Hezbollah : L’envoyé israélien met en cause le chef de l’ONU
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Hezbollah : L’envoyé israélien met en cause le chef de l’ONU

Erdan accuse l'ONU de "détourner le regard des crimes de guerre du Hezbollah" et dénonce une équivalence faite par ce dernier entre un pays démocratique et le groupe terroriste

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ambassadeur israélien aux Nations unies Gilad Erdan, à gauche, et le secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres, le 12 novembre 2020. (Crédit : UN Photo/Mark Garten)
L'ambassadeur israélien aux Nations unies Gilad Erdan, à gauche, et le secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres, le 12 novembre 2020. (Crédit : UN Photo/Mark Garten)

NEW YORK — L’ambassadeur israélien aux Nations unies, Gilad Erdan, a vivement critiqué le secrétaire-général de l’ONU, Antonio Guterres, suite à sa réponse aux tensions le long de la frontière séparant Israël du Liban, l’accusant de « détourner le regard des crimes de guerre et des actes de terrorisme » du Hezbollah.

Vendredi, le groupe soutenu par l’Iran a lancé 19 missiles en direction de zones non-habitées du nord d’Israël – son plus barrage depuis la Seconde guerre du Liban, en 2006. L’État juif a répondu par des tirs d’artillerie.

Dans une déclaration faite dans la journée de dimanche, Guterres avait fait part de « sa profonde préoccupation concernant l’escalade récente entre le Liban et Israël des deux côtés de la Ligne bleue, avec notamment des tirs de roquettes vers Israël et des frappes aériennes et des tirs d’artillerie au Liban ».

« Le secrétaire-général appelle les deux parties à faire preuve de la plus grande retenue et à s’engager de manière active auprès des dispositifs de liaison et de coordination de la FINUL », continuait le communiqué. « Il est de la plus haute importance que tous les acteurs impliqués évitent des actions susceptibles de renforcer les tensions et d’entraîner des erreurs de jugement ».

Une réponse qui a paru ulcérer Erdan, qui a émis son propre communiqué, disant qu’il était « malheureux que le secrétaire-général des Nations unies fasse le choix, de manière répétée, de créer une équivalence morale entre des attaques commises par une organisation terroriste désignée et l’État d’Israël, respectueux de la loi et démocratique, qui fait partie de l’ONU ».

« Il est inconcevable que les tirs de roquettes que le Hezbollah lui-même a explicitement revendiqués n’aient pas été attribués par le secrétaire-général à l’organisation terroriste », a ajouté Erdan.

Des obusiers israéliens tirent vers le Liban depuis un poste situé à proximité de Kiryat Shmona, dans le nord, suite à des tirs de roquettes du groupe terroriste libanais du Hezbollah, le 6 août 2021. (Crédit : Jalaa Marey/AFP)

« L’ONU continue, de manière tout à fait délibérée, de détourner le regard des crimes de guerre et des actes terroristes du Hezbollah, ainsi que de son contrôle effectif du territoire libanais. Ces actions commises par le Hezbollah entraîneront à terme la destruction du Liban », a continué l’envoyé. « Nous attendons davantage de l’ONU qu’il serve de porte-parole à la clarté morale avant qu’il ne soit trop tard pour la population du Liban et pour la région dans son ensemble ».

Dimanche également, le Premier ministre Naftali Bennett a mis en cause le gouvernement libanais après les tirs de roquettes du Hezbollah, en affirmant que Beyrouth devait « endosser la responsabilité de ce qui se passe sur son territoire. »

« Ça n’a pas d’importance pour nous qu’il s’agisse d’une organisation palestinienne ou de factions rebelles. L’État d’Israël n’acceptera pas de tirs sur son territoire », a déclaré Bennett au début de la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem.

Le Hezbollah a lancé 19 roquettes en direction de l’État juif, vendredi – son attaque la plus forte depuis 2006. Le groupe terroriste a indiqué que ces tirs de missiles venaient répondre à des frappes aériennes israéliennes qui avaient été menées au Liban suite à des tirs de roquettes non revendiquées.

Samedi, le secrétaire-général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré que le groupe terroriste ne cherchait pas l’escalade avec Israël mais qu’il répondrait à toutes les frappes en provenance de l’État juif.

L’armée israélienne dit espérer pouvoir contenir la situation sur la frontière nord sans escalade majeure. Le porte-parole de l’armée, Ran Kochav, a déclaré vendredi aux journalistes qu’Israël « n’a pas l’intention d’entrer en guerre mais nous ne voulons pas transformer la frontière avec le Liban en ligne d’affrontement ».

Les frappes aériennes de la semaine dernière ont été les premières ouvertement reconnues par les militaires israéliens dans le sud du Liban depuis 2014. Des ripostes qui avaient pu avoir lieu dans le passé s’étaient limitées à des tirs d’artillerie.

Le Liban subit depuis plusieurs mois une crise politique et économique qui ne cesse d’empirer, et certains observateurs ont mis en garde contre un effondrement total de ce pays plus fragile que jamais.

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