Hollande promet de « détruire l’armée de fanatiques » de l’EI
Rechercher

Hollande promet de « détruire l’armée de fanatiques » de l’EI

A l'occasion de l'hommage solennel national, le président français semble déterminé même si des divergences demeurent entre la coalition

François Hollande à l'hommage national aux Invalides pour les attentats de Paris du 13 novembre 2015 (Crédit : capture d'écran AFP)
François Hollande à l'hommage national aux Invalides pour les attentats de Paris du 13 novembre 2015 (Crédit : capture d'écran AFP)

Deux semaines après les pires attentats de son histoire, le président français François Hollande a promis vendredi à une France « frappée en son coeur » de « détruire l’armée des fanatiques » du groupe Etat islamique, lors d’un hommage solennel rendu aux 130 morts et 350 blessés.

Lola, 17 ans, Elodie, 23 ans, Jean-Jacques, 68 ans… la triste litanie des noms des morts a été égrenée dans un profond silence dans la cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides, un monument historique au coeur de Paris, en présence de quelque 2.600 personnes, dont de nombreuses familles et des blessés.

« Vendredi 13 novembre, ce jour que nous n’oublierons jamais, la France a été frappée en son coeur », a commencé François Hollande, après l’interprétation des chansons « Quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel et « Perlimpinpin » de Barbara, qui ont touché l’assistance.

« 130 vies arrachées, 130 rires que l’on n’entendra plus », a dit, ému, le chef de l’Etat avant de promettre « solennellement » de tout faire pour « détruire l’armée des fanatiques » qui a ensanglanté la capitale française pour la deuxième fois en dix mois.

Seul orateur, le président Hollande a rendu hommage dans un discours d’une quinzaine de minutes « à une génération », fauchée à des terrasses de café ou dans la salle de concerts du Bataclan, « devenue le visage de la France ». La plupart des victimes « avaient moins de 35 ans » et « ces femmes, ces hommes étaient la jeunesse de France », a-t-il dit.

Deux semaines après les attentats, quelque 160 blessés sont toujours hospitalisés, dont une vingtaine en réanimation.

La France peu pavoisée

Quelques familles de victimes avaient décidé de boycotter la cérémonie. Elles accusent le gouvernement socialiste de ne pas avoir réagi avec suffisamment de fermeté après la première vague d’attentats à Paris, en janvier. Dix-sept personnes avaient alors péri dans des attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché casher.

Invités par le président français à s’associer à l’événement en arborant au même moment le drapeau bleu-blanc-rouge à leurs fenêtres, peu de Français semblent avoir répondu à l’appel. Avant tout peut-être, parce que dans un pays réservé vis-à-vis des symboles nationaux, rares sont les familles à disposer chez elles de la bannière française.

Tout juste rentré de Moscou où il a plaidé jeudi en faveur d’une meilleure coordination des pays engagés dans la lutte contre le groupe EI, le président Hollande devait remettre le cap dans l’après-midi vers Malte où se tient un sommet du Commonwealth.

Il a annoncé jeudi, à l’issue d’une visite à son homologue russe Vladimir Poutine, que Paris et Moscou avaient décidé de « coordonner et intensifier » leurs bombardements aériens en Syrie contre l’EI.

Des divergences demeurent : pour François Hollande, le président syrien Bachar al-Assad n’a pas « sa place dans la Syrie » de demain, tandis que Vladimir Poutine considère toujours le régime de Damas comme son « allié naturel dans la lutte contre le terrorisme ».

« Malheureusement, nos partenaires ne sont actuellement pas prêts à travailler ensemble au sein d’une coalition unique », a regretté vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Outre Paris, la critique vise explicitement Washington qui a opposé en début de semaine à François Hollande une fin de non-recevoir à son souhait de voir émerger un vaste ensemble uni dans la lutte contre l’EI.

La Syrie, dans les coulisses de la COP21

Les présidents américain Barack Obama, russe Vladimir Poutine, et français François Hollande se retrouvent lundi à Paris dans le cadre de la conférence de l’ONU sur le climat COP21 et il n’est pas exclu que de nouvelles discussions sur la Syrie interviennent dans les coulisses de ce grand rendez-vous mondial.

Pour la première fois vendredi, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, a envisagé que des forces du régime syrien puissent être associées à la lutte contre l’EI, « dans le cadre de la transition politique ».

La quête de cette large coalition a été compliquée par la perte d’un bombardier russe, abattu mardi par la Turquie (membre de l’Otan et de la coalition anti-EI menée par les Etats-Unis) au motif qu’il aurait violé son espace aérien.

Vladimir Poutine a demandé des « excuses claires » à Ankara mais le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que c’était à Moscou de s’excuser. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov doit rencontrer vendredi son homologue syrien, Walid Mouallem.

Les Etats-Unis ont fait entrer plusieurs dizaines de soldats de leurs forces spéciales dans le nord de la Syrie, notamment à Kobané, pour entraîner et assister des combattants kurdes en prévision de nouvelles offensives contre l’EI.

Ce déploiement, le premier officiel du genre, vise à « organiser » les forces locales anti-EI, selon Brett McGurk, envoyé spécial du président Barack Obama pour la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Il s’agit à terme d’ « isoler » Raqa, capitale de facto de l’EI en Syrie, devenue la principale cible des raids aériens de la Russie et de la France.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques réclamant des réformes, le conflit syrien – qui a fait plus de 250.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés – est devenu complexe avec une multiplication des acteurs, locaux et étrangers sur un territoire morcelé.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...