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Heurts entre des Palestiniens et des soldats qui recherchent le terroriste de samedi

Aviv Kohavi a dit que des leçons seraient tirées de l'enquête qui a révélé que les soldats n'avaient pas réagi lorsque le terroriste s'était s'approché et qu'il avait ouvert le feu

Les forces de sécurité israéliennes utilisent des gaz lacrymogènes au milieu d'affrontements avec des Palestiniens, alors qu'elles mènent une chasse à l'homme pour retrouver l’auteur de la fusillade dans le camp de réfugiés de Shuafat, le 9 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Les forces de sécurité israéliennes utilisent des gaz lacrymogènes au milieu d'affrontements avec des Palestiniens, alors qu'elles mènent une chasse à l'homme pour retrouver l’auteur de la fusillade dans le camp de réfugiés de Shuafat, le 9 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Des affrontements ont eu lieu dimanche entre les soldats israéliens qui étaient à la recherche de l’auteur présumé de la fusillade meurtrière commise à un checkpoint de Jérusalem-Est et des Palestiniens, dans un camp de réfugiés de la ville. Le chef de l’armée a promis, quant à lui, de tirer les leçons de l’incident qui a fait un mort et un blessé grave parmi les agents de la police des frontières.

Un grand nombre de policiers, de soldats et d’agents du service de sécurité du Shin Bet ont lancé une chasse à l’homme pour retrouver le tireur qui semble s’être échappé dans le camp de réfugiés de Shuafat après avoir ouvert le feu sur un groupe de soldats samedi soir, selon la police.

Un hélicoptère a été utilisé pour balayer des airs cette zone surpeuplée de Jérusalem-Est, et des forces spéciales ont également été déployées pour renforcer les recherches, a indiqué la police.

L’accès au camp de réfugiés a été fortement restreint pendant la chasse à l’homme et les forces qui sont entrées dans le camp de Shuafat se sont heurtées à des dizaines de Palestiniens, qui leur ont lancé des pierres et des pétards, selon la police et des vidéos de la scène.

La police a déclaré que des « méthodes de maintien de l’ordre » avaient été utilisées pour disperser les émeutiers masqués.

« Le camp de réfugiés est complètement encerclé… Cela prendra peut-être des heures, voire des jours, mais nous l’attraperons », a déclaré dimanche le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, à la chaîne de télévision publique Kan. « Ce n’est pas la première fois que nous avons affaire à des terroristes venant de Jérusalem-Est. C’est une situation très difficile. »

Non loin de là, le chef d’état-major de Tsahal Aviv Kohavi s’est rendu sur les lieux de l’attaque, à un poste de contrôle situé à l’entrée de Shuafat, remerciant les gardes qui tenaient le poste mais laissant entendre qu’il y avait pu avoir des défaillances en matière de sécurité qui ont finalement facilité l’attentat.

« Nous allons examiner l’incident et en tirer des conclusions afin d’éviter des incidents similaires à l’avenir – c’est notre responsabilité et nous l’assumerons comme il se doit », a-t-il déclaré aux troupes lors de cette visite effectuée dimanche après-midi.

Un homme armé avait ouvert le feu à un poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, dans la nuit de samedi à dimanche, tuant la sergente Noa Lazar, 18 ans, membre du bataillon Erez de la police militaire, et blessant un garde civil. Le garde avait été hospitalisé dans un état grave.

Le Sgt Noa Lazar, 18 ans, tuée lors d’une fusillade à Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022. (Crédit : Facebook)

La mort de Lazar avait été prononcée après son évacuation à l’hôpital dans le sillage de l’attaque – au cours de laquelle le tireur semble avoir ouvert le feu sur un groupe de soldats à bout portant.

Une vidéo publiée dimanche montre le tireur sortir du côté passager d’un véhicule blanc arrêté au checkpoint près de Shuafat, s’approcher d’un groupe de soldats et ouvrir le feu à bout portant à l’aide d’une arme de poing. Deux soldats tombent au sol tandis que les autres s’abritent à la hâte pour échapper au tireur.

Ce dernier continue de tirer sur une victime allongée au sol avant de s’enfuir, son arme paraissant s’être enrayée.

Le tireur palestinien, cerclé de rouge, s’approchant d’un groupe de soldats et de gardes civils de Tsahal, manifestement sans éveiller de soupçons, à un poste de contrôle de Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022 (Crédit : Kan)

Selon le site d’information Ynet, une enquête initiale sur l’attaque a établi que le tireur avait tiré huit balles à bout portant en direction du groupe de soldats qui se tenait au poste de contrôle, sans qu’aucun des membres du personnel sur place ne parvienne à riposter ou à le toucher.

Selon ces investigations initiales, la fusillade a eu lieu au moment de la relève des soldats qui allaient laisser la place à une autre équipe – un moment de vulnérabilité tactique dans les checkpoints qui nécessite une sécurité accrue.

L’incident devrait entraîner le renvoi de certains des gradés présents sur les lieux, a rapporté Ynet.

Des soldats israéliens montent la garde à l’une des entrées du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, le 9 octobre 2022. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Quatre personnes soupçonnées de complicité ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche, et elles resteront en détention au moins jusqu’au 16 octobre, selon un communiqué de la police publié dimanche.

La mère, le père et le frère du suspect ont également été appréhendés, selon les médias israéliens.

Selon la police, le tireur, un Palestinien de 22 ans résidant à Jérusalem-Est, a été accompagné au poste de contrôle par un complice qui est également toujours en fuite.

« Le véhicule [qui a déposé l’assaillant] a continué jusqu’à ce que le conducteur l’abandonne et s’échappe dans l’autre direction vers une zone proche du camp de réfugiés de Shuafat, où il est le plus susceptible de s’être enfui », a déclaré Barlev à Kan.

La fusillade s’est produite dans un contexte de recrudescence de la violence et de tensions accrues en Cisjordanie.

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, rencontrant des commandants et des soldats positionnés à un poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, où une soldate a été prise pour cible par un assaillant palestinien, le 9 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Quelques heures plus tôt, samedi, deux adolescents palestiniens avaient été tués lors d’un raid israélien en Cisjordanie, alors que les Nations unies ont averti que la « montée de la violence » sur ce territoire « alimente un climat de peur, de haine et de colère ».

L’attaque a eu lieu la veille du début de la fête de Souccot. Israël avait prévu de limiter la fermeture de la Cisjordanie, une fermeture qui entrave les déplacements des Palestiniens et qui est habituellement imposée pendant les fêtes – entre le premier et le dernier jour de Souccot – mais Barlev a déclaré à la Radio militaire que les responsables de la sécurité se réuniront sans doute lundi soir pour discuter de l’extension des limitations.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, au centre, et le commandant de la police du district de Jérusalem, Doron Turgeman, à gauche, visitant le lieu de l’attaque au poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 9 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)

Il a déclaré à Kan qu’Israël « faisait le maximum pour éviter une opération militaire en Cisjordanie », mais il a noté que la récente flambée de violences pourrait obliger Israël à prendre une mesure plus décisive.

« Nous sommes proches de l’opération militaire. Nous n’en sommes pas encore là. Nous devons continuer à évaluer la situation et nous prendrons des décisions en conséquence », a déclaré Barlev.

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