, la polarisation et la division nous font payer un prix très lourd… le prix le plus lourd est l’érosion de notre résilience nationale », a déclaré Herzog.

« Ma mission, l’objectif de ma présidence, est de tout faire pour reconstruire l’espoir », a-t-il ajouté.

Lors de son discours, Herzog a également souligné l’obligation du pays envers ses minorités, exhortant le gouvernement à lutter contre la criminalité dans les communautés arabes. Il s’est également engagé à défendre fermement le bilan militaire d’Israël auprès de la communauté internationale.

Le président nouvellement assermenté Isaac Herzog, au centre, embrasse son prédécesseur, Reuven Rivlin, à Jérusalem, le 7 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

« En tant qu’État juif et démocratique, nous devons tout faire pour assurer l’intégration des minorités qui vivent parmi nous. Nous devons tout faire pour réduire chaque phénomène grave, comme la violence terrible et meurtrière dans les communautés arabes, et réduire les écarts », a déclaré Herzog.

Il a prêté serment sur une Bible vieille de 107 ans qui a une longue histoire dans sa famille – la même que son père, Chaim Herzog, a utilisée lorsqu’il a prêté serment en tant que président en 1983. La Bible a survécu aux deux guerres mondiales et a été offerte à sa grand-mère par le père de celle-ci la veille de son mariage.

Au cours de la cérémonie, la sonnerie du shofar a également retenti, et le président a reçu une ovation après son discours.

Dans son discours d’adieu au parlement après la prestation de serment de son successeur, Rivlin a exhorté les Israéliens à se rassembler et à surmonter leurs différences politiques et religieuses, tout en soulignant l’importance de préserver Israël en tant qu’État juif et démocratique.

« L’État juif n’est pas quelque chose qui doit être considéré comme acquis. Un État démocratique n’est pas quelque chose à prendre pour acquis. Et il n’y aura pas d’Israël s’il n’est pas démocratique et juif, juif et démocratique, dans le même souffle », a déclaré le président sortant.

« Nous ne prévaudrons que si nous savons embrasser la complexité et rejeter la simplicité toujours si tentante… Si nous savons tenir cette tension, trouver en elle les équilibres et les compromis. Ce n’est qu’alors que nous pourrons préserver ce miracle, notre maison », a-t-il ajouté.

Le président israélien nouvellement élu Isaac Herzog prête serment au parlement israélien à Jérusalem, le 7 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

M. Rivlin a également appelé à un engagement avec les partenaires régionaux d’Israël sur les questions de sécurité, d’économie et de politique et à trouver des solutions concernant l’eau, la nourriture et le changement climatique. Il a fait valoir que la coexistence judéo-arabe en Israël pourrait ouvrir la voie à un plus grand engagement dans la région.

« Je crois que si nous sommes capables de vivre ici ensemble, Juifs et Arabes, nous trouverons le moyen de vivre ensemble entre le Jourdain et la mer, et dans toute la région. »

Rivlin a exhorté la prochaine génération d’Israéliens à « continuer à innover. Si quelque chose ne fonctionne pas, changez-le. Ne considérez pas les choses comme acquises, car l’État d’Israël ne doit pas être considéré comme acquis. C’est un miracle, et les miracles doivent être jalousement gardés ».

Le président sortant Reuven Rivlin et le nouveau président Isaac Herzog lors d’une conférence de presse à la résidence présidentielle à Jérusalem, lors de la cérémonie de passation de pouvoir, le 7 juillet 2021. (Crédit : EMMANUEL DUNAND / AFP)

« J’avais neuf ans lorsque l’État d’Israël a été créé. J’ai vu alors le drapeau israélien, bleu et blanc, flotter en hauteur. Pour moi, l’État d’Israël ne sera jamais quelque chose que je considère comme acquis. Vive le onzième président de l’État d’Israël. Longue vie à l’État d’Israël », a-t-il conclu, recevant une ovation.

Après un toast au président à la Knesset, Herzog se rendra à la résidence du président où il y aura une cérémonie de passation de pouvoirs avec Rivlin.

Une lettre personnelle de Rivlin attendra Herzog sur le bureau présidentiel.

« En vérité, je vous envie un peu. Dans peu de temps, vous découvrirez l’immense privilège qui vous a été accordé », a écrit Rivlin dans la missive.

« Dans les sept années à venir, vous rencontrerez les hommes et les femmes qui sont citoyens d’Israël. Je vous le dis déjà, vous aurez envie de les serrer dans vos bras, tous. Vous aurez envie de pleurer avec eux, et de rire avec eux. De vous réjouir avec eux », a écrit Rivlin.

