Hollande : L’attaque au sarin preuve du « sentiment d’impunité » d’Assad
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Hollande : L’attaque au sarin preuve du « sentiment d’impunité » d’Assad

Le président français a demandé au Conseil de sécurité de l'ONU "de prendre ses responsabilités" ; Des analyses effectuées en Turquie ont permis de confirmer l'utilisation du sarin

Le président français François Hollande s'adresse à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : John Moore/Getty Images/AFP)
Le président français François Hollande s'adresse à la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, le 20 septembre 2016. (Crédit : John Moore/Getty Images/AFP)

L’attaque au sarin en Syrie n’était pas une « provocation » mais relevait d’un « sentiment d’impunité » après l’absence de réaction de la communauté internationale suite à l’attaque de 2013, a estimé François Hollande dans un entretien publié dans Le Monde mercredi.

« Je ne pense pas que ce soit une provocation (…) Ce régime a un sentiment d’impunité. Il a pensé que l’ayant déjà fait, et répété, cela soulèverait des haut-le-cœur mais ne provoquerait rien de plus », a déclaré le chef d’Etat.

Dans son entretien au Monde, François Hollande est longuement revenu sur l’attaque à l’arme chimique de la Ghouta en 2013, après laquelle il avait souhaité une intervention, rejetée au dernier moment par les Etats-Unis.

S’il a dit « comprend(re) » le choix de Barack Obama, M. Hollande a cependant regretté que le président américain n’ait « pas vu qu’il ne s’agissait pas seulement de la Syrie et de la ‘ligne rouge’ face à Bachar al-Assad ».

« Pour Vladimir Poutine, cela a été la révélation que les Etats-Unis préféraient toujours la voie du compromis, la discussion, la diplomatie, plutôt que la force », a affirmé le président de la République, faisant le « lien entre ce qui ne s’est pas passé en Syrie et ce qui s’est passé en Ukraine ».

Le président américain Barack Obama pendant son dernier discours présidentiel, à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israël)
Le président américain Barack Obama pendant son dernier discours présidentiel, à Chicago, le 10 janvier 2017. (Crédit : Ronit Bezalel/Times of Israël)

Les frappes américaines contre le régime syrien ordonnées par Donald Trump ont changé la donne, a estimé M. Hollande.

Le président russe « pensait avoir les mains totalement libres depuis plusieurs mois. Il avait un accord avec la Turquie et une alliance avec l’Iran, tandis que le régime à Damas avait gagné des positions militaires. Il avait même été capable de nouer une petite alliance avec les Kurdes pour dire qu’ils pouvaient aller à Rakka », a rappelé le chef d’Etat.

« Il était le deus ex machina de tout cela, mais maintenant, il ne l’est plus », selon lui.

Avec Bachar al-Assad, qui « porte désormais l’étiquette de massacreur chimique », le président russe « sait que le rapport de force lui est moins favorable », même s’il « n’en montrera rien », a jugé M. Hollande.

Hollande demande à l’ONU « une action résolue » contre les crimes en Syrie

Lors d’un Conseil de défense, le chef de l’État a réclamé en particulier que l’ONU établisse « la vérité sur les conditions de l’attaque par des agents chimiques perpétrée le 4 avril à Khan Cheikhoun », qu’il attribue aux « forces du régime de Bachar El Assad », précise un communiqué de l’Élysée.

Il a demandé aussi que l’ONU continue « de tout mettre en œuvre pour faire cesser les atteintes répétées aux populations civiles victimes du conflit en Syrie », ajoute la présidence.

« Nous avons, dans ce cas précis, la certitude de l’utilisation d’une arme chimique lancée depuis un avion, qui a décollé de la base de Chayrat pour aller » vers sa cible, déclare le président français.

« Selon nos informations, elle n’a pas été utilisée par hasard ni par maladresse, ou seulement pour créer une forme de terreur », mais visait notamment « à causer des pertes », affirme-t-il.

Le Conseil de sécurité doit voter mercredi sur un projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l’attaque chimique présumée qu’il est accusé d’avoir menée sur la localité rebelle, ont indiqué mardi soir des diplomates américains.

Le vote est prévu à 19H00 GMT mais, selon des diplomates, la Russie devrait utiliser son droit de veto.

Le Royaume-Uni, la France et les États-Unis avaient présenté mardi au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution demandant une enquête sur cette attaque, malgré l’échec de négociations la semaine dernière.

Mardi, des analyses effectuées en Turquie ont permis de confirmer l’utilisation du sarin, un puissant agent neurotoxique, dans cette attaque qui a fait 87 morts, selon le ministre turc de la Santé, Recep Akdag.

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