Herzog met en garde contre la possibilité d’un Etat binational
Rechercher

Herzog met en garde contre la possibilité d’un Etat binational

Le leader de l'Union sioniste explique que la séparation d'avec les Palestiniens est impérative pour le maintien d'une majorité juive en Israël

Le dirigeant de l'Union sioniste, Isaac Herzog, à la Conférence de Herzliya, le 7 juin 2015 (Capture d'écran: Youtube HerzliyaConference)
Le dirigeant de l'Union sioniste, Isaac Herzog, à la Conférence de Herzliya, le 7 juin 2015 (Capture d'écran: Youtube HerzliyaConference)

Le chef de l’opposition israélienne, Isaac Herzog, a averti dimanche que si les efforts pour parvenir à un accord de paix dans la région n’aboutissaient pas, « la plus grande menace pour l’existence de l’Etat d’Israël » est l’émergence possible d’un Etat binational grossièrement divisé entre Juifs et Arabes.

« Dans une dizaine d’années, les Arabes entre le Jourdain et la Méditerranée seront la majorité et les Juifs la minorité », a déclaré Herzog lors d’un discours à la Conférence d’Herzliya.

« Le foyer national juif deviendra le foyer national palestinien. Nous serons, à nouveau, pour la première fois depuis 1948, une minorité juive au milieu d’une majorité arabe croissante. »

Herzog a critiqué le gouvernement actuel du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour son absence d’initiatives diplomatiques, ajoutant que sur les 30 députés du Likud à la Knesset, 20 sont officiellement opposés à la création d’un Etat palestinien.

Il a souligné que lui et son parti, au contraire, sont déterminés à séparer Israël de la population palestinienne – actuellement sous son contrôle – afin de préserver le statut unique du pays en tant qu’Etat à majorité juive.

« Je veux me séparer des Palestiniens », a déclaré Herzog, qui dirige le parti de l’Union sioniste. « Je veux maintenir un Etat juif avec une majorité juive. Je ne veux pas 61 députés palestiniens à la Knesset d’Israël. Je ne veux pas d’un Premier ministre palestinien en Israël. Je ne veux pas les faire changer mon drapeau et mon hymne national. »

« Je ne veux pas qu’ils changent le nom de mon pays en Isra-Stine », a continué Herzog, dans une référence apparente à des propositions concernant la création d’un Etat israélo-palestinien confédéré englobant le territoire d’Israël, ainsi que la Cisjordanie et la bande de Gaza.

Des femmes palestiniennes brandissant une écharpe aux couleurs de la Palestine alors que de jeunes israéliens brandissent leur drapeau national dans la "marche des drapeaux" passant devant la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem lors des célébrations de Yom Yeroushalayim, le 17 mai 2015. (Crédit photo: AFP / Jack Guez)
Des femmes palestiniennes brandissant une écharpe aux couleurs de la Palestine alors que de jeunes israéliens brandissent leur drapeau national dans la « marche des drapeaux » passant devant la porte de Damas, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lors des célébrations de Yom Yeroushalayim, le 17 mai 2015. (Crédit photo: AFP / Jack Guez)

Herzog a poursuivi en réclamant une initiative régionale immédiate visant à la fois à désarmer et à reconstruire la bande de Gaza, qui a été dévastée par la guerre de 50 jours de l’été dernier entre Israël et le Hamas.

Il a dit que s’il était Premier ministre, il œuvrerait pour conclure des accords de paix avec des partenaires régionaux modérés, fixerait la vallée du Jourdain comme frontière de sécurité d’Israël, et proposerait des mesures visant à renforcer la confiance avec les Palestiniens.

Il a enfin condamné ce qu’il a appelé le « lavage de cerveau » des étudiants britanniques qui ont voté en faveur d’une motion de boycott d’Israël. Mais il a affirmé que Netanyahu n’avait pas fait assez pour contrecarrer les tentatives de discréditer la légitimité de l’Etat juif.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...