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Herzog sur Kippour : les clivages, un « véritable danger pour la société israélienne »

Lors d'une cérémonie pour le cinquantenaire de la guerre de Kippour, le président a appelé les Israéliens à mettre de coté les différences et à s'unir, comme en 1973

Le président israélien Isaac Herzog à une cérémonie marquant le cinquantenaire de la guerre de Kippour, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/FLASH90)
Le président israélien Isaac Herzog à une cérémonie marquant le cinquantenaire de la guerre de Kippour, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/FLASH90)

Le président Isaac Herzog a lancé l’alarme mardi au sujet des événements survenus cette semaine à Tel Aviv, au cours desquels des Israéliens laïcs et religieux se sont affrontés au sujet de la séparations hommes/femmes lors d’offices publics de prière du Yom Kippour, mettant en garde contre le fait que ce fossé sociétal constitue un « véritable danger » pour la sécurité nationale.

Un groupe religieux a enfreint un ordre municipal soutenu par la Cour suprême, en installant une cloison improvisée pour les prières du Yom Kippour sur une place centrale de Tel Aviv, provoquant des manifestations en colère de la part des résidents progressistes qui ont finalement empêché la tenue de l’office.

Des événements similaires et des manifestations similaires ont eu lieu dans des lieux publics à travers le pays.

Herzog a pris la parole mardi aux côtés du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du ministre de la Défense Yoav Gallant et du chef d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi lors d’une cérémonie au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, à l’occasion du cinquantenaire de la guerre du Yom Kippour, qui a commencé par une attaque surprise de l’Égypte et de la Syrie que le renseignement et la direction israéliens n’avaient pas anticipée.

Herzog a noté qu’en 1973, les Israéliens avaient été contraints de « mettre de côté toutes les désaccords et de s’unir pour riposter contre des ennemis qui cherchaient à les éradiquer. »

« Nous devons tirer les leçons et comprendre vraiment que la menace intérieure en Israël est la menace la plus aiguë et la plus dangereuse de toutes », a-t-il ajouté.

Il a qualifié les événements de cette année à Tel Aviv « d’exemple choquant et douloureux de l’escalade et de l’extrémisme de la lutte intérieure en notre sein. »

« Je sais que je parle au nom de la grande majorité des citoyens israéliens lorsque j’exprime une profonde tristesse et un choc à la vue de notre propre peuple se battant les uns contre les autres en un jour qui a toujours été le symbole de l’unité », a-t-il déclaré.

« Comment en sommes-nous arrivés à cette terrible situation, cinquante ans après cette guerre amère, où sœurs et frères se tiennent de part et d’autre de la division ? Ceux qui jettent de l’huile sur le feu constituent une véritable menace pour l’unité israélienne. Il faut que cela s’arrête ici et maintenant. La division, les clivages, les disputes sans fin, ce sont de véritables dangers pour la société israélienne et pour la sécurité de l’État d’Israël », a averti le président.

« Les ennemis d’Israël commentent cela à plusieurs reprises et font référence à la crise interne en nous comme au début de l’effondrement de l’État d’Israël ; et même s’ils ont complètement tort, nous devons revenir à la raison, adoucir le ton, écouter, tendre la main et mettre fin à la crise interne que nous traversons par le dialogue et l’accord », a-t-il exhorté.

« Il ne s’agit pas seulement de paroles en l’air, mais d’une obligation historique. Ainsi, que les historiens et les dirigeants ne regardent pas ces jours-ci dans cinquante ans et ne voient pas le terrible prix que cette rupture nous a fait payer, et ne se demandent pas : ‘Comment n’ont-ils pas compris l’ampleur du danger et la profondeur de l’abîme ? Après tout, c’était devant leurs yeux.' »

Netanyahu, s’exprimant après Herzog, a également salué la mobilisation « héroïque » de toutes les parties de la société israélienne en 1973, qui, selon lui, a sauvé le pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à une cérémonie marquant le cinquantenaire de la guerre de Kippour, au cimetière militaire du mont Herzl, à Jérusalem, le 26 septembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/FLASH90)

« C’était la colle qui reliait unité à unité, personne à personne – l’engagement intransigeant envers notre nation, envers notre patrie », a déclaré le Premier ministre.

« Le peuple a remporté la guerre. Le peuple – laïc et religieux, de gauche et de droite, Juifs et non-Juifs – tout le monde a prouvé à l’époque que ce qui nous unit est plus grand que ce qui nous divise. »

Netanyahu a également établi un parallèle entre 1973 et 2023 : « Je suis sûr qu’aujourd’hui aussi, si une guerre nous est imposée, ce qui nous unit l’emportera sur ce qui nous divise, car en temps de crise, nous savons tous que nous avons une nation, une armée, un pays. Nous avons un passé, et je ne doute pas que nous avons aussi un avenir commun pour nous tous. »

Lundi soir, Netanyahu accusait les activistes laïques de « s’en prendre aux Juifs » et a déclaré qu’il « semble qu’il n’y ait pas de limites, de normes ni de limitations à la haine des extrémistes de gauche. Moi, comme la plupart des citoyens israéliens, rejette cela. Un tel comportement violent n’a pas sa place parmi nous. »

Yaïr Netanyahu, le fils du Premier ministre, a jugé bon de comparer l’incident à des pogroms antisémites, écrivant dans un message sur Facebook : « Les gauchistes se déchaînent contre les Juifs qui prient (laïcs et religieux, soit dit en passant) à Yom Kippour, puis justifient cette violence et blâment leurs victimes. Cela rappelle la façon dont les antisémites en Europe blâmaient les Juifs après avoir commis des pogroms à leur encontre ».

Gallant, dans ses commentaires lors de la cérémonie de mardi, s’est fait l’écho de Herzog et de Netanyahu et a déclaré que « surtout en ces jours, nous devons nous rappeler que nous sommes des frères portant des milliers d’années d’histoire et de valeurs communes. »

Il a ajouté qu’en cas de futures guerres, « nous aurons besoin de tout le monde. »

Le conflit entourant l’office de prière survient au milieu d’un débat national croissant sur le rôle de la religion dans les espaces publics, exacerbé dans le cadre des manifestations contre la réforme judiciaire du gouvernement, et face aux inquiétudes des femmes quant à la protection de leurs droits.

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