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Heurts police/Palestiniens à la Porte de Damas : 17 blessés et 22 arrestations

La tension monte depuis des semaines dans la zone située à l'extérieur de la Vieille Ville de Jérusalem, ce qui a conduit à des "dizaines" d'arrestations

Des Palestiniens affrontent la police lors d'une manifestation à la Porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 19 octobre 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)
Des Palestiniens affrontent la police lors d'une manifestation à la Porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem, le 19 octobre 2021. (Crédit : Jamal Awad/Flash90)

Des Palestiniens ont affronté mardi la police à la porte de Damas à Jérusalem. 22 personnes ont été arrêtées et 17 autres auraient été blessées, alors que les tensions sur ce site explosif s’intensifiaient.

Selon la police, les Palestiniens se sont violemment révoltés et ont jeté des pierres sur les bus à proximité, ce qui a conduit les officiers à utiliser des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes contre les manifestants. Les canons de la police ont également pulvérisé à plusieurs reprises de l’eau nauséabonde dans les rues et sur la place près de l’arche, afin de disperser les manifestants palestiniens.

Les médecins du Croissant-Rouge palestinien ont indiqué avoir soigné 17 Palestiniens blessés depuis mardi après-midi dans le secteur de la Porte de Damas. Dix ont été hospitalisés, tandis que les autres ont été soignés sur place, a indiqué l’organisation de premiers secours.

Ces affrontements sont parmi les pires dans la Vieille Ville depuis le mois de mai, lorsque la violence dans cette zone tendue a contribué à déclencher la guerre de 11 jours entre Israël et le Hamas.

Plus tôt, les médias palestiniens ont diffusé sur les réseaux sociaux des vidéos qui, selon eux, montrent une brutalité apparente de la part de la police israélienne lors de la dispersion des rassemblements palestiniens près de la porte de Damas. Sur les vidéos de la scène, on peut voir la police israélienne arrêter plusieurs Palestiniens, dont des enfants.

Dans une autre vidéo, on peut voir un adolescent palestinien qui, tour à tour, recule devant la police et se bat avec les agents, qui le frappent à coups de matraque avant de l’arrêter. Un agent en civil a également tiré des balles réelles en l’air lors d’une arrestation.

Mardi soir, le calme semblait être revenu près Porte de Damas. Les bus, les voitures et les piétons circulaient librement tandis que les policiers restaient stationnés près de l’entrée de la Vieille Ville.

Les tensions à Jérusalem entre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes se sont accrues ces derniers jours. Des affrontements répétés près de la Porte de Damas ont conduit à des « dizaines d’arrestations » au cours des dernières semaines, selon la police israélienne.

Selon un porte-parole du service de bus Egged, des « dizaines de bus » ont été endommagés au cours des dernières semaines en raison des jets de pierres palestiniens dans la zone.

Les récents affrontements ont été apparemment déclenchés par des fouilles israéliennes près de deux cimetières de Jérusalem – le cimetière de Yusufiyya, près de la porte d’Hérode, et le cimetière de Bab al-Rahma, de l’autre côté de la Vieille Ville, près de la porte des Lions.

Des militants palestiniens ont accusé les autorités israéliennes d’avoir endommagé des tombes palestiniennes sur le site de Yusufiyeh. Un tribunal israélien a rejeté ces accusations, car le terrain en question avait été déclaré « terrain public ouvert » et ne se trouvait pas dans les limites établies des cimetières. Une injonction antérieure avait ordonné aux organisations musulmanes locales de cesser de considérer la zone comme un cimetière.

Mais les affrontements semblent également avoir pris de l’ampleur après des nuits de violences et d’arrestations répétées près de la porte de Damas. Mardi matin, on pouvait déjà voir une présence israélienne intensive déployée dans la zone, contrôlant les voitures et fouillant les passants palestiniens.

« Nous voyons Israël punir les Palestiniens dans notre ville sainte, et cela conduit à des affrontements quotidiens près de la porte de Damas », a déclaré Nasir al-Qaws, un Palestinien de Jérusalem-Est et militant du parti Fatah.

D’autres vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent les passagers juifs d’un bus israélien traversant la zone de se baisser lorsque des pierres lancées par des Palestiniens brisent les vitres du bus. Le service de secours du Magen David Adom a déclaré avoir transporté à l’hôpital deux personnes blessées à bord du bus, dont le chauffeur.

Le maire adjoint de Jérusalem, Arieh King, a semblé demander que les émeutiers palestiniens soient abattus. « Le temps est venu de tirer sur le torse et de blesser les terroristes », a-t-il tweeté en réponse aux vidéos.

La Porte de Damas est devenue un lieu de tensions durant l’escalade qui a précédé le conflit de 11 jours qui a opposé Israël et les groupes terroristes de Gaza en mai. À la mi-avril, la police israélienne avait érigé des barricades sur l’escalier de pierre menant à l’arche pendant la fête musulmane du Ramadan. Cette mesure a déclenché de violents affrontements avec les Palestiniens, pour qui s’asseoir sur l’escalier est une tradition de fête.

La police a fini par retirer les barricades suite aux critiques du public. Mais les affrontements ont déclenché d’autres violences, et le groupe suprémaciste juif Lehava a organisé une contre-manifestation sur les lieux fin avril. Au fil des jours, les affrontements nocturnes à la porte de Damas sont devenus un événement régulier.

Début mai, des Israéliens nationalistes religieux avaient prévu d’organiser une marche traditionnelle à la Porte de Damas à l’occasion de la Journée de Jérusalem, pour célébrer la prise par Israël de la partie orientale de la ville en 1967. Les responsables de la sécurité ont mis en garde contre le risque d’attiser les tensions avec les Palestiniens, voire de déclencher une guerre, et le gouvernement a détourné le défilé au dernier moment.

Les terroristes du Hamas ont ensuite tiré des roquettes en direction de Jérusalem malgré l’annulation, invoquant les récents raids de la police sur le mont du Temple. Le sommet de la colline, le site le plus sacré du judaïsme, abrite également la mosquée Al-Aqsa, le troisième site le plus sacré de l’islam.

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