High-tech : Israël financera les méthodes innovantes de formation de candidats
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High-tech : Israël financera les méthodes innovantes de formation de candidats

Face à la pénurie de travailleurs, l'Autorité de l'innovation soutient start-ups et initiatives visant à exploiter les talents des communautés sous-représentées dans le secteur

Ricky Ben-David est journaliste au Times of Israël

Des jeunes femmes ultra-orthodoxes faisant partie du programme Adva qui vise à leur donner des compétences pour le secteur de la haute technologie. (Autorisation)
Des jeunes femmes ultra-orthodoxes faisant partie du programme Adva qui vise à leur donner des compétences pour le secteur de la haute technologie. (Autorisation)

Dans un contexte de pénurie chronique de professionnels de la technologie, l’Autorité israélienne de l’innovation (AII) a annoncé dimanche une nouvelle initiative visant à financer des start-ups et des projets de formation de travailleurs qualifiés dans le secteur de la haute technologie.

L’initiative vise à encourager la formation professionnelle dans divers domaines de la haute technologie, en mettant l’accent sur l’intégration des candidats issus des communautés sous-représentées en Israël dans le secteur de la technologie, notamment les professionnels ultra-orthodoxes et arabes, les femmes, les travailleurs de plus de 45 ans et ceux qui vivent en dehors des zones centrales d’Israël. L’accent sera également mis sur la possibilité d’attirer des travailleurs qualifiés de l’étranger.

Baptisé « programme de fonds pour le capital humain », le programme de l’AII offrira un financement allant jusqu’à 70 % pour les « modèles novateurs et révolutionnaires » qui conduiront à davantage de formation professionnelle, à un recyclage si nécessaire, et au placement des candidats dans des emplois technologiques.

L’AII, chargée de définir les politiques technologiques du pays et d’encourager l’écosystème technologique, soutiendra deux types de subventions : l’une pour les initiatives en phase de démarrage dont le budget demandé ne dépasse pas un million de shekels et pour laquelle l’agence financera 70 % du projet, et l’autre pour les entreprises en phase de croissance dont le budget demandé est de 15 millions de shekels et pour laquelle elle fournira 50 %, ou 70 % dans des « cas exceptionnels ».

Le programme se concentrera sur quelques domaines, notamment le placement de « juniors », c’est-à-dire de personnes qui commencent tout juste leur carrière dans le secteur de la technologie, l’amélioration des compétences technologiques des personnes qui ont déjà travaillé dans le secteur de la technologie afin de permettre leur réintégration, l’aide aux diplômés universitaires dans des domaines connexes pour qu’ils transposent leur formation dans des professions de haute technologie, l’intégration de personnes issues de programmes de formation non universitaires et le recrutement à l’étranger, en particulier d’immigrants, de personnes éligibles en vertu de la loi du retour, d’Israéliens de retour au pays et d’experts étrangers.

Les propositions seront évaluées en fonction de leur capacité à recruter des ressources humaines qualifiées dans l’industrie, du rapport coûts/avantages du programme, de son caractère « innovant » et de sa capacité à recruter des partenaires et à se développer, a déclaré l’AII.

Le PDG de l’AII, Dror Bin, a déclaré dans un communiqué que l’industrie israélienne de la haute technologie « a fait preuve d’une forte résilience pendant la crise du corona[virus], grâce à la capacité de l’industrie à réagir rapidement à un nouvel environnement de travail et à des conditions incertaines. » En outre, le secteur a battu de nouveaux records en matière de mobilisation de capitaux, « ce qui a considérablement augmenté le besoin de recruter des travailleurs qualifiés, intensifiant ainsi le problème de la pénurie chronique de travailleurs dans l’industrie. »

Bin a déclaré que l’AII considérait la pénurie de travailleurs comme « le défi le plus important pour la poursuite de la croissance rapide de l’industrie israélienne de la haute technologie et pour la préservation de son leadership international et de sa compétitivité », ajoutant que l’agence continuera à travailler avec l’industrie « pour créer des solutions bénéfiques et innovantes qui amélioreront sa situation actuelle. »

La ministre de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie, Orit Farkash-Hacohen, a également déclaré que la pénurie était « un défi national pour l’ensemble de l’économie israélienne. » Elle a qualifié le nouveau programme de l’IIA d’ « étape importante pour relever ce défi stratégique à court terme au cours des prochains mois » et a fait remarquer qu’il s’ajoutait à une série de mesures déjà prises par le gouvernement, notamment un plan quinquennal de plus de 500 millions de shekels pour stimuler les programmes scientifiques et de haute technologie dans la communauté arabe d’Israël.

La solution se trouve dans la diversité

Selon le dernier rapport sur le capital humain publié en avril par l’Autorité israélienne de l’innovation et Start-Up Nation Central, il y avait 13 000 postes ouverts dans l’industrie technologique israélienne fin de décembre 2020. Ce chiffre était inférieur de 30 % au nombre d’emplois disponibles en juin 2019, date à laquelle le précédent rapport avait été publié, ce qui montre que même si l’économie technologique s’est maintenue pendant la pandémie de COVID-19, elle n’en est pas sortie indemne, indique le rapport.

Certaines populations, certaines entreprises et certains secteurs ont été plus touchés que d’autres par la pandémie, indique le rapport. Les plus touchés ont été les femmes, les ultra-orthodoxes et les travailleurs arabes, qui se sont impliqués davantage ces dernières années dans le secteur technologique du pays. Mais la pandémie a fini par toucher ces populations de manière disproportionnée.

« La crise du coronavirus a mis fin aux tendances positives de ces dernières années concernant l’intégration accrue des femmes et des membres des communautés arabe et ultra-orthodoxe dans le secteur de la haute technologie », note le rapport.

Au total, il y avait une moyenne annuelle de 334 000 personnes employées dans le secteur de la tech en 2020, selon le rapport, ce qui représente 9,8 % de la main-d’œuvre totale, un niveau record.

« Le fait que la demande de capital humain dans la haute technologie reste élevée même en année de crise mondiale suggère que la pénurie est chronique », a déclaré Eugene Kandel, alors PDG de Start-Up Nation Central, dans une préface du rapport à l’époque.

L’augmentation de la demande en technologies, mise en évidence par la pandémie, rendra la pénurie de travailleurs encore plus aiguë, et la demande d’employés capables de développer des solutions augmentera, tant dans le secteur des hautes technologies que dans les autres secteurs en pleine transformation numérique, a-t-il ajouté.

La façon de combler cette pénurie, a-t-il dit, est d’exploiter les populations sous-représentées.

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