Le président Reuven Rivlin lit un livre à des enfants à l’école maternelle Hadas, le 3 janvier 2016. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Faisant écho aux thèmes qu’il a exprimés dans un discours de 2015 mettant en garde contre la détérioration de l’unité de la société israélienne, Rivlin a écrit : « Parmi les tribus, à l’ombre des controverses et des déchirements, vous trouverez des gens courageux qui ne parlent pas du ‘ensemble’, ils le vivent tout simplement. Au jour le jour et heure par heure. Dans leurs maisons, ceux de droite et de gauche, Juifs et Arabes, anciens et nouveaux immigrants, religieux et traditionnels, jeunes et vieux. Des gens de toutes les confessions, de tous les secteurs et de toutes les ethnies. Tous, des Israéliens. Magnifiques, instructifs et généreux. Et quel cœur ils ont, au-delà des mots. »

Rivlin a également prévenu son successeur au sujet des conséquences émotionnelles de son mandat, l’avertissant que son sommeil avait parfois été perturbé par les pensées de ceux qu’il rencontrait et qui étaient confrontés à différents problèmes sous une forme ou une autre.

« Vous serez surpris. Tombez amoureux. Soyez fier. Prenez les choses à cœur », écrit Rivlin.

« Bien souvent, lors de voyages, de réunions, je me suis dit que le titre de ‘Citoyen numéro un’ était né simplement parce que c’est le peuple numéro un. Aujourd’hui, j’en suis sûr », a conclu Rivlin.

Un buste du président Reuven Rivlin, à gauche, par l’artiste Sigalit Landau, dans l’Avenue des présidents, à la Résidence du président, le 5 juillet 2021. (Crédit : Haim Zach/ GPO)

Herzog, ancien président de l’Agence juive et leader du Parti travailliste, a obtenu plus de voix à la Knesset – 87 sur 120 – lors de l’élection début juin que n’importe quel autre candidat à la présidence dans l’histoire du pays. Miriam Peretz, une militante sociale et éducatrice lauréate du prix Israël qui a perdu deux fils soldats dans les guerres d’Israël, a été soutenue par 26 législateurs lors du vote à bulletin secret.

Avant la cérémonie, Herzog a prié au Kotel mardi et a écrit dans la note qu’il a laissée dans les fissures du mur, qu’il se consacrera à « l’unité de notre peuple et à l’amour véritable d’Israël ».

Herzog, qui était le chef de l’opposition et le principal adversaire de l’ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu lors des élections générales de 2015, a déclaré qu’il espérait « pouvoir travailler avec n’importe quel gouvernement et n’importe quel Premier ministre ».

Le président israélien a en grande partie un titre honorifique, mais il joue un rôle clé en décidant qui reçoit le mandat de former un gouvernement à la suite des élections. Le président a également le pouvoir de gracier des individus et d’accorder la clémence.

Le président israélien nouvellement élu Isaac Herzog (à gauche) avec le Premier ministre de l’époque Benjamin Netanyahu à la Knesset après l’élection de Herzog, le 2 juin 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

À l’approche du vote de juin, Herzog a refusé de dire s’il envisagerait de gracier Netanyahu, qui est en procès dans trois affaires de corruption.

Avocat de profession dans l’un des plus grands cabinets du pays (fondé par son père), Herzog a une histoire familiale qui le rapproche du pouvoir israélien.

Il est le petit-fils du premier grand rabbin ashkénaze d’Israël, Isaac Herzog, dont il porte le nom, et le fils de l’ancien major général de Tsahal devenu président, Chaim Herzog. Son frère Michael est un général de brigade de Tsahal à la retraite. Sa tante Suzy était l’épouse de l’ancien ministre des Affaires étrangères Abba Eban.

Au cours de son mandat, M. Rivlin a toujours obtenu un taux d’approbation élevé de la part de la population. Sa détermination à représenter le large éventail des communautés israéliennes et sa compassion évidente ont trouvé un écho auprès du public.

Plus tôt ce mercredi, un buste de Rivlin a été dévoilé dans le jardin des statues de la résidence officielle du président. La sculpture a été érigée lundi aux côtés de celles des prédécesseurs de Rivlin, deux jours avant la fin de son mandat de sept ans.

Sur une plaque placée sous le buste figure une citation de Rivlin : « Sans la capacité d’écouter, il n’y a pas de capacité d’apprendre. Sans la capacité d’apprendre, il n’y a pas de capacité de réparer. »

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